Le mercredi 12 décembre, j’ai été l’invité du site Kweli pour répondre aux questions des internautes sur les enjeux de la crise anjouanaise. Je publie ici l’intégralité de ce débat. Vous pouvez toujours réagir et enrichir la discussion.
La fin de l'année 2007 approche, un discours est évidement à l'horizon, pensez vous que le président Sambi va encore promettre un autre calendrier de débarquement ?
Je ne suis pas dans les secrets du président Sambi, mais la dernière décision de l’Union africaine de proroger les sanctions contre Anjouan aura, au moins, appris au chef de l’Etat à être moins péremptoire. Jusqu’ici, il a trop promis sur cette crise. Et ses déclarations menaçantes font aujourd’hui sourire. Il doit avoir mis de l’eau dans son vin. Une chose est sûre : les conclusions de la dernière réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA l’ont profondément déçu. Il s’en est ouvert à ses proches. Pour autant, le dossier comorien est toujours, jusqu’à preuve du contraire, confié à l’UA qui vient, elle de proroger les sanctions jusqu’au 26 janvier. Donc, on attend. Si, Sambi a décidé de faire prévaloir notre souveraineté sur ce dossier en procédant à un débarquement militaire, il ne va pas tout de même prendre le risque d’annoncer une date dans son discours de nouvel an. Ceci étant dit, je ne crois pas qu’il faille s’attendre à un nouveau calendrier.
Le président Sambi aurait-il choisi de garder les 13 millions de salaire mensuel et les nombreux chèques-cadeaux plutôt que prendre des risques qui pourraient lui être fatals ?
Je pense que l’option militaire, quelle quoi soit son issue, ne remettrait pas en cause le mandat du président Sambi qui court jusqu’en 2010. Il gardera aussi bien son salaire que les autres avantages liés à ses fonctions. La vraie question est de savoir si, en tergiversant ainsi comme on le dit, il ne pense pas plutôt à l’après-mandat.
La situation qui prévaut aux Comores, ainsi que les futurs évènements, notamment la possibilité d'une discussion tripartite des présidents des îles, pourrait-elle pousser Sambi à la sortie ?
Je ne crois pas qu’un dialogue tripartite ou une conférence nationale sur les institutions comme on le réclame ici, puisse déboucher sur le départ du président Sambi. C’est improbable. Pour le premier cas (dialogue tripartite), les présidents des îles pourraient tenter de le dépouiller d’un certain nombre de ses prérogatives et de réduire la fonction présidentielle à sa potion congrue. Sambi serait donc là juste pour inaugurer les chrysanthèmes. Dans le deuxième cas, au contraire, on pourrait revenir à un Etat centralisé, du moins à un Etat fort. Tout le monde ne veut plus de ce système à quatre exécutifs, à la fois trop complexe et budgétivore.
Elbacq: Les partis politiques ont pris une position contre le débarquement, mais au fond, c'est une position prise à l'encontre du chef de l'État. Comment expliquez-vous cette position, est-ce que les partis politiques font la distinction entre la défense des intérêts de la nation et celle des partis ou des hommes politiques ?
Les partis politiques se plaignent d’avoir été écartés par le président Sambi dans la recherche d’une solution à la crise anjouanaise. Il en est de même pour la société civile et l’assemblée de l’Union. Ce sont pourtant des acteurs clés de la scène nationale. Aujourd’hui, chacun de ces acteurs nationaux essaie de se positionner et d’émettre ses propositions de sortie de crise. Sauf que les propositions de l’opposition sont jugées irrecevables comme la mise en place d’un Etat-major conjoint AND-FGA. En tout cas, il y a dans tout ça, des arrière-pensées politiques, c’est sûr. Aux Comores, hier comme aujourd’hui, on n’agit jamais en toute innocence !
ALI Mohamed: Croyez-vous en un débarquement militaire que ça soit de l'AND ou de l'Union Africaine ?
