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inoussa
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Retrouvez ici l'actualité comorienne en temps réel. Ce blog est aussi un espace d'expression.
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
02.08.2007
Dernière mise à jour :
04.11.2009

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Aveu d'échec ?

Publié le 18/08/2009 à 10:09 par inoussa
Il l’a dit hier au cours de l’ouverture du forum économique des opérateurs tanzaniens et comoriens au Palais du Peuple. « Je n’étais pas au courant que le fonctionnaires accusaient un si énorme retard de salaires ». Signé le président Sambi. Cet aveu est grave, très grave pour plusieurs raisons. Pour les uns, il montre que le chef de l’Etat ne se soucie guère du fonctionnement de l’Etat et sa priorité est ailleurs. Pour un candidat élu en raison de sa proximité avec les citoyens, ces propos se passent de commentaires. Pour les autres, le président est entouré d’une équipe d’opportunistes qui se sucrent sur le dos du peuple et s’en font plein les poches tout trompant le chef de l’Etat. Dans un cas comme dans un autre, le président Sambi prête, à travers ces propos, le flanc à ses opposants qui ont toujours dénoncé « son inexpérience dans la gestion des affaires ». Ce que l'on est en droit de se demander, c'est bien de savoir si le président et son gouvernement sont payés tous les mois. Sinon comment le chef de l'Etat ne serait-il pas au courant de ces arriérés d'impayés s'il était dans le même cas que les autres fonctionnaires?


Courrier d'un visiteur sur le crash de l'A-310

Publié le 18/08/2009 à 09:04 par inoussa
J’aimerai, en guise de préambule, adresser mes sincères condoléances aux familles des victimes du crash de l’A310 qui s’est abîmé au large des côtes de la Grande-comore dans la nuit du 30 Juin 09. A l’instar des familles éplorées, je suis toujours, par empathie, attristé, peiné et endeuillé.

Mais avant de revenir sur les trois remarques, qu’il me soit permis de faire une petite digression en soulignant une chose. En publiant un article, je me fais toujours l’idée de gagner en retour à travers les critiques objectives et intelligentes des uns et des autres. Mais, à ma grande surprise, c’est tout à fait le contraire. Beaucoup de commentateurs n’ont pas compris, me semble-il, que ce blog est un carrefour du donner et du recevoir ; ils en profitent pour détourner le débat de l’essentiel en jetant leur venin sur ma modeste personne. Mais rien ne peut m’arrêter parce que je comprends le pourquoi. L’’art d’interpréter puis critiquer est un exercice difficile dont le bon usage n’est pas à la portée de tous.

Mes chers amis (es), mon engagement, en tant qu’observateur attentif et pourfendeur de la vie publique de notre pays, que je me suis juré, avant ma majorité, d’interpréter pour vous aider à mieux comprendre, me conduit à faire très attention, et quel que soit le prix, à ce que déclarent ses acteurs pour en déduire où ils en sont, à un moment donné-et où ils veulent aller.

Ainsi, comme je l’ai bien annoncé, trois remarques ont retenu mon attention depuis la nuit terrible et sans précédent du 30 Juin 09.

La première remarque qui m’a beaucoup réjoui, c’est le réveil de conscience des Comoriens. En effet, force est de constater, qu’après cette tragédie, les comoriennes et comoriens sont devenus logiques et pensifs. La croyance stupide qui veut que tous les maux de la terre soient une fatalité et, que tout vienne du ciel, commence à être détachée de l’esprit des Comoriens. Bien sûr, ces derniers, par leur foi incommensurable, croient naturellement que le destin est le fait du Tout Puissant. Mais ils commencent à croire aussi que Dieu nous a dotés de liberté, donc de responsabilité dans les actes que nous commettons chaque jour et qui peuvent précipiter le cours des choses. Et, par conséquent, le crash n’était pas seulement et uniquement une catastrophe divine.
Comme beaucoup de Comoriens, dès la nuit du 30 Juin marquant le terrible crash de l’A310, ma conviction a été qu’il y avait quelque part des manquements et fautes successives ou concomitantes, dont le cumul est à l’origine de ce crash. Et, il convient de situer les responsabilités. Les comoriens, sans distinction de classe sociale, ont compris qu’au-delà du destin, la mort de ces 152 comoriens était, à priori, de la responsabilité manifeste de l’Etat comorien et de la compagnie yéménite. Entre les deux, l’un est auteur principal et l’autre complice.

