Posté le 30.01.2008 par inoussa
La Lybie est aux petits soins du président Sambi. Ou plutôt le contraire. En tout cas, entre Sambi et le Guide de la Jamahiriya arabe libyenne, chacun cherche à séduire l’autre. D’une part, le chef de l’Etat comorien a besoin de la précieuse aide de Tripoli dans son expédition militaire à Anjouan. D’autre part, à la veille du sommet de l’Union Africaine, la Lybie cherche à s’attirer la sympathie de son homologue comorien dans la guerre qui lui opposera au Sud-africain Thabo Mbeki. Car, il faut dire que le débat sur les Etats-Unis d’Afrique ne manquera pas, encore une fois, de ressurgir au cours des discussions. Entres les volontaristes, c’est-à-dire les avocats d'une intégration à marche forcée, et les gradualistes (adeptes d'une alliance d'Etats souverains et partisans d'un renforcement préalable des entités sous-régionales), la guerre fait rage. Les deux camps sont respectivement conduits par Mouammar Kaddafi et M. Mbeki. En invitant le président Sambi en Lybie, le Guide a voulu couper l’herbe sous le pied de son homologue sud-africain, qui s’impose aujourd’hui comme le géant de la région. Il parait que les positions pro-kadaffiennes des Comores n’ont pas l’heur de plaire à Pretoria. A trois reprises, l’Afrique du Sud a refusé de recevoir une délégation du ministère comorien des Affaires étrangères en invoquant des problèmes de calendrier. Entre Pretoria et Moroni, ce n’est plus le grand amour. De nombreux cadres comoriens rompus aux arcanes de la diplomatie estiment qu’entre l’Afrique du Sud et la Lybie, il aurait fallu miser sur le premier cheval. Pretoria, candidat à un siège au conseil de sécurité des Nations unies, a beaucoup d’arguments à faire valoir que Tripoli, qui vient juste de regagner le concert des nations après plusieurs années de bannissement.
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Posté le 30.01.2008 par inoussa
L’intervention militaire à Anjouan se précise au fil des jours. Tout serait fin prêt ou presque. Si l’assaut n’a pas été donné le week-end dernier, c’est en raison, d’une part, de la dépression tropicale signalée dans la région, et, d’autre part, de certaines informations qui auraient été fournies au gouvernement par des RG étrangers. A Moroni, on semble sous-estimer, dit-on, la capacité de riposte de Mohamed Bacar alors qu’il disposerait, selon ces mêmes sources, d’une force de frappe très sérieuse.
La sérénité affichée jusqu’ici par les autorités anjouanaises a, il est vrai, quelque chose de troublant. En effet, malgré les menaces répétées du chef de l’Etat et la puissance de feu que déploie l’armée nationale, Mutsamudu refuse toujours d’infléchir sa position et, pire, multiplie les rodomontades à l’endroit de l’Union. Pas plus tard qu’il y a une semaine, Mohamed Abdou Madi a clairement dit qu’Anjouan attend avec une certaine impatience les militaires de l’And. La semaine dernière, certains croyaient que le colonel Bacar allait saisir l’offre de médiation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pour se tirer d’affaire, il n’en est rien. Il y a de quoi se poser vraiment des questions !
Au sein de l’armée nationale, on a commencé à prendre très au sérieux l’opération. Ce ne sera pas une simple promenade de santé comme l’avaient prévu certains militaires de base. Le chef de l’état-major sait qu’il n’y a pas de petite guerre et essaie de prendre toutes les précautions nécessaires. A tout prix, il sait qu’il doit gagner la guerre. Il en va de la crédibilité de l’armée nationale et de lui-même. Mais, le colonel Salimou sait surtout qu’un échec à Anjouan consacrera la partition définitive de l’archipel. Il sera très difficile de recoller les morceaux.
Selon des sources sûres, les derniers équipements de l’opération militaire à Anjouan viennent d’arriver à Itsoundzou, dont trois hélicoptères. Ils seront prochainement acheminés à Mohéli.
Posté le 28.01.2008 par inoussa
Bruits de bottes à Mohéli où arrivent, au compte-goutte, les militaires chargés de mener l’expédition militaire contre les autorités séparatistes à Anjouan. Une partie de la logistique est sur place et l’état-major effectue d’incessants allers-retours entre Moroni et Fomboni. D’autres militaires devront, les heures à venir, rejoindre leurs frères d’armes dans l’île de Djoumbé Fatima. Il ne restera plus alors que fixer la date de l’intervention. L’on avait cru, un moment, que l’assaut allait être donné ce week-end, mais le mauvais temps en aurait décidé autrement. En effet, un cyclone serait entrain de se former dans la zone de l’Océan indien. Une fois encore, le débarquement que l’on dit toujours imminent est repoussé à une date ultérieure. Entendez : jusqu’au retour à une situation atmosphérique normale. L’on se demande, à raison d’ailleurs, si, à force de reporter cette intervention militaire à Anjouan, on ne finira pas par harasser le moral des troupes.
