Posté le 03.01.2008 par inoussa
Dans son discours ce matin devant un parterre de notables venus lui souhaiter les meilleurs vœux du nouvel An, le président de l’île de Ngazidja s’est fermement opposé à toute action militaire à Anjouan. Selon lui, toutes les voies du dialogue n’ont pas été épuisées. « La guerre, c’est l’ultime solution. On n’en est pas encore arrivé à ce stade » a dit Abdouloihabi. Il a surtout regretté que les présidents des îles de Mohéli et de Ngazidja n’aient pas été associés et consultés dans une aventure guerrière. Sambi en aurait fait une affaire personnelle. Hier, c’est le président du Ridja qui a sonné la charge contre le président Sambi, jusqu’à le traiter de stupide (« daba »). « Je n’ai jamais vu un président aussi stupide. Que Dieu me pardonne pour avoir voté pour cet homme qui ne respecte pas des paroles » a dit Me Larifou. Nous venons d’apprendre ce matin que le leader du parti Shuma serait en déplacement à Anjouan où il pourrait rencontrer le colonel Mohamed Bacar. L’intervention militaire de l’AND pourrait être à l’ordre du jour de leurs discussions.
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Posté le 02.01.2008 par inoussa
[b]Bientôt, notre pays entrera en guerre. L’armée nationale va tenter de déloger le colonel M. Bacar du pouvoir. Le président Sambi et le chef d’Etat-major sont en train de mobiliser l’armement et les moyens nécessaires à cette opération. Les pays de la région sont mis à contribution, notamment la Tanzanie. Pour aller faire la sale besogne, les militaires demandent non seulement des équipements, mais aussi de l’argent, soit le paiement de cinq mois de salaires. Un gigantesque effort de guerre est engagé. Les fonctionnaires doivent encore serrer la ceinture. Déjà, certains d’entre eux n’ont toujours pas perçu leurs salaires d’août dernier. Et on promet bien d’autres tristes nouvelles ! Le pouvoir n’a d’yeux que le débarquement militaire. Ici et là, c’est la surenchère verbale. Le chef de l’Etat ne rate aucune occasion pour afficher sa détermination à libérer Anjouan. Et le colonel Bacar vient de déclarer qu’il va exterminer, les uns après les autres, les soldats de l’armée nationale qu’il qualifie « de mercenaires envahisseurs ». Cette éventualité d’une intervention militaire sur Anjouan défraie la chronique et alimente les commentaires à Moroni.
D’aucuns se demandent combien de temps va durer la guerre. Toute la question est là. L’armée nationale affiche certes une assurance sereine, mais, comme on dit, « on sait toujours quand commence une guerre, jamais sa fin ». En Irak, l’US Army espérait aller pacifier le pays de Saddam Hussein en un mois, elle en est encore là à payer le tribut de cette guerre. Et plus la guerre dure, plus le pays va s’enfoncer dans le chao. Aucun investisseur étranger ne risquera sa peau dans ces lointaines contrées et les nombreux projets d’investissement, prévus en 2008, tomberont à l’eau, à coup sûr. Mais, le fonctionnement même du pays sera paralysé. Déjà, avec cette phase préparatoire du débarquement, tout tourne au ralenti. Les agents de l’Etat râlent et ils ont bien raison. Deux fêtes (la Ide el-Adha et les fêtes de fin d’année) sans être payés, n’y-a-t-il pas vraiment de quoi ?
Prochainement la suite.[/b]
Posté le 31.12.2007 par inoussa
A tous les visiteurs du blog, j'en profite pour vous souhaiter bonne et heureuse année 2008. Que l'année qui commence soit, pour vos et vos familles, celle de la réalisation de vos rêves.
Posté le 29.12.2007 par inoussa
Me Harimia Kassim accusée de détournements de fonds et placée sous contrôle judiciaire depuis quelques jours, a sonné la charge, hier, contre ceux qui, dans les rangs du pouvoir, cherchent à porter atteinte à son image. L’avocate s’en est particulièrement pris au ministre Mourad Said Ibrahim qui, à plusieurs reprises, aurait inspecté son compte domicilié à la BIC. «
Cela constitue une violation grave de la loi. Qu’a-t-il appris au Maroc ce jeune ? Rien qu'à manger des sardines » a-t-elle ironisé, avant d’ajouter : «
C’est moi qui l’ai proposé à Sambi pour être nommé ministre. C’est moi aussi qui l’ai inscrit au barreau de Moroni après avoir été isolé par tout le monde. Par ses pratiques, Mourad est indigne de la fonction de ministre. Il doit savoir que tôt ou tard, il ne sera plus là ».