Par ailleurs, suite à cette mutation de raisonnement, je préviens particulièrement le corps médicale des quatre îles des Comores de faire très attentions dans leurs entreprises. Leurs bêtises pardon leurs négligences ne seront plus tolérées cette fois-ci. Les comoriens ont compris que la mort qui, par nature est la volonté de Dieu, peut résulter, dans certaines mesure, du fait de l’Homme. Je veux dire qu’elle peut être à l’origine d’un manquement volontaire ou non du médecin généraliste au médecin spécialiste en passant par l’infirmier. Et, c’est en connaissance de cause que j’exhorte le corps médical de faire désormais très attention.

La deuxième remarque qui n’est pas la moins négligeable, c’est la politique de la médecine après la mort. Assurément, aux Comores, seule une balle dans la tète tue les gouvernants. Mais le ridicule ne tue plus, il indique cependant, de façon explicite le fond des hommes. Aujourd’hui plus qu’hier, le peuple comorien ne peut pas s’empêcher de se réjouir de la mise en nu de certains hommes politiques comoriens qui ont fini de démontrer leur incompétence et la défaillance de leur faculté d’envisager ce qui peut arriver et de prendre des mesures préventives pour l’avenir. Il faut souligner que tout système politique est confronté à certaines difficultés techniques dans son développement. Mais comme disait Karl Deutsch, l’Etat c’est comme un navire et il appartient aux autorités de diriger ce bateau à bon port en prévoyant le plus longtemps à l’avance les demandes qui lui sont transmises, afin de constituer un stock de r essources leur permettant de s’adapter aux nouveaux enjeux, après avoir déchiffré les informations transmises par des canaux. C’est l’habilité au pilotage qui permet de déterminer l’aptitude à gouverner.

Partant de cette analyse et sans pour autant en vouloir au régime en place, le constat est bien réel. Les informations transmises par les canaux (les associations) concernant les irrégularités et les disfonctionnements de la compagnie Yemenia n’avaient pas hélas été déchiffrées et prises en compte par les autorités en place au premier duquel le vice président et ex chargé du transport aérien. Sinon le pire allait être évité, je pense.
De ce fait, dans une démocratie digne de ce nom, le Président de la République aurait mis fin immédiatement aux fonctions de certains dirigeants à commencer par le Ministre du transport aérien. Mais nous sommes dans le régime de l’irresponsabilité généralisée…

Vous conviendrez avec moi, chers compatriotes, que c’est après le crash que notre Président son Excellence SAMBI et ses collaborateurs se sont plongé dans une réflexion sur la sécurité aérien des Comoriens. En tout cas, sans vouloir faire l’avocat du diable ou preuve d’un pessimisme beat ; sans chercher à porter la poisse alors qu’ils sont en train de méditer sur un thème très sérieux qu’est notre sécurité, j’ai voulu à travers cette remarque exprimer ma désolation pour le manque d’une politique de prévoyance.
Et, je demanderais à l’exécutif de l’Union des Comores de ne plus se limiter au problème en espèce mais, de pousser la réflexion sur d’autres points saillants comme celui du changement des passeports des ressortissants comoriens à l’étrangers et j’en passe.

La dernière et troisième remarque, c’est le refus de l’Etat comorien de reconnaitre sa responsabilité dans cette tragédie.

