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Nom du blog :
inoussa
Description du blog :
faire partager l'actualité politique des Comores
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
02.08.2007
Dernière mise à jour :
29.02.2008
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Plusieurs projets dans les bagages de Mme Jandeyi Frazer

Posté le 10.01.2008 par inoussa
A la fin 2008, les Etats-Unis auront une représentation permanente à Moroni. C'est la secrétaire d'Etat américaine chargée des Affares africaines, Mme Jandeyi Frazer, en visite à Moroni, qui l'a annoncé dans sa déclaration prélminaire à la presse, le mercredi 9 janvier à l'American Corner. Jusqu'ici, l'ambassade américaine aux Comores a encore sa résidence à Antananrivo (Madagascar). Mme Frazer a également annoncé le retour prochain du Corps de la Paix aux Comores, une organisation qui, par le passé, avait assuré l'enseignement de l'anglais dans de nombreux établissements scolaires de l'archipel. Elle a également déclaré que les Comores font partie des pays qui bénéficieront de l'Initiative stratégique pour l'Afrique orientale, un programme qui, selon elle, est destiné à renforcer les capacités des Etats de la région à combattre le terrorisme et "à tisser une coopération intergouverneentale". Le programme comprend, selon toujours Mme Frazer, "une formation pour la sécurité des frontières et des cotes, des projets destinés à maitriser la circulation des personnes et des biens aux frntières, un renforcement de capacité sur la sécurité aréienne, une assistance pour les efforts régionaux contre le financement du terrorisme et une autre formation de la police nationale".



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Tour d'horizon de la situation politique

Posté le 09.01.2008 par inoussa
Les habitants de Ouani se sont reveillés ce matin avec des graffitis sur les mûrs de la ville: "AND, ta tombe est ici", "Sambi terroriste",... Il faut dire que l'agglomération de Ouani est soumise, depuis une semaine, à un couvre feu. Plus une âme ne bouge à partir de minuit. Ce qui fait dire à certains que les auteurs de ces inscriptions ne pourraient être que des soldats de la FGA (Force de la gendarmerie d'Anjouan).

A Mutsamudu, c'est la voiture de la directrice des douanes qui a été incendiée, près de la place Mroni, par des jeunes badauds de la ville. On a également découvert d'autres graffitis appelant cette fois à un débarquement militaire sur l'île. L'étau se resserre autour des séparatistes anjouanais. Dans la rue, on parle d'un possible retrait du colonel Mohamed Bacar au profit de Caabi El-yachrotu. Une information à prendre avec des pincettes tant des proches des deux interessés se refusent à tout commentaire. Anjouan vit aujourd'hui au rythme des delestages en raison de la forte pénurie de gazoil qui frappe l'île. Le courant est rationné. Depuis deux jours, Mutsamudu est plongée dans le noir. Ce qui explique, en partie, les difficultés de notre ami Kamal à mettre à jour son blog.

A Moroni, le débarquement fait la Une de la presse. Les acteurs politiques se positionnent par rapport à cette éventualité d'une action militaire contre Anjouan. Le chef de l'exécutif de Ngazidja a déjà fait part de son opposition à l'emploi de la force; il estime qu'il est encore nécessaire de renouer les fils du dialogue. Il craint particulièrement les conséquences désatreuses de cette guerre, surtout qu'aucune disposition particulière n'a été prise jusqu'ici au sommet de l'Etat pour parer, le cas échéant, aux besoins urgents. Mohamed Abdouloihabi pense qu'il est aussi de son devoir, en tant que président de l'île de Ngazidja, de donner son point de vue sur cette expédition militaire dont les effets ont déjà commencé à se faire sentir à Moroni (les Anjouanais arrivent par centaines, ces derniers temps, à Ngazidja pour fuir aussi bien la dictature Bacar que les affrontements annoncés). L'avocat franco-comorien Said Larifou s'est dit également opposé au débarquement de l'armée nationale à Anjouan. Selon lui, le chef de l'Etat aurait dû associer les forces vives de la nation dans une telle aventure. Il a cependant assuré que si l'armée nationale venait à intervenir sur l'île, il ne ferait rien qui puisse comprometre la réussite de l'opération. Selon l'opinion publique à Ngazidja, seule la solution militaire est aujourd'hui capable de résoudre la crise anjouanaise. Un point de vue que ne partagent pas forcément certains membres de la société civile.