Mais, à Moroni, les mauvaises langues vont bon train. On continue de ne plus croire à un débarquement de l’armée nationale à Anjouan, malgré les assurances du gouvernement. Certains voient mal comment le président Sambi pourra résister aussi longtemps à la pression d’une communauté internationale (France, Etats-Unis, Union Africaine,…) franchement opposée à toute action militaire contre les autorités séparatistes.
Le départ du chef de l’Etat à Tripoli, à bord d’un appareil spécial dépêché à Moroni par le Guide de la Jamahiriya arabe libyenne, alimente la polémique à Moroni. On dit notamment qu’à son retour, Sambi va officiellement renoncer au débarquement. Chose improbable si l’on s’en tient à la position affichée jusqu’ici par les autorités de Tripoli. D’autres pensent qu’au Sommet de l’UA, le 31 janvier à Addis-Abeba, il sera prié d’abandonner toute tentative d’employer la force à Anjouan, en échange d’une promesse ferme de l’UA de déloger Mohamed Bacar et d’organiser un nouveau scrutin sur l’île. Il faut dire que le président Sambi n’avait toujours pas, jusqu’à hier, dimanche 27 janvier, confirmé sa participation à ce sommet de l’UA. On lui aurait donc forcé la main !
Avant son départ vers Tripoli, comme pour rassurer la population sur l’intervention militaire de l’And à Anjouan, il a déclaré : «
Je veux saisir cette occasions en or, pour rallier ceux qui, jusqu'à présents n'ont pas compris notre position. Nous avons en effet besoin du plus large soutien diplomatique possible. Toutefois, et je le précise, il ne s'agit pas de discuter de la nécessité ou non d'intervenir à Anjouan. Dans tous les cas, nous interviendrons à Anjouan, soit pacifiquement, soit par la force. Les comoriens pourront d'ailleurs suivre mon discours pour en juger. Mais nous souhaiterions le soutien de tous » (Voir le site de la présidence).
Posté le 25.01.2008 par inoussa
Le président de l’île de Ngazidja, M. Mohamed Abdouloihabi, vient de mettre en place une commission chargée d’identifier et de mobiliser les moyens adéquats pour parer aux risques d’une éventuelle intervention militaire à Anjouan.
Si le gouvernement Abdouloihabi regrette de n’avoir pas été associé à l’initiative d’une intervention miliaire à Anjouan, il n’entend pas, pour autant, baisser la garde et regarder le train passer. Tout simplement parce que, selon Said Toihir Said Ahmed, Ngazidja n’échappera jamais aux conséquences d’un conflit armé sur l’île sœur. C’est donc pour faire face à cette éventualité qu’une commission, composée notamment du conseiller privé de M. Abdouloihabi, du directeur général de la police de Ngazidja, du président du Croissant-Rouge et du directeur général de la santé, vient d’être créée à la présidence de l’île. Elle est chargée précisément « d’identifier les besoins relatifs aux secours des blessés et déplacés, d’assurer le fonctionnement des centres de soins et des lieux d’accueil, d’assurer la sécurité et la protection des personnes et de leurs biens, de coordonner les activités de secours et d’assistance avec les partenaires et, enfin, de mobiliser les ressources matérielles, financières et humaines ». Cette commission a rendu, le lundi 21 janvier, sa première copie : une plate-forme des besoins prioritaires avec un budget estimatif à la clé. Plus de 67 millions de Fc sont à rechercher pour la mise en œuvre ce plan de prévention et de gestion des risques en cas d’une action militaire contre Anjouan. Le gouvernement de Ngazidja veut mettre à contribution les partenaires des Comores et les autres organisations à caractère humanitaire qui opèrent à Moroni. La commission a également rencontré le vice-président en charge de la santé, M Iklilou Dhoinine, qui, à en croire toujours le secrétaire général de la présidence, a été agréablement surpris par l’initiative des autorités de Ngazidja et leur a demandé de transmettre une copie du plan au gouvernement de Mohéli pour qu’il en fasse de même. « Voyez-vous, aucune précaution n’a été prise au niveau de l’Union et Abdouloihabi avait raison de dire que toutes les conditions n’étaient pas encore réunies pour faire la guerre » a-t-il dit.