Me Harimia dément farouchement avoir détourné de l’argent comme l’accuse aujourd’hui le pouvoir. C’est en juillet dernier que le juge d’instruction Mohamed Abdou, en charge du dossier des hydrocarbures, avait ordonné au Trésorier payeur général, de restituer la somme de 29 millions au cabinet de Me Harmia pour le compte du ministère des finances. Me Harmia, pour rappel, est le conseil du gouvernement depuis bientôt seize mois. L’inspection de son compte BIC avait achevé de convaincre le ministre de la Justice que l’argent a été détourné. «
J’ai trois comptes, aussi bien à la BIC qu’à la Snpsf et à la Meck » a-telle dit, brandissant un chèque postal de 29 millions. «
On m’a jamais demandé de restituer l’argent. Au lieu de cela, on m’envoie des gendarmes pour me signifier que je suis placé sous contrôle judicaire pour détournement ».
L’avocate s’en est aussi prise au procureur général, Nidhoim Attoumane : «
Il est regrettable que ce vieux de la profession accepte d’être manipulé comme ça par son ‘fils’ Mourad. Mais, il n’a pas de scrupules. On connaît assez bien son passé du temps des mercenaires pour être étonné aujourd’hui de ses agissements ». Le ministre Mohamed Ali Soilih (Mamadou) en a également pris pour son grade. Ce dernier aurait affirmé avoir signé l’ordonnance de restitution de cet argent à Harmia sous contrainte (du vice-président Idi Nadhoim). «
Je le plains. C’est moi qui l’aidais à faire les dissertations à l’école, aujourd’hui il ne se souvient de rien, même de ce qu’il a fait ».
Me Harimia a déclaré que l’Etat lui doit aujourd’hui près de 23 millions au titre de ses honoraires en tant que conseil du gouvernement. Au cours de sa conférence de presse, l'avocate était accompgnée du vice-président Idi Nadhoim et de plusieurs membres du Conseil des sages (dont le président d'honneur n'est autre que son mari, Dr Kassim).
Posté le 26.12.2007 par inoussa
Le vice-président Idi Nadhoim pourrait tenir, probablement demain, une conférence de presse sur l’actualité récente aux Comores. Il mettra à profit cette rencontre avec les journalistes pour mieux expliquer, croit-on savoir, ses divergences de vue avec le chef de l’Etat. Cette sortie publique du vice-président, si elle venait à avoir lieu, confirmerait cette forte dissension entre lui et le président Sambi.
Par ailleurs, selon des sources dignes de foi, le chef de l’Etat aurait fait lire un hitma, hier mardi 25 décembre, contre ceux qui cherchent à le déstabiliser et à torpiller ses initiatives de développement.
Posté le 26.12.2007 par inoussa
« Je désapprouve la mainmise de l’exécutif de l’Union dans le fonctionnement de la justice ». C’est ainsi que le vice-président Idi Nadhoim a justifié, à un confrère journaliste, son absence, ce matin, au conseil des ministres. Entre Sambi et Nadhoim, le courant ne passe pas. Pas du tout. Le vice-président déplore une immixtion grossière du gouvernement dans les décisions de justice, particulièrement dans l’affaire BIC/Nicom. Il est vrai que certains actes de l’exécutif de l’Union prête aujourd’hui à une vive polémique au sein de l’opinion nationale. Le relevé des appels téléphoniques de certains juges du tribunal de Moroni et l’inspection des comptes de l’avocate Harimia Kassim relèvent d’une pratique peu catholique. Certains cadres, à Moroni, condamnent l’instrumentalisation à outrance de l’appareil judiciaire pour un président qui avait promis une indépendance de la justice. Les deux avocats de Nicom, coupables d’avoir misé sur le mauvais cheval sont aujourd’hui dans le collimateur de la justice. L’une, Mme Harimia Kassim, est placée sous contrôle judiciaire, tandis que l’autre, Me Ibrahim Ali Mzima, risque d’être radié du barreau de Moroni pour « tentative de corruption des juges ». Ces mesures ciblées, qui ne visent que des proches de la partie Nicom, alimentent la polémique dans le microcosme politico-économique des Comores. L’homme de la rue se dit inquiet de la tournure que prend l’affaire BIC/Nicom et déplore la violation permanente du domaine privé. « Au nom de quoi la BIC a révélé au gouvernement comorien le mouvement du compte bancaire de Me Harimia » se demande Mohamed Bacry, jeune cadre. Auparavant, le relevé des appels téléphoniques des juges Halifa et Zaidou par la société Comores Télécom avait fait jaser. Cette crise au sommet de l’Etat, à l’heure où une opération militaire sur Anjouan se précise, risque de laisser des séquelles.