A Paris, d'anciens dignitaires des précédents régimes, actuellement dans l'opposition, se sont réunis en conclave le week-end dernier. Il s'agit notamment de Hamada Madi Boléro, de Soeuf Mohamed Elamine, de Said Said Hamadi, de Mohamed Said Abdallah Mchangama,....Rien n'a filtré de ce rendez-vous, mais l'on croit savoir que la situation politique aux Comores a été au centre des discussions.

A Mohéli, le nouveau gouvernement de Mohamed Ali Said, nommé au lendemain du jour de l'an, commence à se familiariser avec les dossiers. "Obligation de résultats", telle est la consigne qui leur a été donnée, avec une feuille de route qui précise les missions de chaque départment. Son homologue de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi, s'apprête à présenter, demain jeudi 10 janvier, son discours-programme. L'exercice, qui se fait habituellement devant les députés, est cette fois prévu au palais présidentiel de Mrodjou. Entre le président Abdouloihabi et les députés de Ngazidja, ça n'a jamais été le grand amour. L'on sait que le premier a toujours affiché un mépris à l'égard des seconds qui, il y a juste deux mois, avaient cherché à censurer son gouvernement. Depuis, les deux pouvoirs se regardent en chiens de faience.

Salaires: les journalistes de l'ORTC haussent le ton

Posté le 09.01.2008 par inoussa
Les responsables de l’ORTC (Office de radio-télévision des Comores) se sont fait remonter les bretelles à la présidence et pour cause : des journalistes s’étaient plaints, sur les ondes de la radio nationale, de n’avoir pas été payés. En effet, depuis septembre, une bonne partie des agents de l’Etat n’ont toujours pas vu la couleur de leurs salaires. Et on entame, ce mois de janvier, le cinquième mois d’arriérés de salaires. Certains médias du secteur public envisagent même un arrêt de travail pour contraindre les autorités nationales à faire quelque chose.

Un féticheur devant le tribunal de Moroni

Posté le 08.01.2008 par inoussa
Vous l’avez sans doute déjà appris : Le direction nationale de la sûreté du territoire a intercepté un ressortissant anjouanais, Soulaimana Houmadi, en train de jeter un mauvais sort à la présidence de l’Union. Selon ses propres aveux, il aurait été chargé par Mohamed Bacar, depuis l’île d’Anjouan, de se rendre à Moroni pour, dit-il, enterrer aux abords de Beit-salam un talisman en vue de faire échouer toute tentative de débarquement militaire sur l’île. Le sorcier, âgé d’une cinquantaine d’années, a comparu ce matin devant le tribunal de Moroni. Son audition se poursuivra encore demain. A en croire toujours ses dires, le régime Bacar lui aurait promis 50 000 une fois de retour à Anjouan. A son arrivée au tribunal, M. Houmadi a été ligoté. Il a émis le souhait de purger sa peine à Moroni.

Un jeune Comorien dans la jungle française du foot-ball

Posté le 08.01.2008 par inoussa
L'attaquant Djamel Bakar, 18 ans, a marqué les trois buts de la qualification de l'AS Monaco FC en 32es de finale de la Coupe de France, dimanche soir. Ce Français d'origine comorienne ne devrait pas s'arrêter là.

