Posté le 22.01.2008 par inoussa
Y a-t-il encore une chance pour la diplomatie ? Dans certaines chancelleries à Moroni, on veut bien le croire. Ces derniers temps, la mobilisation de la communauté internationale s’est accrue pour convaincre le président Sambi de renoncer à une intervention militaire à Anjouan. La France et l’Afrique du Sud ont, à maintes reprises, appelé le chef de l’Etat à infléchir sa position. Seront-elles entendues ? Le président a-t-il les coudées assez franches pour tenir tête, jusqu’au bout, à notre puissance colonisatrice et au géant de la région ? Car, s’il est vrai le débarquement militaire relève d’une question de souveraineté, notre pays n’a, tout de même, pas les moyens de se passer de l’aide des pays amis, même pour organiser des élections municipales. Un diplomate en poste à Moroni nous a lancé récemment cette injure à la figure !
Selon des sources dignes de foi, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pourrait dépêcher, les heures à venir, un émissaire auprès de Mohamed Bacar pour lui arracher un accord sur l’organisation d’une élection libre et transparente à Anjouan. Le nom de cet émissaire circule déjà : il s’agirait d’André Salifou. Ce n’est pas la première fois que cet éminent professeur de nationalité nigérienne, est au chevet des Comores. En 2001, il était déjà là, toujours pour le compte de la Francophonie. C’est l’ultime médiation avant le débarquement militaire, dont aucune date n’a été fixée jusqu’ici. Croisons donc les doigts !
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Posté le 22.01.2008 par inoussa
Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine s’est tenu hier, lundi 21 janvier 2008, à Addis-Abeba. Nous vous livrons ici la conclusion de cette réunion.
Le Conseil décide de proroger, pour une période additionnelle d’un mois, les mesures imposées à l’encontre des autorités illégales d’Anjouan, telles que stipulées au paragraphe 5 du communiqué PSC/PR/Comm(XCV), adopté lors de sa 95ème réunion tenue le 10 octobre 2007, et prorogées par le communiqué PSC/PR/Comm(CII), adopté lors de sa 102ème réunion tenue le 26 novembre 2007, ainsi que le mandat de la Mission d’assistance électorale et sécuritaire de l’Union africaine (MAES) aux Comores, en attendant la réunion ministérielle envisagée des pays de la région qui doit réexaminer la situation et soumettre des recommandations sur la voie à suivre.
NB: Aucune indication sur la date de cette réunion ministérielle. L'on est en droit de se demander si l'UA perçoit vraiment l'urgence de trouver un règlement rapide à la crise anjouanaise. Certes, il n'y a pas que les Comores et, comme l'avait dit un diplomate en poste à Moroni, le calendrier des organisations internationales n'est pas arrêté en fonction de l'impatience des Comoriens, tout de même, à l'heure où l'on parle de l'imminence d'un débarquement militaire à Anjouan, il était temps de rompre avec la langue de bois.
Posté le 21.01.2008 par inoussa
Qui, à Anjouan, s’impose aujourd’hui comme le leader incontesté de la classe politique locale et à même, non seulement de rassembler les Anjouanais, mais surtout de favoriser la réintégration effective de l’île au sein de l’Union ? Telle est la question que l’on se pose dans certains milieux intellectuels à Moroni. En effet, il serait simpliste de réduire la crise anjouanaise à la seule personnalité de Mohamed Bacar. S’il ne s’agissait que de cela, personne ne s’opposerait à l’initiative du chef de l’Etat d’employer la force contre les autorités locales. Mais, le problème est assez complexe et requiert une certaine habileté si tant notre objectif est de sauvegarder l’unité nationale et l’intégrité territoriale de l’archipel. Méfiez-vous des raccourcis faciles ! Il y a longtemps qu’Anjouan s’est débarrassé de Fundi Abdallah Ibrahim, de Chamassi et du colonel Abeid, pour autant, le feu ne s’est pas éteint. Alors, qui, encore une fois, pour remplacer, demain, Mohamed Bacar? Caabi El-yachroutu? Celui-là qui, toute honte bue, cire aujourd’hui les godasses d’un dictateur séparatiste après avoir occupé les plus hautes fonctions de notre pays. Mohamed Abdou Madi? Un homme aux convictions fragiles et au passé sulfureux. Mohamed Djaffar? Celui-là qu’on accuse d’avoir, hier, versé dans le séparatisme et violé délibérément l’embargo de l’Oua. Halidy Charif? L’on se rappelle encore ses positions séparatistes à Mohéli, notamment lorsqu’il a vertement tancé Moutsoifa Cheikh en présence de nombreux diplomates, dont le chef du bureau local de la Francophonie. Devenu, entre temps, Premier ministre à Madagascar, Charles Rabemananjara refuse toujours de recevoir un homme (Halidi est aujourd’hui ambassadeur à Antananarivo) qui, hier, a travaillé pour le morcellement de son pays. Ibrahim Halidi? Le théoricien du séparatisme, le premier à avoir créé une formation politique à caractère insulaire et qui, dans une interview à un quotidien de la place, a reconnu ouvertement la francité de Mayotte. Toute la difficulté de la crise anjouanaise est là : le choix de celui qui, demain, par son attachement indéfectible à la République, devra diriger Anjouan. Le critère de sélection de cet homme ne doit pas être son degré de proximité avec le pouvoir de l’Union, mais la constance de ses positions et convictions. Anjouan n’a plus besoin de ces fortes têtes qui naviguent d’un bord à un autre au gré de leurs intérêts bassement matériels. Prenons garde de ces pantins ! A l’exemple de Mjamawé, ils sont capables de revenir à leurs anciennes amours pour peu que le vent ne tourne pas dans leur direction. Alors, nous lançons ici le débat. Qui, selon vous, doit aujourd’hui occuper le fauteuil douillet de Daru Najah? A vos claviers!