Est-il prématuré de déclarer la responsabilité de l’Etat comorien alors que les fameuses boites noires de l’A310 ne sont pas jusqu’aujourd’hui retrouvées ? Je pense que non. Même si son Excellence M.A.A.SAMBI, Président de l’Union des Comores et son vice président et ex chargé du transport aérien, IDI Nadhoim n’ont pas jusqu’à présent reconnu à travers leurs multiples déclarations après le crash, qui a coûté la vie de plus de 152 citoyens comoriens, Hommes, femmes et enfants, la responsabilité de l’Etat dans cette affaire ; par présomption juris et de jure l’ETAT comorien a, à priori, une grande part de responsabilité dans le cas d’espèce. Deux causes militent en faveur d’une telle position :

Primo, l’Etat comorien est responsable d’une faute inexcusable de négligence. Combien de fois la diaspora comorienne de France par la voie de l’association « S.O.S voyage » a crié auprès des autorités comoriennes pour qu’ils exigent la compagnie Yemenia de prendre toutes les mesures nécessaires pour que sa fidèle clientèle comorienne voyage en toute sécurité main en vain.
Secundo, il est responsable pour prendre toutes les mesures tendant à établir la vérité, ainsi que les modalités d’indemnisation et les sanctions à l’encontre des personnes qui seront reconnues comme coupables par la justice. Un rôle aujourd’hui remise en cause et, par les familles des victimes et par les avocats.


NADJIME-DINE Yousouf Mbèchezi
Citoyen engagé

TRIBUNE LIBRE: Un peuple n’a que les dirigeants qu’il mérite‏.

Publié le 14/08/2009 à 13:43 par inoussa
A qui veut-on faire croire que nous sommes innocents de ce qui nous arrive de manière constante depuis 1975? Nous sommes volés, pillés, agressés, humiliés par des gens que nous connaissons et que nous fréquentons tous les jours. Et devant ça, au mieux, un silence de cathédrale, au pire, des encouragements!!!!!! La corruption, le déni de justice et la surdité collective ont pris le pas sur la recherche de la justice et la paix sociale.

Les Comores semblent aujourd’hui habités par des hommes et des femmes qui pensent pouvoir donner du « pain beurré » à leurs enfants quand d’autres trainent sur les places publiques et regardent l’opulence des uns faire de l’ombre à leur misère et leur faim. Une population pour laquelle l’individualisme et le chacun-pour-soi sont devenus la première loi essentielle. La deuxième loi et règle dans ce nouveau Comores est que : tricher n’est pas mauvais, à condition de ne pas se faire prendre. La troisième est que si l’on est pris, il n’y a pas de honte à ressortir la tête haute car on recevra les hommages de courtisans venus quémander les fruits non saisis de nos indélicatesses, si et seulement si on a su donner à boire et à manger à ceux qu’il fallait. Au fond, le peuple n’a que ce qu’il mérite.

1. Le peuple aime-t-il fournir assez d’effort? Assez d’effort pour avoir les compétences nécessaires à un emploi; assez d’effort pour trouver un travail décent susceptible de lui procurer assez de revenus pour subvenir à ses besoins ainsi qu’à ceux des membres de sa famille ?

2. Le peuple respecte-t-il les règles ? Les règles, les lois ainsi que les disciplines nécessaires à l’ordre du pays. Les règles de base pour le fonctionnement du pays.

3. Le peuple aime-t-il travailler? Travailler sans contrainte ni pression aucune. Travailler suffisamment pour obtenir une satisfaction personnelle autre que le salaire. Travailler pour faire évoluer la situation économique et sociale du pays.

4. Le peuple croit-il en sa réussite? Une réussite planifiée et programmée qui, malgré les obstacles, peut être atteinte grâce à l’effort, l’autodiscipline, le travail, le pragmatisme, le patriotisme, la rigueur ainsi que le respect de soi-même et d’autrui.