A une minute de la fin

Dans le dernier match du tour qui marquait l'entrée en lice des clubs de l'élite, l'ASM semblait bien partie pour rejoindre le RC Lens, le SM Caen et le Toulouse FC, les trois clubs de Ligue 1 éliminés ce week-end par plus petit qu'eux. Alors qu'on jouait la dernière minute, le but de l'attaquant du Stade Brestois 29 Richard Socrier, marqué à la 19e minute, condamnait toujours les Azuréens.
Piquionne, deux fois passeur
Mais un numéro sur l'aile de Frédéric Piquionne et un petit centre à destination de Bakar, entré en seconde période, allait tout changer. Le joueur de 18 ans prenait à contre-pied Steve Elana pour obtenir la prolongation. A dix depuis la 65e minute, le club de Ligue 2 allait plier deux fois encore sous les coups de Bakar. La première à la 99e minute, sur un nouveau centre de Piquionne, la seconde à la 109e. Cette fois, Jérémy Ménez, à peine plus âgé que Bakar, était le passeur décisif.

"Cela veut dire quelque chose"

C'est ainsi que Bakar, 1,71m, trois matches de Ligue 1, devenait le héros de la rencontre. "Lorsque je suis entré, j'ai surtout pensé à bien faire", a déclaré le plus jeune joueur de l'effectif monégasque. "Mais je ne pensais pas marquer mon premier triplé. Je suis heureux de l'avoir fait mais ce n'est qu'un début." "Marquer trois buts dans un tel match, cela veut dire quelque chose", ajoutait l'entraîneur Ricardo. "Que l'on parle de lui, cela ne le dérange pas, au contraire. C'est un joueur qui a la tête sur les épaules."

Retour à Marseille

Bakar affirme tenir cette qualité de sa famille. "Nous venons de l'un des pays les plus pauvres d'Afrique", dit-il en faisant référence aux Comores, "et je n'oublie pas mes racines." Ces dernières sont aussi marseillaises. C'est dans cette ville que Bakar a goûté a football avant de rejoindre le centre de formation de Monaco. Et c'est l'Olympique de Marseille que le tirage au sort a désigné à Monaco, dimanche, avant la rencontre, pour le chocs des 16es de finale, le 2 ou le 3 février. "Je suis heureux de retourner là-bas", assure Bakar. "C'est là que j'ai grandi." Après le Marseillais Samir Nasri et les Lyonnais Karim Benzema et hatem Ben Arfa, qui ont pris leur envol en 2007, 2008 aurait-elle déjà révélé une nouvelle perle du football français ?

PHOTO: Djamel Bacar, deuxième à partir de la gauche.
Source: UEFA

Le blog des filles Msaidié

Posté le 08.01.2008 par inoussa
Pour prendre la défense de leur père, aujourd'hui incarcéré à la Maison d'arrêt de Moroni pour détournement de fonds publics, les filles de l'ancien ministre Houmed Msaidié (photo), aujourd'hui installées à Paris, viennent d'ouvrir un blog. En voici l'adresse: www.karibangwe.skyrock.com. Je vous invite à faire un petit détour.

Larifou: "Sambi est pire que ses prédécesseurs"

Posté le 07.01.2008 par inoussa
« Le régime Sambi est pire que tous les précédents » a déclaré ce matin Me Said Larifou dans une conférence de presse au siège de son parti, le Ridja. Il a condamné les pratiques du pouvoir sur certains sujets, notamment la révocation des juges de la cour d’appel en décembre dernier, la restriction des libertés individuelles (le cas des députés empêchés de se rendre à Anjouan,..), la forte concentration du pouvoir autour des seuls ressortissants d’Anjouan,…. « La politique de lutte contre la corruption et nous y adhérons, mais elle doit s’inscrire dans le droit et ne doit pas être non plus sélective. Nous avons la preuve qu’il se passe des choses anormales dans certaines sociétés d’Etat comme à Comores Télecom, or, aucune poursuite n’a été engagée contre les auteurs » a-t-il dit. Et de critiquer l’immixtion du chef de l’Etat dans le fonctionnement de la justice. Dans un tout autre chapitre, Me Larifou s’en est pris au président Sambi qui fait fi, selon lui, de l’équilibre socio-culturel de l’archipel en anjouanisant les postes de responsabilité de notre pays. « Ses prédécesseurs, comme Ahmed Abdallah, ont été plus habiles et tenaient compte des paramètres et particularités locales. Ils n'avaient pas anjouanisé l'administration. A la présidence, dans nos ambassades à l'étranger, il n'y a que des Anjouanais. Et ce n’est pas être anti-Anjouanais que de dire cela » a-t-il dit, avant de poursuivre : « ceux qui m’accusent aujourd’hui d’être séparatiste sont ceux qui, hier, ont profité de ce mouvement et l’on nourri. Ils sont aujourd’hui promus à des postés-clés à la présidence et au ministère des affaires étrangères. Ces gens-là n’ont pas de leçons à nous donner ». Me Larifou critique violemment l’impunité dont bénéficient ces collaborateurs. « Ils doivent répondre de leurs actes devant un tribunal » insiste-t-il.
Sur le débarquement militaire, il a réitéré son opposition à l’emploi de la force à Anjouan.