A mon humble avis, l'Union Africaine ne va pas procéder à une intervention militaire à Anjouan. Pour en arriver jusqu'à une telle décision, il faut passer par un certain nombre de procédures, les unes plus compliquées que les autres. Il faut un consensus général au niveau de l’UA. Il faut aussi que, par exemple, les parlements de chaque pays se prononcent, etc…..Et ce n’est pas gagné. Quant au débarquement de l'AND, c’est possible. Mais, la vraie question est de savoir si notre armée a vraiment les moyens de gagner cette guerre.
Pseudo 78: Pensez-vous que l'Etat comorien jugera les séparatistes ?
Un jour ou l'autre, l'Etat comorien fouillera dans les poubelles de son histoire. Le séparatisme a fait beaucoup de tort à notre pays pour laisser les auteurs de cette trahison dormir tranquillement jusqu'à la fin de leurs jours. Si aujourd'hui, ils bénéficient d'une certaine impunité, il n'est pas sûr que les régimes qui suivront les laisseront en paix. De par le monde, des exemples ne manquent pas.
Ali: Quel rôle jouent les journalistes comoriens dans ce conflit interne ?
Je crois que les journalistes ont toujours été à la pointe du combat contre le séparatisme. Mohamed Boudouri, journaliste et correspondant d’Al-watwan à Anjouan, a eu du maille à partir avec les séparatistes parce qu’il n’a eu de cesse de dénoncer ce mouvement. D’ailleurs, les journalistes comoriens lui ont décerné un prix pour cet engagement contre le séparatisme. Il a été certes menacé mais, à aucun moment il n’a cédé aux sirènes des séparatistes. Aujourd’hui, quand je lis les articles d’Al-watwan sur la crise à Anjouan, on constate un certain engagement contre les rebelles de Bacar. On tombe souvent sur des articles particulièrement durs contre Caambi, Mjamaw..
Chat modéré par Djamal M'SA ALI
Mercredi 12 décembre 2007 à 15 h 00 (heure de Paris)
inoussa que ce que tu attends comme reaction de la part tous comoriens ,je parle pas de journaliste,je parle de tout comoriens ki connais caanbi et mjamawe et halidi etc...des personnes qui changent de veste juste pour des biscuits?tu attends kon leur donne des medailles?arrete...les critiques sont un cadeau ils meritnent qu'on les fusille!
Merci Inoussa pour ces analyses très fines de la situation qui prévaut dans notre pays et particulièrement à Anjouan.
Merci aussi pour ton appel à plus de modération dans ce blog car quelques fois, on se demande si certains veulent vraiment que les Comores s'en sortent...
Ce n'est que son analyse, mais je trouve qu'il ne maitrise pas trop bien la situation de la crise Anjouanaise.Sinon ou en est-on avec la chanson de Kiemba :« Si la communauté internationale ne parvient toujours pas à organiser une élection à Anjouan et si l'AND n'est pas intervenue à Anjouan, je m'engage ici à présenter ma démission ».
« s'il arrive que la solution doit forcément être le débarquement militaire, l'armée nationale ira à Anjouan ». Ou bien c'est juste de la démaguogie pour que notre foundi gagne du temps pour voyager empocher beaucoup de sous.Il y aura débarquemnt ou démission ? Les proches de Sambi, pouvez-vous nous donner plus de précision.
bonsoir, j'aprecie pour le communique de nos amis mjamawe halidi canmbi shkoutri ariane comme certains l'ont surnome peut etre que c'a a un rapport avec sa femme en tout cas si mon frere recolte pensent qu'il faut les fusille je serais entierement de son avis. apres tout a ce qu'il parrait ces gens tranent une reputation de changeur de veste juste pour des biscuits. et pour les medailles ca atendras mais pour ma part j'appelerais a un peu plus de moderation dans ce blog. meme si c'est a se demande ou est l'honneur et pour les medailles on s'en fout