M. Said Ahmed Said Toihir a, en outre, confirmé l’existence d’un profond désaccord entre le chef de l’Etat et le président de l’île de Ngazidja au sujet du transfert des compétences. « Cela ne pouvait être autrement. Chacun cherche, en effet, à défendre son espace de pouvoir et à faire valoir ses prérogatives. Mais, que l’on se rassure, Abdouloihabi a pris l’engagement de ne jamais brader les intérêts de Ngazidja » a-t-il poursuivi. Interrogé sur cette décision du gouvernement de Ngazidja de s’impliquer aujourd’hui dans un conflit dont il a été tenu à l’écart, Said Toihir a d’abord déploré cette aventure cavalière de l’exécutif de l’Union avant de préciser : « Oui, la défense de l’intégrité territoriale de notre pas relève du chef de l’Etat, mais Ngazidja ne peut aujourd’hui contribuer au budget national à 99% et être complètement ignoré dans une décision d’intervention militaire. Ensuite, l’île comptera des militaires dans l’expédition et accueille de nombreux déplacés en provenance d’Anjouan, alors, nous devions quand même être associés».
Posté le 25.01.2008 par inoussa
Un journal « ridicule » et à la solde du régime, des choix éditoriaux très discutables,….Mon ami Ali Mmadi a cru bon, dans un pamphlet publié sur le site Kweli, de s’en prendre, toutes griffes dehors, au journal Al-watwan. Une belle volée de bois vert ! Le crime de l’hebdomadaire est, tenez-vous bien, d’avoir écrit que la cote de popularité du colonel Azali est en chute. Cher ami, tu as manqué une occasion de garder ton sang-froid, pourtant légendaire ! Ta plume, trempée dans du fiel, dégouline d’azalisme, à ma très grande surprise. Avant d’en venir à l’essentiel de tes critiques, combien superficielles et impertinentes à souhait, je voudrais d’abord te dire, en toute modestie, qu’il n’y a rien de honteux à travailler dans un organe d’Etat comme tu l’insinues dans ta diatribe. Il s’agit d’une vieille conception du journalisme. Les journalistes de la presse privée ne sont pas plus indépendants et objectifs que les autres. En quoi, Ali, France 2 est-elle moins libre que TF 1 où, pas plus tard qu’il y a un mois, un livre vient de dénoncer les connivences et autres collusions entre la station et le pouvoir politique ? De grâce, les journalistes d’Al-watwan sont loin d’être des griots à la solde de Sambi, n’en déplaise à certains.
Mais, allons-y à l’essentiel. A la lecture de ton article, on comprend, finalement, que le baromètre de la semaine, cette nouvelle rubrique d’Al-watwan, est directement inspiré de Beit-salam, juste pour descendre en flamme, les uns après les autres, les opposants au régime en place. Un vrai procès d’intention à la hitlérienne ! Cher ami, détrompe-toi ! Le choix des personnalités (du baromètre) relève de la rédaction et d’elle seule. La preuve ? Le ministre des Finances, qui fait pourtant partie des pontes du pouvoir, est, cette semaine, épinglé pour son incapacité à assurer le versement régulier des salaires des fonctionnaires. Oui, cela fera grincer des dents, sûrement, dans les rangs du gouvernement, mais le journal assume. Vois-tu, tu as tort sur toute la ligne ! En hausse aujourd’hui une personnalité qui n’a aucune attache avec le régime : Said Abdillah, patron de la Banque pour le développement des Comores (BDC). C’est te dire, Ali, que les journalistes d’Al-watwan ne sont pas là, comme tu le prétends, pour cirer les godasses crasseuses du gouvernement.
Alors, pourquoi Azali? Tu sembles critiquer ce choix sans arriver à convaincre personne. Quand tu dis qu’une décision judiciaire ne se commente pas, pour justifier le silence de l’ex-président (d’ailleurs quel bagout !), j’ai franchement envie de rigoler. Je t’apprends que la CRC a toujours dénoncé, s’agissant de l’emprisonnement des principaux responsables de ce parti, un procès aux relents politiques. Je t’apprends aussi que l’avocat du gouvernement, déplore elle-même une immixtion grossière du politique dans le judiciaire. Alors, Azali n’aurait pas été le premier à dénoncer l’instrumentalisation de la justice. Cher Ali, ce ne sont pas des sous-fifres de la CRC qui sont aujourd’hui en tôle. Il s’agit des numéros 2 et 3 de ce régime. A travers eux, c’est le système Azali et la pratique gouvernementale du pouvoir qui sont décriées. A chacun d’apprécier ! Et quand tu demandes sur quel échantillon s’est fondé Al-watwan pour établir ce baromètre, j’ai envie de te dire qu’un baromètre est ce qu’il est : une évaluation instantanée de la côte de popularité d’une personnalité, non un sondage d’opinion. Difficile d’être à mille lieues des Comores et d’apprécier le niveau de popularité des acteurs politiques locaux. Je ne t’en tiens pas rigueur, Ali. Par contre, pour la seconde fois, il faudra prendre le temps de relire ton article et de booster ton argumentation. Et, puis, un peu de modestie ne nuit pas. Le ton professoral de ton texte fait sourire ici, au siège du journal.