Posté le 20.01.2008 par inoussa
Nous publions ci-dessous un article du Journal de l'île de la Réunion (JIR), publié dans son édition de samedi 19 janvier à propos d'un jeune comorien en instance d'expulsion.
Une cinquantaine de personnes se sont réunies hier devant le palais de justice de Champ-Fleuri pour protester contre la mesure d’expulsion prise par le tribunal administratif à l’encontre de la famille Nourdine, originaire des Comores. Titulaire d’un niveau bac + 5, Rashad, le père de famille, qui dispose d’un visa de travail pour Mayotte, avait profité d’un séjour touristique à la Réunion pour trouver du travail et s’y installer, avant de faire venir sa femme et ses deux enfants. Titulaire d’un contrat de travail en bonne et due forme, bénéficiaire de la Sécurité sociale, il est pourtant considéré en situation irrégulière à la Réunion, les visas pour Mayotte n’étant pas extensibles à un département français depuis le retrait d’un amendement qui l’autorisait en mai 2006. Une injustice pour les proches de cette famille bien intégrée, qui doit être renvoyée vers les Comores mardi. Elle conserve néanmoins le droit de retourner vivre et travailler à Mayotte. Une pétition circule pour demander le réexamen de ce dossier et une nouvelle manifestation est envisagée d’ici mardi.
Posté le 19.01.2008 par inoussa
D’après plusieurs sources concordantes, le débarquement militaire à Anjouan serait imminent. «
Nous avons atteint le point de non retour » avait dit le chef d’état-major, le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amiri il y a quelques jours, lors d’un rassemblement de toutes les unités de l’armée nationale à Voidjou. Inévitablement, l’on va à la guerre. Le plan d’attaque est fin prêt ; les exercices militaires ont tellement avancé que certains soldats de l’And ont envie de vite en découdre avec les hommes de Mohamed Bacar. La FGA pourra-t-elle résister asses longtemps à la force de frappe et aux assauts de l’armée nationale ? Rien n’est moins sûr. Dans les rangs de la FGA, ce serait la débandade. Une certaine démobilisation est de plus en plus perceptible au fur et à mesure que l’intervention militaire se précise. Pendant ce temps, les autorités anjouanaises multiplient les menaces à l’encontre du pouvoir central. Mohamed Abdou Madji, devenu le n° 2 du régime Bacar, ne ménage pas le gouvernement de l’Union et affiche une sérénité à toute épreuve.
A Mutsamudu, on parle d’une brouille entre Mohamed Bacar et Djaffar Salim, alias Sarkozy. Le premier reprocherait au second de n’avoir pas pu maitriser sa ville natale, Mutsamudu, où l’opposition contre Bacar est la plus forte dans l’île. Salim, pour sa part, n’apprécierait pas sa mise à l’écart au profit du sulfureux Abdou Madi (Mjamawé). Ça sent le roussi du côté de Daru Nadja.
Les dernières nouvelles du front, c’est aussi ce retrait annoncé de Mohamed Bacar sous la pression de Paris. L’homme aurait accepté de se retirer à deux conditions : d’une part, la transition vers des élections libres et démocratiques à Anjouan devra être assurée par un de ses proches ; d’autre part, dans l’éventualité d’un exil doré en occident, il voudrait partir avec 230 personnes de son proche entourage. Difficile de distinguer le vrai du faux.