Posté le 26.12.2007 par inoussa
Le vice-président Idi Nadhoim n’aurait pas participé, ce matin, au conseil des ministres, alors qu’il est bien présent à Moroni. On parle d’une crise au sommet de l’Etat ; une crise qui serait née de l’affaire BIC/Nicom. L’avocate de Nicom, Me Harimia Kassim, très proche du vice-président Nadhoim, vient d’être placée sous contrôle judiciaire. Et ses comptes bancaires seraient aujourd’hui sous surveillance. C’est justement après avoir inspecté le compte de l’avocate que le gouvernement aurait décidé d’engager une action judiciaire contre elle. Dans certains milieux de la capitale, Moroni, on dénonce ces pratiques du pouvoir qui consistent à « placer sur écoute des juges et à surveiller les comptes des avocats et notaires ». Cette affaire BIC/Nicom n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets. On parle déjà (à prendre cette information avec des pincettes) d’une probable expulsion de la famille Kamoula. A suivre.
Posté le 25.12.2007 par inoussa
La juge Maoulida Djoubéir a prononcé, hier lundi 24 décembre en fin d’après-midi, des peines de prison ferme, assorties d’amendes et de confiscation de leurs biens, contre quatre des dix-sept prévenus dans l’affaire de détournement de deniers publics à la Société comorienne des hydrocarbures (SCH). Il s’agit de M. Abdou Soefo, le principal accusé, qui écope de quatre ans, de M. Oubeidi Mzé Chei dont la peine vient d’être réduite à deux ans de prison ferme (contre quatre dans le réquisitoire du procureur de la République). Houmed Msaidié et Abdourahim Ahamada dit Kafou écopent respectivement d’un et de deux ans d’emprisonnement. Conformément au mandat d’arrêt en audience délivré par le ministère public, ces quatre personnalités ont été placées en mandat de dépôt et conduites hier à la Maison d’arrêt de Moroni. Elles viennent d’interjeter appel.
M. Abdérémane Koudra, lui, est condamné à sept mois de sursis tandis que Mourad Bazi a bénéficié d’une relaxe. Mohamed Moussa Moindjié, quant à lui, écope de sept mois de prison ferme. S’agissant du lieutenant-colonel Chaarane Mouigni, il est condamné à trois mois et risque d’être radié de l’armée nationale de développement (AND)
D’autres personnalités de l’ancien régime, aujourd’hui installées à l’extérieur, ont été jugées par contumace et condamnées à des peines d’emprisonnement et d’amende. Il s’agit de Naoufal Boina, de Mahmoud Fakriddine, de Hamada Madi Boléro, de Mohamed Soeuf Elamine, de Moindjié Saandi et de Mohamed Moindzé.
Posté le 25.12.2007 par inoussa
La BIC aurait rejeté l’offre de la famille Kamoula d’un arrangement à l’amiable dans l’affaire qui oppose les deux parties. En effet, Nicom serait prêt à abandonner jusqu’à 70% des 3,8 milliards que la BIC est condamnée à lui payer, contre la réouverture de ses comptes et lignes de crédit. Mais, La Banque aurait rejeté la proposition et demandé une révision du procès, s’appuyant sur la déclaration du chef de l’Etat qui, il y a près d’une semaine, avait accusé les membres de la cour d’appel de corruption.
En outre, Mme Harimia Kassim, avocate de Nicom, aurait maille à partir avec le régime Sambi. Elle est aujourd’hui dans le collimateur de la justice pour une affaire qui concerne, une fois encore, la Société comorienne des hydrocarbures (SCH). Le pouvoir Sambi est aujourd’hui traversé par plusieurs courants internes aux intérêts contradictoires.
Posté le 25.12.2007 par inoussa
Les murs de Mutsamudu sont ce matin recouverts de graffitis et autres inscriptions appelant au débarquement militaire sur l’île. Les autorités anjouanaises ont réagi en procédant à des arrestations ciblées. Il faut dire que depuis le discours du président Sambi, le jour de l’Ide à Mohéli, et la déclaration hier du chef d’état-major, le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amiri (l’un et l’autre montrant l’urgence de libérer l’île des mains du colonel Mohamed Bacar), Anjouan est entrée en effervescence.