S’agissant du lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amiri, je ne sais pas franchement ce que tu as contre le chef d’état-major de l’AND ; je vous invite simplement à faire le tour des trois îles et tu verras combien il est très populaire pour sa détermination dans cette crise anjouanaise et son langage peu coutumier. Pour la première fois, il a posé la question de l’utilité d’une armée nationale si cette même armée n’arrive pas à défendre l’intégrité territoriale du pays, sa principale raison d’être. Encore une fois, ton éloignement des Comores t’exonère de cette erreur d’appréciation, toujours est-il qu’à force de taper sur Al-watwan sans aucune raison valable, comme tu le fais souvent dans nos discussions très animées, tu risques de paraître « ridicule ». Al-watwan n’est pas exempt de critiques, pas plus qu’il ne prétend être l’exemple parfait d’une presse libre, mais, il a le mérite aujourd’hui de dire ce qu’il pense, en toute liberté et sans ces ciseaux de jadis. S’il m’était demandé de citer la principale avancée démocratique du régime Sambi, je citerais ce vent de liberté qui souffle sur Al-watwan. Pour vu que ça dure !
Amitiés
Ton frère et ami, Inoussa
Posté le 25.01.2008 par inoussa
Nous reprenons ici la dépêche de l'agence Apa news sur la mission de J. Fransco Madeira à Moroni. M. Inoussa est le correspondant de cette agence aux Comores.
APA-Moroni (Comores) L’Union africaine continue de travailler avec les autorités comoriennes pour trouver ensemble un règlement rapide à la crise séparatiste qui secoue l’île d’Anjouan, a déclaré jeudi en fin d’après-midi l’ambassadeur mozambicain J. Francesco Madeira, envoyé spécial du président de la Commission de l’UA sur la crise anjouanaise, à l’issue d’une rencontre avec le président comorien, M. Ahmed Abdallah Sambi.
Cette entrevue de M. Madeira avec le président Sambi intervient trois jours après la décision du Comité de paix et de sécurité (CPS) de l’UA de proroger de trente jours les sanctions précédemment imposées aux autorités anjouanaises, mais surtout à la veille d’une probable intervention de l’armée nationale sur l’île.
L’ambassadeur mozambicain, qui était porteur d’un message du président Alpha Oumar Konaré au chef de l’Etat comorien, a annoncé la tenue, le 28 janvier prochain à Addis-Abeba, d’une réunion ministérielle des pays de la région pour examiner les derniers développements de la situation à Anjouan.
A la question de savoir si l’UA allait se ranger, en cas d’une intervention militaire, derrière l’Etat comorien, Madeira a indiqué qu’il s’agissait bien d’une question de souveraineté. « Nous respectons et continuerons toujours de respecter les décisions du président Sambi. Les Comores sont un pays souverain », a-t-il déclaré.
Sur les nombreux déplacés qui fuient, par centaines, Anjouan vers les deux autres îles de l’archipel (Grande Comore et Mohéli), M. Madeira a profondément regretté cet exode massif, avant d’ajouter : « Ce sont les effets collatéraux des exactions de Mohamed Bacar (le chef séparatiste de l’île) ».
La population anjouanaise vit sous la terreur depuis près de deux semaines, selon des témoignages, les arrestations arbitraires des opposants au régime s’étant multipliées ces derniers jours.
Selon la Fédération comorienne des droits de l’homme (FCDH), plus d’une trentaine de femmes anjouanaises auraient été violées par la Force de gendarmerie d’Anjouan (FGA), la milice armée de Bacar.
Avant l’arrivée de cette délégation de l’UA à Moroni, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) avait dépêché, une journée plus tôt, un émissaire spécial, en l’occurrence le professeur André Salifou, auprès du colonel Bacar pour tenter une ultime médiation. Mais, tout indique que les autorités anjouanaises ont campé sur leurs positions.