Les questions que vous avez toujours voulu poser à Boléro

Posté le 04.01.2008 par inoussa
Ancien Premier ministre des Comores, sous le régime du colonel Azali, Hamadi Madi Bolero est aujourd’hui installée en France. Le 24 décembre dernier, il a été condamné par contumace à deux ans de prison ferme pour détournement de deniers publics. Il a accepté de répondre à nos questions sur son exil parisien, sa condamnation, la situation politique aux Comores, le débarquement militaire à Anjouan, et sur tant d’autre sujets impertinents. [/i]


Pourquoi avoir choisi de quitter les Comores, aussitôt après l’élection d’Ahmed Abdallah Sambi ? Cela ne veut-il pas dire que vous avez encore quelque chose à vous reprocher?

Je pense que les comoriens que nous sommes devons cesser de nous poser des questions à l’envers et de marcher tout droit au lieu de nous croire toujours au centre du monde. Ainsi, nous réglerions presque la moitié de nos problèmes. Plutôt pourquoi et sur quelles bases humaines, logiques et juridiques, le pouvoir Sambi a-t-il interdit à une certaine catégorie ou même à certaines personnes, d’user de leur droit constitutionnel de circuler librement à l’intérieur de leur pays et en dehors ? Je vous rappelle que le Président Sambi est élu en mai 2006. J’ai quitté les Comores en janvier 2007. Je ne sais pas toujours pourquoi devrais-je attendre un « tard » pour circuler ! Que s’est-t-il passé ? J’ai demandé une « autorisation » de voyager auprès du directeur de cabinet du Ministre des affaires étrangères conformément à une note de la direction de la sûreté du territoire qui interdit certaines personnes de voyager sans l’autorisation du chef de la diplomatie. Il m’a été recommandé étrangement plutôt de m’adresser au cabinet du Président de la République. J’ai rencontré Mohamed Abdoulwahabi alors directeur de cabinet du Président Sambi, dans son bureau et il m’a demandé de consigner dans une lettre ma demande, ce que j’ai immédiatement fait. Entretemps, plusieurs autres personnes citées dans la fameuse liste ont été autorisées à voyager. J’ai attendu 2 mois sans réponse. J’ai téléphoné plusieurs fois et je n’ai jamais reçu de réponse. J’ai décidé de partir chez moi à Mohéli pendant la récolte du girofle. Appelé à Moroni par le bureau politique de la CRC pour prendre part au Congrès du parti, à l’aéroport de Fomboni, un agent de la police nationale M.Minmin, m’a signifié que « sur instructions de la Présidence de la République », je n’avais le droit de quitter Mohéli même si c’est pour Moroni. J’ai confirmé cette décision par le chef de la police nationale au niveau local, M.Halibou. J’ai demandé à la justice si j’étais poursuivi, inculpé ou sous contrôle judiciaire, il m’a été confirmé que non. Alors, je suis parti pour des raisons personnelles à Paris, Madagascar, Allemagne, Moscou et Kiev. Vous me demandez si j’ai quelque chose à me reprocher ? Bien sûr que oui et même beaucoup !