5. Le peuple respecte-t-il les valeurs? Les valeurs autant modernes que traditionnelles qui pourront réguler sa vie quotidienne. Les valeurs qui lui permettent de reconnaître sa faute au lieu de la rejeter sur d’autres.


Le peuple fait le peuple. Si le peuple préfère discuter et passer son temps sur les places publiques, il ne faut pas blâmer les dirigeants ; si le peuple préfère entrer au bureau à 10 heures pour partir à 13 heures, qu’il ne vienne pas demander une augmentation salariale ou se plaindre d'une administration « pourrie et corrompue ». Et finalement, si le peuple tolère la corruption en acceptant qu’un membre de sa famille ou l’un de ces amis y participe sans le condamner, qu’il ne vienne pas se plaindre de l’état lamentable des conditions de vie du pays. Mon vieux père me disait que « Mdru hufa ha hafula cha mdru katadjiriha ha hafula ».

Pour le moment, loin d’être innocent, tu es l’artisan de ton propre malheur. C’est toi qui fabriques les chaînes qui te maintiennent prisonnier.

Mais en éternel optimiste, j'ai foi en mon peuple que jadis je voyais courageux, fier, hospitalier et solidaire. En fait, les ingrédients nécessaires à une réussite solide et durable ne sont pas hors de notre portée. Même si nous sommes au fond du gouffre, nous pouvons changer les choses si nous avons une bonne vision de notre avenir, un peu de civisme et beaucoup d'initiative. Ce n'est qu'en ayant confiance en nous, en travaillant dur, en laissant de coté le chauvinisme villageois et insulaire, en bannissant le clientélisme et en étant sûr de notre futur que nous avancerons et transfigurerons notre pays. Il n'y a pas d'autre secret.


Ahmed-Hachim SAID HASSANE

Bac : les résultats du deuxième groupe attendent toujours

Publié le 14/08/2009 à 09:35 par inoussa
Les enseignants comoriens ont décidé de geler la délibération et la proclamation des résultats du deuxième groupe du baccalauréat après le non-respect par le gouvernement du protocole d’accord signé entre les deux parties. Cet accord engageait l’Etat à payer un troisième mois avant le 5 août après avoir versé, quelques semaines plutôt, deux mois de salaires aux mêmes enseignants. Le gouvernement avait demandé une prolongation de ce délai au 13 août pour s’assurer de pouvoir satisfaire à l’exigence du syndicat.

Cette promesse n’ayant pas été tenue, les enseignants ont donc décidé de suspendre la proclamation des résultats du deuxième groupe du baccalauréat au grand dam des élèves-candidats dont certains ont des échéances rigoureuses d’inscription dans des universités étrangères. L’angoisse de leurs parents va croissant. Dans plusieurs chaumières, on se demande, tel l’artiste comorien Djo RR, « où sont passés les salaires des fonctionnaires comoriens ?». Question lancinante qui revient comme un serpent de mer dans les discussions dans les bangwé.

Il faut dire que depuis…décembre 2008 (oui, vous ne rêvez pas), les agents de l’Etat ne sont pas payés. Le fonctionnaire comorien vit mal, très mal. Son quotidien se détériore au fil des jours. L’incapacité de l’Etat à honorer ses engagements vis-à-vis des enseignants comoriens augure d’un début très difficile du mois de ramadan.

C’est dans ce climat de tension sociale et de précarité inimaginable que le ministre de l’Intérieur de l’Union a sorti les « arrêtés de la discorde » qui ont déclenché les hostilités entre l’exécutif central et celui de Ngazidja.

Je me pose des questions.....

Publié le 13/08/2009 à 11:10 par inoussa
La crise entre l’Union et l’île de Ngazidja, au-delà de son aspect politique, pose un débat juridique de fond ; les praticiens du droit seraient bien inspirés d’éclairer notre lanterne, nous autres profanes en la matière. D’abord une question simple : comment un arrêté du ministre de l’Intérieur a pu annuler un décret du président de l’île, sachant pertinemment que le premier tient sa légitimité d’un homme, en l’occurrence le chef de l’Etat, le second est un élu du peuple ? Peut-on, dans le cas d’espèce, enfreindre la règle du parallélisme des formes ?