A Mayotte, par contre, les hôpitaux sont appelés à prendre des mesures particulières au cas où l’intervention militaire venait à avoir lieu. La préfecture de Mayotte serait, en effet, prête à accueillir les blessés les plus graves.
Posté le 18.01.2008 par inoussa
A la lecture de cet article de Barka Ba, paru dans Nouvel Horizon et repris par le Courrier international, je n’ai pas résisté à l’envie de le publier pour vous permettre de vous faire une idée des nouvelles relations entre la France et l’Afrique.
« La Françafrique est moribonde. Je veux signer son acte de décès. Il ne s'agit pas de faire la morale, mais d'aider au développement." Ces propos n'ont pas été tenus par un dangereux gauchiste de l'association Survie, cauchemar des satrapes au pouvoir en Afrique et grande pourfendeuse devant l'éternel des relations incestueuses qu'entretient la France avec certaines de ses ex-colonies. Ils sont de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Coopération et accessoirement une des figures de proue de "l'ouverture" sarkozyenne.
Cet officier de réserve a jeté aux orties la langue de bois pour dénoncer "la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l'incurie de certaines structures administratives ou politiques, la prédation de certains dirigeants…" Mazette ! Des noms, monsieur Bockel, des noms ! On aurait fortement envie d'applaudir des deux mains, face à tant de lucidité devant les dérives de la puissante "mafiafrique" qui saigne le continent à blanc depuis des lustres. Mais, au-delà des incantations, ce discours changera-t-il grand-chose à des relations bien huilées qui ont fait le bonheur de pas mal de présidents africains et d'hommes politiques français sous la Ve République ?
Force est de constater que la fameuse "rupture "dont on nous bassine tant les oreilles, après quelques mois de présidence sarkozyenne, c'est surtout pour le moment de l'agitation permanente et des gesticulations sans lendemain. Quand ce ne sont pas des propos ahurissants, ressassant les clichés les plus éculés, comme le désormais tristement célèbre discours de Dakar prononcé par le pétaradant Nicolas Sarkozy [le 26 juillet 2007]. Et à qui le chantre de la rupture a fait l'insigne honneur de réserver une de ses premières visites sur le continent ? A El-Hadj Omar Bongo Ondiba [le président du Gabon], figure tutélaire de la Françafrique qui vient de fêter dignement ses quarante ans… de pouvoir !
Peut-on sérieusement vitupérer Déby [président du Tchad], Sassou [président du Congo], Biya [président du Cameroun] and Co quand au même moment on accueille avec faste ce grand démocrate qu'est Kadhafi et qu'on lui permet d'installer sa tente en plein Paris ? De qui se moque-t-on ? Il y a quelques années, Jean-Pierre Cot, un prédécesseur de Jean-Marie Bockel à la Coopération, avait déjà vaillamment essayé de lutter contre ce vieux serpent de mer. Mais, à la demande unanime du puissant "syndicat des chefs d'Etat", le président Mitterrand dut écourter les fonctions de ce ministre socialiste perçu par les dictateurs du continent comme un dangereux empêcheur de magouiller et d'emprisonner en rond. Heureusement pour Bockel que les temps ont bien changé !
Posté le 17.01.2008 par inoussa
Le bureau de l’assemblée de l’Union vient d’être remanié. Si M. Dhoiffir Bounou reste encore au perchoir, il a aujourd’hui deux nouveaux vice-présidents en l’occurrence M. Ibrahim Houmadi Sidi, qui remplace Youssouf Said (pour le compte de Ngazidja), Said Mohamed Ben Cheik (à la place de M. Oukacha) et M. Dhoiffir Houmadi (pour Anjouan). Le perlement de l’Union a également trois autres nouveaux questeurs : Ali Mchangama Youssouf, Ibrahim Said et Issa Madi Msa.
Aussitôt le nouveau bureau élu, certains posent aujourd’hui la question de la nécessité d’un troisième vice-président (qui revient à Mohéli), étant donné que l’île de Djoumbé Fatima occupe déjà le poste de président de l’assemblée. « Par le passé, ce poste n’a jamais existé » soutient un député.
Posté le 17.01.2008 par inoussa
Voici la composition du nouveau gouvernement de Mohéli
Saïd Ben Ousseine
Ministre du budget, de l’économie, du commerce, du plan et de la coopération décentralisée, chargé des relations avec les institutions (ce département est rattaché à la présidence).
M. Abdourahmane Ben Cheikh Achiraf
Ministre de l’administration territoriale de la justice chargé et de la sécurité intérieure, porte parole du gouvernement.