Vous voilà condamné par contumace à deux ans de prison ferme pour détournement de fonds publics. Comment comptez-vous faire prévaloir votre droit à la défense ?

Contrairement au Président de la République, moi je crois à la justice comorienne et je ne pense pas que c’est rendre service à notre justice en l’accusant d’être corrompue justifiant cela par des écoutes téléphoniques illégales alors que notre législation le permet sous certaines conditions. Ce que je lui reproche c’est de m’avoir jugé et condamné sans jamais me convoquer alors que j’ai pris la peine d’informer aussitôt que j’ai quitté les Comores, par écrit le procureur général du moment, le directeur de cabinet chargé de la défense à la présidence ainsi que la direction nationale de la sûreté de toutes mes coordonnées au cas où. On ne peut quand même pas me reprocher de n’avoir pas été présent ou de n’avoir pas été représenté lors du procès alors que je n’ai jamais été convoqué ! Et pourtant, des « mandats d’arrêt international » furent lancés contre certaines personnes, mais pas contre moi. Rappelez-vous qu’aussitôt investi, le Président Sambi m’a fait arrêter et après avoir passé 48 heures à la gendarmerie, j’ai comparu avec ma femme à la chambre correctionnelle de Moroni pour « vol des meubles » du logement administratif que j’occupais pendant 6 ans. Au procès, c’est l’Etat qui fut condamné et les vrais délinquants, des proches du régime, n’ont jamais été inquiétés et l’affaire est classée quelque part tandis que ma table basse m’est usurpée. En tous les cas, j’ai demandé à mon conseil d’introduire une opposition le lendemain du procès. Et enfin, les faits : je suis accusé d’avoir autorisé la régularisation de 30 millions de francs comoriens qui ont servi à un voyage officiel d’une délégation comorienne que j’ai conduite à l’ONU du 5 au 10 mai 2002 en tant Chef de l’Etat par intérim. Je vous rappelle que l’actuel Ministre des finances fut également mon Ministre des finances, l’actuel Chef de la diplomatie fut le Secrétaire Général du Gouvernement tandis que l’actuel Ambassadeur des Comores à Madagascar fut mon Ministre des affaires étrangères donc chef de la délégation ministérielle. Que me reproche-t-on ? D’avoir répondu à une invitation de Koffi Anan pour présenter la nouvelle constitution des Comores, la nouvelle dénomination ainsi que l’emblème du pays ? Ou d’avoir autoriser cette régularisation ?

N’est-il pas trop facile de rester à l’extérieur et de dénoncer le régime comme vous le faites, au lieu de mener ce combat-là à l’intérieur du pays à l’exemple de certains de vos collègues ?

Encore une fois, pourquoi posons-nous des questions à l’envers ? Ce n’est pas moi qui gouverne les Comores aujourd’hui, mais Sambi et les siens ! Ce n’est pas moi qui suis le chef de l’opposition comorienne, je ne suis qu’un membre d’un parti d’opposition ! A l’extérieur des Comores, il y bien beaucoup d’autres opposants comme d’ailleurs il y en a toujours eu ! Pourquoi puisque c’est moi, cela semble extravagant ? Qui est cet opposant comorien qui n’a pas quitté le pays ou disparu pour quelques temps ? Feu Président Taki a passé beaucoup de temps à l’extérieur ; l’actuel Président Sambi, après le débarquement raté de l’armée à Anjouan, est resté chez lui à Anjouan. Et enfin, pourquoi est-t-il plus facile de s’opposer de l’extérieur que l’intérieur ? Parce qu’au pays les choses sont telles qu’il n’est plus facile de s’opposer démocratiquement au régime pour que cela devienne un privilège de l’extérieur ? Alors, voyez-vous donc qu’effectivement nous devons nous opposer à cette dictature et dans ce cadre, dans une opposition politique, chacun a un rôle à jouer, de l’intérieur comme de l’extérieur.