Certes, le tribunal n’avait pas à juger, dans le procès intenté contre les autorités de l’île de Ngazidja, de la régularité des actes administratifs du ministre de l’Union (non seulement il n’en a pas la compétence, mais il n’en a pas été saisi par l’exécutif de l’île). Mais, je me pose une autre question : les officiers de police, en refusant d’obéir aux responsables qui les ont nommés, ont-ils été, oui ou non, coupables d’acte d’insubordination ? Peut-on les poursuivre et les juger comme tels ? Le débat reste ouvert. A vos plumes.

Abdouloihabi propose un dialogue immédiat avec Sambi

Publié le 13/08/2009 à 08:17 par inoussa
Une journée après la condamnation des autorités de Ngazidja à une peine d’emprisonnement de deux à six mois, le gouverneur de l’île, Mohamed Abdouloihabi, a adressé une lettre au chef de l’Etat dans laquelle il estime qu’un dialogue entre les quatre exécutifs est « obligatoire » pour, dit-il, préserver la paix et la cohésion sociale. Interrogé sur le verdict du procès de mardi, le premier flic de l’Union, Bourhane Hamidou, a répondu : « Cette affaire ne regarde que la justice, moi je ne suis que le ministre de l’Intérieur ».

Quatre des huit commissaires de Ngazidja, deux secrétaires généraux et trois officiers de police proches de l’exécutif de l’île croupissent en prison depuis cinq jours. La justice vient de leur infliger des peines d’emprisonnement de deux à six mois selon le degré de responsabilité de chacun. Le commissaire chargé de la sécurité intérieure, Mhadji Abbas, en a pris plus de cent jours de prison ferme, et deux autres mois de sursis. Le lendemain de l’énoncé de ce verdit, le gouverneur Mohamed Abdouloihabi a adressé une lettre au chef de l’Etat dans laquelle il attire, dit-il, son attention « sur les risques majeurs qui pèsent sur la cohésion sociale et l’image internationale de notre pays ». Selon lui, en s’appropriant le pouvoir de nomination aussi bien à la police que dans les préfectures, le ministre de l’Intérieur de l’Union perpètre un « coup d’Etat contre l’exécutif de l’île». Et de condamner ensuite l’emprisonnement des autorités de Ngazidja « jetées en prison, traduits en justice pour des motifs fallacieux et politiciens ».

Plus loin, Abdouloihabi exhorte non seulement le président Sambi à user de ses pouvoirs pour ordonner la libération de ces autorités, mais il propose surtout un dialogue entre les quatre exécutifs de l’Union et des îles en vue, dit-il, de sauvegarder la paix et la cohésion sociale. Cette offre de dialogue devrait, selon lui, concerner l’ensemble des questions à la fois politiques et institutionnelles du moment. « Il n’est plus possible que pour l’Etat de survivre longtemps sans assemblées nationales et des îles, sans loi de finances et encore sans constitution » poursuit Abdouloihabi dans son courrier.

Interrogé sur le verdict du procès des autorités de Ngazidja, le ministre de l’Intérieur a déclaré que cette affaire ne le concernait pas. « Je ne suis pas le ministre de la Justice, moi je m’occupe de l’Intérieur » a-t-il déclaré hier à Al-watwan. S’agissant de la polémique autour de la tutelle de la police, il a déclaré : « La police est une force que l’Union met à la disposition des îles. Elle n’est pas la propriété des entités insulaires ».