Mahamoud Harouna
Ministre des transports, postes et télécommunications, de l’Energie, de l’information et des infrastructures, chargé des sociétés d’Etat
M. Daroussi Bacar Issouf
Ministre de la production rurale, du tourisme et de l’artisanat
M. Milissane Hamdia
Ministre des affaires sociales chargé de l’environnement
Quatre ministres délégués
M.Aboubacar Hassane Ali,
Ministre délégué auprès de la présidence, chargé de l’économie et du plan
Mme Bouchrati Abdoulhalim
Ministre déléguée auprès du ministère des Affaires sociales, chargé de la santé publique, de l’environnement, de l’artisanat, de la population et du genre
M. Abdourazakou Boina Heri,
Ministre délégué auprès du ministre de l’administration territoriale, chargé de la fonction publique et des collectivités décentralisées
M. Soibahadine Abdou Bacar,
Ministre délégué auprès du ministre des transports et des infrastructures, chargé des travaux publics, de l’urbanisme, de l’énergie et des ressources hydrauliques
Posté le 17.01.2008 par inoussa
A Moroni, la rumeur est reine. Elle court les rues de Moroni, se répand dans l’arrière-pays et se dégonfle comme un soufflé. Chaque jour apporte son lot de ragots, jusqu’aux plus invraisemblables. Nous avons choisi de vous faire revivre, comme si vous y êtes, cette indescriptible atmosphère. Hier après-midi, un confrère m’appelle au téléphone. «
T’es au courant de la dernière info » me demande-t-il. «
Eh bien, on aurait surpris le commandant Bastu en communication téléphonique avec Mohamed Abdou Mjamawé. Il téléphonait à partir du portable de sa fille pour tromper la vigilance des services de renseignements ». Une énième bêtise ! Je me suis gardé de le rabrouer, mais je ne me suis même pas donné la peine de vérifier l’information tant les rumeurs du même tonneau sont, par le temps qui court, légion. La suite dira si j’ai eu tort. Le même Bastu aurait voulu se rendre en France cette semaine, mais l’état-major et le président Sambi lui auraient opposé un refus catégorique. C’est aussi le cas, à en croire la rumeur, de M. Dossar, qui aurait souhaité mettre sa famille au vert, dans une ville au sud de la France, malgré l’objection du chef de l’Etat. Ces deux dernières informations ont été reprises dans certains sites et blogs comoriens installés à l’étranger.
Autre rumeur : dans la perspective du débarquement militaire, la France aurait, ces derniers temps, activé sa diplomatie pour tenter de dissuader le président Sambi de procéder à une opération militaire contre Anjouan. A l’ambassadeur de France qu’il a reçu cette semaine à Beit-salam, Sambi lui aurait donné soixante-douze heures pour négocier le retrait de Mohamed Bacar. Autrement, l’emploi de la force serait inéluctable. L’ambassadeur lui aurait notamment demandé de surseoir l’intervention militaire et attendre la prochaine visite à Moroni du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, M. Christian Estrosi. Vrai ou faux ?
Rumeur, rumeur,…..Cette fois, elle concerne la famille Sambi restée à Anjouan. Ces derniers temps, elle était sous haute surveillance de la Force de gendarmerie d’Anjouan (FGA). Les éléments chargés de les épier auraient été corrompus. Ils seraient rentrés à Moroni avec la famille Sambi à bord de kwassa-kwassa.
Il n’est pas dans nos habitudes de faire l’écho d’une rumeur, l’objectif de notre démarche est de vous plonger au cœur de l’atmosphère générale à Moroni, à la veille d’un débarquement qu’on dit imminent.
Posté le 16.01.2008 par inoussa
Le journaliste El-Had Said Omar, directeur de publication du quotidien La Gazette des Comores et patron de l’agence de presse HZK (Habari Za Komor), a passé plus de cinq heures de temps, hier mardi 15 janvier, dans les locaux de la Direction nationale de la Sûreté du territoire (DNST). Son crime est d’avoir écrit, dans une brève parue dans l’édition de la veille, que le nouveau patron des Renseignements généraux, M. Mfoihaya, avait un autre nom (son vrai patronyme, d’après certaines sources). Pour avoir, en outre, précisé que Mfoihaya avait auparavant travaillé à la préfecture de Moroni, El-Had Said Omar est accusé d’avoir voulu le rabaisser. Pour ces deux simples motifs qui auraient mérité un simple démenti de la part de l’intéressé, le directeur de la Gazette a été donc convoqué à la DSNT. Le maitre des lieux, M. Abdou Achirafi, l’a traité de « imbécile et de malhonnête » (sic). N’aurait été l’intervention du directeur de cabinet de la présidence chargé de la défense, notre confrère aurait passé la soirée à la DSNT.