Houmed Msaidié, Abdou Soefo, Abou Oubeid, vous-même, Moindjié Saandi,….Tous les barons de l’ancien régime du colonel Azali sont condamnés pour détournements de fonds publics et certains croupissent en prison. Ne procès ne renvoie-t-elle pas une piètre image du régime que vous avez servi du début à la fin ?

En tout cas ce fut le but recherché par Sambi. J’avoue que c’est cynique et désolant ! Mais, vous savez, j’ai un point qui me réconforte dans ce cynisme politique mais aussi qui ne me laisse pas indifférent : parmi toutes ces personnalités grand-comoriennes, et depuis l’indépendance, je suis le seul Mohélien du groupe ! Et la seule personne qui a occupé des fonctions, les plus prestigieuses du pays, à comparaître devant une chambre correctionnelle pour « vol des meubles » et à être condamné pour avoir voyagé officiellement à l’ONU! Est-ce un privilège ? En tout cas, je ne pense pas que c’est anodin ! Le moment viendra pour faire notre bilan !


On a pu voir, à l’issue du procès, combien la société des hydrocarbures, a été transformée en vache à lait du régime au mépris de toute norme de comptabilité publique. Comment de telles pratiques ont-elles pu être érigées en règle dans un régime composé de très bons cadres et autres techniciens de haut niveau ?


J’aurai été d’accord avec vous si avant et après notre gestion, les procédures avaient changé. Je me demande très sincèrement pourquoi a-t-on voulu coûte que coûte donner cette image alors que tout le monde sait que c’est faux : Dépenser les recettes douanières de l’Etat à partir de leurs sources conformément aux prévisions de la loi des finances pour régulariser les opérations après, avec toutes les formalités légales, est une procédure certes non conforme à la loi portant opérations financières de l’Etat, mais elle constitue, selon les régimes politiques comoriens, environ à plus de 10% des opérations des dépenses de l’Etat. Il m’est arrivé à plusieurs reprises pendant que j’étais chef du gouvernement d’autoriser des telles opérations par exemple pour l’achat de l’oxygène pour l’hôpital El Maanrouf. Pendant 2 ans que j’étais chef du gouvernement, pour payer régulièrement les salaires des fonctionnaires chaque 25ème jour du mois, il m’est arrivé d’anticiper sur les recettes douanières dont la taxe unique des produits pétroliers ou même de solliciter l’aide des opérateurs économiques comme M.Amin Kalfane qui payait à l’avance ses taxes douanières pour participer à l’effort général. Sous ma responsabilité, 3 véhicules pour le président du tribunal de Moroni ainsi que pour les procureurs de la république de Moroni et de Fomboni ainsi que pour le procureur général, furent achetés par la Société Comorienne des Hydrocarbures ! Et enfin, j’ai ordonné à Abdou Soefo de payer le véhicule officiel du Président de la République et régulariser l’opération ensuite! Je suis certain qu’aujourd’hui cette situation est pire ! Mais ce n’est point de détournement ! Je pense que la commission des finances de l’Assemblée épaulée par celle dite de vérification des comptes publics aurait dû jouer ici son rôle de contrôle avant que la justice soit saisie ! Mais encore une fois, lorsque l’objectif est celui de combattre des opposants politiques par le dénigrement, le sens même du fonctionnement de l’Etat est relégué aux oubliettes et place à la haine. Ce qui m’a intrigué aussi est le silence de la Commission des finances de l’Assemblée de l’Union qui a raté ici une occasion pour affirmer son rôle face à la gestion des deniers publics par l’Exécutif !
Un an et demi depuis que le président Sambi a été élu président de la République. Si l’on vous demandait de tirer le bilan de ces dix-huit mois, que diriez-vous ?
Pour moi, il est toujours tôt pour un vrai bilan, d’autant que les réalisations concrètes d’aujourd’hui ne sont que les résultats de la politique d’hier ! Toutefois, la Constitution de l’Union des Comores a institué comme aux Etats-Unis un « rapport annuel de l’état de l’Union » du Chef de l’Etat devant les institutions nationales. Que l’Assemblée de l’Union s’en saisisse de la question avec la Cour Constitutionnelle ! Par exemple, des dépenses extrabudgétaires sont exécutées quotidiennement tandis que des recettes hors budget sont annoncées par le Président Sambi sans qu’aucune institution s’en saisisse, cela est plus grave qu’autre chose.