Al-watwan n’a pas réussi à interroger hier le chef du Bureau de liaison de l’Union africaine à Moroni, malgré plusieurs tentatives de le joindre. A Ngazi-Ngomé, siège du gouvernorat de Ngazidja, on accuse la communauté internationale (Ci) de manquer de neutralité. « Pour mieux jouer le rôle de médiation, cette communauté internationale devrait se garder de prendre parti entre les protagonistes. Ce qui est loin d’être le cas » a dit le directeur de cabinet du chef de l’exécutif de Ngazidja, l’ambassadeur Ahamada Hamadi.

Le 9 août dernier, cette même communauté internationale a reçu l’Union de l’opposition à la demande de cette dernière. A en croire le communiqué publié par le prince Said Ali Kémak aussitôt après cette rencontre, la Ci s’est engagée « contacter les autorités compétentes de l'Union des Comores pour examiner les voies et moyens de la reprise du dialogue entre les parties comoriennes ». Elle aurait également manifesté son « inquiétude » sur les évènements de vendredi dernier ; relatifs à l’arrestation de dix autorités de l’île de Ngazidja.


M. Inoussa
Al-watwan, édition du jeudi 13 aout 2009

Le titre est du blog
(Article enrichi par le blog)

Le père de Bahia : « ma fille se porte bien, merci »

Publié le 13/08/2009 à 08:14 par inoussa
De passage à Moroni, trente-sept jours après le crash de l’A-310 de Yémenia au large de Mitsamiouli, le père de Bahia, Bakari Kassim, semble encore sous le choc de l’accident. S’il soutient que l’adolescente se porte « très bien », il n’en dit pas plus. Et reste peu bavard sur ses retrouvailles avec la jeune miraculée.

Comment se porte la seule rescapée du crash de l’A-310 de Yemenia, Bahia Bacar ? Très bien, à en croire son père, Bakari Kassim, arrivé à Moroni le 8 août pour un bref séjour d’une semaine. « Elle est entrée à l’hôpital sur une civière, elle en est sortie bien portante, les deux pieds sur terre » se réjouit-il. Son hospitalisation aura duré exactement vingt-deux jours. Vingt-deux jours durant lesquels la jeune Bahia a occupé les manchettes de la presse internationale malgré elle ; le domicile familial, sis à Corbeil-Essonnes dans la banlieue parisienne, fut quotidiennement assailli par une meute de journalistes et autres photographes en mal de sensationnel.

A la question de savoir si l’adolescente garde encore des souvenirs du crash, Kassim répond, après un long soupir : « Certainement. Mais, je vous prie d’attendre son retour aux Comores pour lui poser vos questions ». L’homme éprouve une certaine gêne à s’étaler sur le sujet et à regarder dans le rétroviseur. Comme si le silence lui servait de catharsis.

Le père de Bahia sait gré à la France d’avoir évacué, aussitôt après l’accident, sa fille à Paris où elle a pu recevoir les soins nécessaires. Si l’on en croit la presse française, Bahia, qui souffrait de contusions multiples et de brûlures, aurait subi une opération de chirurgie réparatrice maxillo-faciale et cutanée le 9 juillet dernier à hôpital Trousseau, à Paris. « Ses médecins m’ont rassuré ; ils m’ont dit que l’enfant va bien » a encore déclaré son père, avant d’ajouter que Bahia a repris ses habitudes au sein de la famille, joue et s’éclate avec ses soeurs.

Interrogé sur sa réaction après ses retrouvailles avec Bahia, il a dit avoir effectivement éprouvé « un sentiment de joie, mais en même temps de tristesse parce que j’ai aussi perdu sa mère ». A Moroni, Bakari Kassim a brièvement rencontré le Collectif des familles des victimes ; ils se sont promis de se revoir plus tard.