Posté le 24.01.2008 par inoussa
Non, Sambi n’a pas l’intention de renoncer à l’intervention militaire à Anjouan. Rumeur et contre-rumeur à Moroni. Certes, des proches du chef de l’Etat tentent encore de l’en dissuader et l’ont rencontré à maintes reprises à ce sujet, mais la position de Sambi n’aurait pas varié d’un iota. Ce matin, il était prévu une réunion de notables autour du secrétaire général de la présidence pour demander au président de surseoir au débarquement, mais il est fort probable qu’il ne cède pas. Selon des sources dignes de foi, une cellule de crise vient juste d’être mise en place pour régler les derniers détails de l’opération. Elle serait composée de militaires et de civils. Obligation aurait été faite aux membres de cette cellule de se passer provisoirement de leurs portables, histoire d’éviter toute fuite d’information. Les ambassades en poste à Moroni seraient priées de « rapatrier » leurs ressortissants à Moroni. A en croire toujours certaines sources, le chef de l’Etat aurait opposé une fin de non recevoir à une demande de rendez-vous de l’ambassadeur de France.
Posté le 24.01.2008 par inoussa
Au palais présidentiel de Beit-salam, l’heure n’est pas à la fête. Ce n’est plus la bonne ambiance de jadis. Les conseillers du président y entrent, le visage toujours crispé. Entre eux, c’est la guerre. On s’insulte sous la cape et on s’envoie de jolis noms d’oiseaux. Devinez, par exemple, qui est Gaston Lagaffe ou Lagaffe tout court ? C’est bien le conseiller diplomatique du président pour, dit-on, ses nombreuses bévues. Imadoudinne Hamidoune, le conseiller en communication, est moqué de tous ; on le dit sur le départ tant le proche entourage du président l’a à l’œil. Entre le chef du protocole Djaffar et l’intendant en chef, Bourhane Hamidou, le courant ne passerait pas très bien. Il en est de même entre le conseiller privé Oumbad et le conseiller spécial, Mahmoud. Le chef de l’Etat ne serait pas au parfum de toutes ces petites querelles interpersonnelles. A l’heure où Sambi a le plus besoin de cohésion autour de lui, voilà que c’est la débandade.
Posté le 24.01.2008 par inoussa
Selon des sources officielles, le président recevra, cet après-midi, l’ambassadeur José Francesico Madeira, envoyé spécial de l’Union africaine à Moroni. Des notables de Ngazidja devaient être reçus en fin de matinée à Beit-salam. Nous vous tiendrons au courant de ces deux rencontres capitales.
Posté le 23.01.2008 par inoussa
« Je commence à être sceptique. Selon des informations que nous avons recueillies hier, le débarquement pourrait ne pas avoir lieu. Mais, appelez-moi cet après-midi, je vais chercher à confirmer ces informations ». L’auteur de cette déclaration est un proche du régime, membre du FNJ (Font national pour la justice). Son parti vient d’adhérer à l’initiative du chef de l’Etat d’employer la force contre les autorités rebelles d’Anjouan. Il n’est pas le seul à afficher ouvertement son scepticisme. En effet, depuis quatre jours, des notables seraient approchés par Beit-salam pour faire avorter cette intervention militaire, et ce à travers une vaste mobilisation populaire. Cette rumeur, s’il faut encore la prendre comme telle tant elle ne repose pas sur aucune source officielle, court ces temps-ci les rues de Moroni. D’autres perçoivent mal, par contre, comment le président Sambi pourrait-il aujourd’hui se rétracter après avoir clamé sur tous les toits qu’il ira, avec l’armée nationale, libérer Anjouan. Le chef d’état-major n’a-t-il pas dit, il y a deux semaines, que le débarquement n’était pas une éventualité, mais plutôt une certitude ? Pourquoi le chef de l’Etat consacrerait-il tant d’énergie à cette question si, au finish, il allait renoncer à l’opération ? Et si on le prenait au mot ? Car, il faut dire que, dans son discours du 13 octobre dernier à l’occasion de l’Ide el fitr, il avait clairement mis en jeu son mandat en évoquant une éventuelle démission. La renonciation à une option militaire l’obligera, théoriquement et selon son engagement initial, à remettre donc son tablier et, du même coup, à ouvrir une autre crise institutionnelle. Mais, espérons qu’on n’en arrivera pas là parce que la mission de l’Organisation de la Francophonie dépêchée à Anjouan aura réussi à venir à bout de l’intransigeance de Mohamed Bacar. Amin.