Vous vous opposez à l’emploi de la force à Anjouan pour libérer l’île, aujourd’hui sous le joug de Mohamed Bacar. Comment faire plier Bacar, selon vous, sans passer par la manière forte ?

Ma position ici est plus que claire : Les conflits institutionnels dans un Etat fédéral sont fréquents au début. Vous savez jusqu’aujourd’hui entre le FBI (police fédérale) et les polices des Etats, entités de la fédération américaine, il y a toujours des conflits. Chez nous, les institutions devraient justement jouer leur rôle et le Président jouer le sien comme Modérateur ! Qu’on m’explique et surtout qu’on me cite un seul exemple où la force aurait réglé un conflit institutionnel et je m’y soumets. Moi je crois en la capacité des comoriens à s’entendre ! Le dialogue pour moi n’est pas un moyen ; il est le moyen. Ne voyez-vous pas ce que la guerre a fait ailleurs ? La Somalie a disparu de la carte et plus près de chez nous, on compte les morts pour chaque ethnie ! Que ceux qui veulent la guerre sachent qu’ils vont compliquer davantage une situation déjà complexe ! Margaret Teacher, adepte de la manière forte pour régler certains conflits, disaient dans une rencontre avec des étudiants anglais à propos de la guerre dans les îles Malouines : « La guerre est aussi une politique, mais elle est la dernière forme que peut prendre la politique. Et dans ce cadre, la guerre sert à faire la paix ». Cette guerre va nous diviser ! Notre armée n’a jamais été préparée à affronter sa population civile ! Psychologiquement, les conséquences seront néfastes : comment va réagir un militaire qui aurait tué un autre militaire du même village que lui, de la même île ? Notre armée n’est pas prête. Le risque d’embrasement, de douleurs familiales, insulaires est si énorme que je doute des véritables desseins d’un tel acte grave ! Et là je n’imagine même pas en cas d’échec de l’AND ! Nous n’avons pas plier qui que ce soit ; nous sommes dans un Etat de droit ou en tous les cas qui a vocation pour. A l’intérieur, il n’y a pas de conflits ; pourquoi alors en créer ?


On vous reproche une gestion « sentimentale » de la crise anjouanaise en cherchant toujours à ne jamais fâcher Mohamed Bacar contre, dit-on, espèces sonnantes et trébuchantes. Ne regrettez-vous pas aujourd’hui d’avoir trop fait de concessions à M. Bacar ?


Là je crois que vous vous trompez d’interlocuteur ! Pas à moi en tout cas ! Les lois organiques qui ont créé aujourd’hui 4 justices, 4 forces de maintien d’ordre, 4 sociétés d’Etat pour chaque société, qui les a votées ? Qui les a promulguées ? Soyez sérieux ! Et puis vous parlez de Mohamed Bacar, mais il est arrivé dans les négociations inter comoriennes un peu plus tard ! L’accord cadre de Fomboni, ce n’est pas lui qui l’a négocié et signé ! Les vrais négociateurs, cherchez-les aujourd’hui au sein des institutions de l’Union ! Vous savez, dans ma tête, défile tout ce beau monde qui crie aujourd’hui « au secours » alors qu’hier c’est eux qui nous ont malmenés ! Mais pourquoi tout ce faux procès ? Ceux qui gouvernent aujourd’hui ont-t-ils oublié d’où nous venons ? Qu’ont-t-ils fait depuis qu’ils sont là pour consolider les acquis à commencer par la circulation des personnes et des biens ? Bien sûr que le travail accompli fut fragile, complexe et comportait même des insuffisances, des incohérences ! Mais tout de même ce travail a permis aux comoriens de se retrouver, d’organiser même des élections sur toute l’étendue du territoire dans le respect des principes de la démocratie et une alternance politique a pu se réaliser ; et même l’île où la crise fut dure, nous a proposés 3 prétendants dont l’un préside les Comores aujourd’hui ! Rectifions les erreurs, consolidons les acquis. Mais ne détruisons pas notre pays et ses valeurs fondamentales dont la paix civile et la concorde dans la population.