Musulman convaincu, il estime que l’accident de l’A-310 de Yemenia était déjà inscrit dans le destin de sa fille. « Ce n'est pas un miracle, souligne son père. Je suis croyant. Pour moi, tout ce qui doit arriver dans la vie a été écrit quand la personne est dans le ventre de sa mère. Que nous le voulions ou pas, tout est déjà prévu » a-t-il récemment déclaré à l’hebdomadaire français Jdd. Cet éboueur de la société Derichebourg se garde de porter des accusations, même s’il veut que toute la lumière soit faite sur le crash.

Bahia, élève de 5ème au collège Louise-Michel de Corbeil, devra retrouver bientôt ses camarades de classe dont l’un, Badian, lui avait déjà écrit quand elle était encore à l’hôpital. « Salut Bahia, c'est Badian. Tu as eu beaucoup de chance et je t'aime beaucoup ». La réponse de la miraculée de Yemenia est pleine d’amour : « C'est moi, Bahia, je suis allée directement à l'hôpital et je vais y rester quelques semaines. On va m'opérer mais ce n'est pas grave. On se verra bientôt ». Les Comoriens aussi veulent bien te revoir bientôt.


M. Inoussa
Al-watwan, édition di jeudi 13 août 2009

Mohéli condamne l'arrestation des ministres de Ngazidja

Publié le 11/08/2009 à 11:33 par inoussa
Le Gouvernement de l'Ile Autonome de Mwali est profondément choqué des actions inconstitutionnelles et antirépublicaines, perpétrées par les autorités de l'Union dans l'Ile Autonome de Ngazidja, en violation flagrante des lois et règlements de la République.

En mettant en danger les principes fondateurs de l'Union des Comores, principes consensuels acceptés par toutes les parties comoriennes du processus de Réconciliation Nationale de Fomboni sous les auspices de la communauté internationale, inscrits et consolidés dans la constitution de l'Union des Comores du 23 décembre 2001, dans les Accords, de Fomboni et de Beït Salam, les autorités fédérales de l'Union des Comores viennent de remettre en cause la démocratie ainsi que la légalité républicaine par un coup d'Etat institutionnel.

Ce retour en arrière de plus d'une décennie de vie institutionnelle démocratique aux Comores prouve que la Réconciliation Nationale scellée le 17 février 2001 à Fomboni et dont son application est garantie par la communauté internationale, est encore fragile.

En effet, après la promulgation de la pseudo loi référendaire du 17 mai 2009, qui attribue pourtant aux Iles Autonomes la compétence exclusive d'établir librement leur loi statutaire comme celle de gérer les polices urbaine et rurale, l'organisation de la santé , les autorités de l'Union viennent de s'accaparer par la force, la police de l'Ile Autonome de Ngazidja et ainsi que toute l'administration des collectivités locales après avoir pris d'assaut toute la gestion des entreprises et établissements publics dans l'Ile Autonome de Mwali.

Sur cette lancée d'une dictature aveugle, des membres de l'Exécutif de l'Ile Autonome de Ngazidja ainsi que des membres du cabinet du Chef de l'Exécutif de cette Ile mais aussi des chefs de service de la sécurité intérieure de l'Ile de Ngazidja, sont arrêtés arbitrairement et placés en mandat de dépôt à la prison centrale de Moroni.

Le Gouvernement de l'Ile Autonome de Mwali exprime sa solidarité inconditionnelle aux autorités de l'Ile Autonome de Ngazidja et condamnent avec force ce coup d'état institutionnel permanent qui plonge le pays dans le désarroi et le peuple dans une inquiétude dont les conséquences pourraient remettre en cause l'unité et l'intégrité territoriale de l'Union des Comores.

Pour préserver sa population ainsi que leurs biens d'une situation pouvant leur priver de leurs droits et libertés publiques et privées, le Gouvernement légal de l'Ile Autonome de Mwali, a pris des mesures conservatoires conformes à la législation nationale et aux intérêts supérieurs de toute la population de Mwali.

Il exhorte la communauté internationale à prendre ses responsabilités en tant que garante de l'application de l'Accord cadre de Fomboni pour la Réconciliation Nationale aux Comores du 17 février 2001 afin que l'égalité et l'équité entre les composantes de la fédération comorienne soient scrupuleusement respectées, la démocratie et la légalité soient restaurées dans le pays et que l'alternance politique se fasse aux dates et délais prévus, en mai 2010.

Il lance un appel aux autorités de l'Union de ne pas compromettre l'unicité institutionnelle retrouvée ainsi que la fraternité entre les populations de Ngazidja, Ndzouani et Mwali, source de notre richesse et base du patrimoine national comorien.

Fonboni, le 11 août 2009

Le Ministre des Infrastructures, de l'Urbanisme, de l'Habitat, du Tourisme, Postes et Télécommunications et Porte parole du Gouvernement

Abdallah Said Sarouma

Arguments et contre-arguments

Publié le 11/08/2009 à 11:01 par inoussa
Me Ahamada Mahamoud n’y est pas allée avec le dos de la cuiller pour fustiger le côté grotesque du procès des autorités de l’île de Ngazidja. « S’il s’agissait de violeurs ou de cambrioleurs, vous leur auriez accordé la clémence ; mais voilà que, pour une simple histoire de serrure, qui concerne des responsables politiques, vous avez la main lourde » a-t-il tonné.

Après avoir relevé l’incompétence du tribunal à juger des autorités d’un si haut niveau (de rang ministériel), il s’est étonné que le procès-verbal relatif à l’affaire n’ait été établi que trois jours après les faits (de surcroît par le procureur de la République) et alors que les prévenus croupissaient déjà en prison.

Le parquet estime, pour sa part, que le fait pour des responsables de défoncer une porte est un acte grave. « Ils auraient dû s’attacher les services d’un huissier avant de procéder à l’ouverture de la porte » a dit le procureur, avant d’ajouter qu’en se faisant accompagner de policiers pour aller déloger d’autres éléments de la police, ils ont voulu provoquer une guerre entre les policiers.

Le procureur a requis huit à douze mois de prison ferme

Publié le 11/08/2009 à 08:23 par inoussa
Le procès des autorités de Ngazidja (quatre ministres, deux secrétaires généraux et trois officiers), arrêtées vendredi et placées en détention provisoire, s’est tenu hier à Moroni. Chefs d’inculpation retenus : « violence et voies de fait ».

Quelques heures avant l’ouverture du procès, l’armée nationale a été déployée à l’entrée du tribunal pour empêcher la foule d’accéder à la salle d’audience. Me Mahmoud, avocat des prévenus, a demandé la relaxe de ses clients, l’auteur qui a défoncé la porte du bureau du Commissaire central ayant été démasqué. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé, quant à lui, une peine de huit à douze mois de prison ferme contre les membres du gouvernement et de six à huit mois contre les officiers de police.

Des ministres brutalisés (selon le chef de l’exécutif de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi) et jetés en prison! On se croirait dans un film de série B. Leurs véhicules ont été aussitôt estampillés Police.

Il faut dire que ce conflit autour du contrôle de la police est survenue une journée après la crise liée à la nomination, par le ministre de l’Intérieur, de cinq nouveaux préfets sur l’île de Ngazidja. Provocation ou simple application de la constitution ? Nombreux sont ceux qui penchent vers la première hypothèse. Et ce d’autant plus que le même ministre, dans sa première conférence de presse, a déclaré que « la nouvelle constitution ne parle de préfets ». Si tel était le cas, pourquoi tant d’empressement ?

Au sujet de la police, la nouvelle constitution stipule clairement que la police urbaine et rurale est sous la tutelle des autorités insulaires. Alors, cette police-là est-elle à créer, auquel cas on serait en droit de s’interroger sur le souci du gouvernement comorien de compresser les dépenses de l’Etat, ou la constitution parle plutôt de celle déjà en place ? Il faut que le législateur tranche. Et vite.