Vous êtes aujourd’hui condamné, alors que vous n’avez jamais fait mystère de votre volonté de vous porter candidat à la présidentielle de l’Union de 2010. Avez-vous déjà renoncé à cette ambition présidentielle ?

J’avoue que l’opinion publique, dans beaucoup de cas, fait ou défait les hommes politiques. Et apparemment, ce sera mon cas ! Je ne l’ai jamais pourtant dit mais on me l’a toujours dit. Vous savez, même l’ex-président de l’île de Mohéli et tout son gouvernement ainsi que tous les députés de Mohéli sauf un, ont voté pour que la seconde tournante aille à Anjouan justifiant que si c’est Mohéli, je serai élu. Ils avaient mal calculé puisque j’aurai eu tout juste l’âge constitutionnel pour me présenter. Et pourtant je ne l’ai jamais dit ! Pour moi, c’est très sérieux. Prétendre présider un Etat, est une ambition collective et non personnelle. Je suis membre d’un parti politique. J’ai des amis politiques. J’ai des partis politiques dont je me sens proche. Et enfin, ce sera aux Mohéliens de choisir ! Si comme vous le dites, je suis désigné, ce sera un honneur pour moi et non une fin en soi ! Quant à la condamnation, je vous demande de revenir en arrière pour l’histoire des Comores indépendantes et vous en trouverez une jurisprudence innombrable !

Trop simpliste pour être vrai!

Posté le 03.01.2008 par inoussa
Ces derniers temps, il ne fait pas bon d’être un pacifiste sous nos tropiques, on vous traite d’anti-Sambi, de pro-Bacar, pire encore, d’ennemis de la patrie. Ces gens-là sont d’autant dangereux qu’ils empruntent les mêmes chemins tortueux que le maitre de Daru Najah. On peut résumer leur pensée à cette équation trop simpliste et chère à George Bush : qui n’est pas pour le débarquement militaire à Anjouan est contre la nation. Un tel raisonnement étonnerait moins s’il est tenu par l’homme de la rue, celui qui ne comprend pas forcément les ressorts de cette la crise. Mais, quand ce sont des jeunes cadres chargés d’éclairer la lanterne des citoyens qui tiennent ce discours, là, on touche le fond. Franchement. Ce n’est pas parce qu’on est contre toute action militaire à Anjouan qu’on ne compatit pas au malheur des Anjouanais. Au contraire. Pour terminer, il m’est venu à l’esprit cette belle phrase de Saint-Exupéry : « La guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus ».

Des députés interdits d'aller à Anjouan

Posté le 03.01.2008 par inoussa
Quatre députés de l’Union et de l’île de Ngazidja ont été empêchés de prendre l’avion ce matin pour Anjouan. Alors qu’ils s’apprêtaient à monter dans l’appareil de Comores Aviation, la Police de l’air et des frontières (PAF) les somment de rebrousser chemin pour « raisons d’Etat ». Parmi les parlementaires, il y avait notamment le doyen de l’assemblée de l’Union, Said Ali Kémal, leader du parti Shuma. L’objectif de leur déplacement à Anjouan était de négocier la libération des véhicules des députés bloqués au port de Mutsamudu depuis bientôt trois mois.
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