Publié le 30/09/2009 à 10:32 par inoussa
Les institutions, les relations entre le pouvoir de l’Union et l’île autonome de Ngazidja, l’évolution de la situation politique, la question de Mayotte et les relations du pays avec les partenaires internationaux, notamment le Fmi, sont les points abordés au cours de cette rencontre qui a durée plus de deux heures.
Evoquant la question relative au changement constitutionnelle intervenu le 17 mai dernier, il fera remarquer que celle-ci a « vidé de toute sa substance l’autonomie des îles ». « Les compétences des îles autonomes sont très limitées. Nous sommes écartés de la gestion des sociétés d’Etat », a-t-il enchaîné. Pour Mohamed Abdouloihabi, l’absence des Assemblées de l’Union ainsi que celles des îles a ouvert « un boulevard pour l’installation d’un Etat géré en dehors de toute norme constitutionnelle au sein duquel les vœux du chef font office de loi ».
Alors que l’on s’achemine vers l’organisation des législatives, cette haute autorité de l’île de Ngazidja se demande si le pays dispose des moyens suffisants pour organiser ces élections suivies de celles des primaires pour la tournante de Mohéli en début d’année prochaine. « Pour nous, la priorité des priorités est que la présidence tournante soit organisée à Mwali en 2010, afin d’éviter un éclatement du pays ».
Le chef de l’exécutif de Ngazidja s’est ensuite plaint des « humiliations » subies par les autorités de l’île. « On nous a ôté les apparats, retiré nos avantages », a-t-il relevé indiquant qu’en ce moment il est privé de téléphone aussi bien au bureau qu’à son domicile. « On est allé même jusqu’à nous priver de nos salaires. Tout cela parce que nous n'acceptons pas les appellations de gouverneurs et de commissaires », a-t-il mentionné. Malgré ces « brimades », il refuse de céder. « J'ai été élu président de l’île pour un mandat de cinq ans. Je n’accepterai jamais l’appellation de gouverneur », a-t-il lancé, sur un ton ferme. « Nous estimons que le consensus doit primer en cette période transitoire », a-t-il clamé.
Abordant la question de Mayotte, il a noté que toute solution à ce différend entre les Comores et son ancienne puissance coloniale, la France, doit passer par des négociations privilégiant le volet social et économique.
Mohamed Abdouloihabi, s’est enfin attaqué au sujet du récent accord entre le FMI et l’Etat comorien. Il s’est interrogé sur la « fiabilité » des chiffres communiqués par le gouvernement à cette institution de Bretton Wood. « Si les données livrées ne sont pas fiables alors notre programme ne sera qu’un château de carte », s’est-il inquiété. Avant d’ajouter « Si nous voulons réussir ce programme nous devons nous réunir pour voir comment nous pourrons faire afin de pouvoir respecter les engagements pris auprès de cette institution ».
Faïssoili Abdou
Malango
Publié le 27/09/2009 à 15:59 par inoussa
Une erreur de pilotage serait à l'origine du crash de la Yemenia, qui a fait 152 morts le 30 juin au large des Comores, selon une association de familles de victimes.
Les éléments recueillis dans les boîtes noires indiquent que le commandant de bord de l'Airbus A320 n'a pas respecté les consignes d'atterrissage qu'il avait reçues en fonction de la météo", a déclaré samedi 26 septembre le président d'une association des familles des victimes du crash du Yemenia, Ahmed Mohamed. Selon les éléments communiqués jeudi à l'association, il y avait un vent de quarante nœuds sur la zone et le pilote s'est vu conseiller d'atterrir selon une trajectoire qu'il n'a pas respectée.
L'hypothèse d'une défaillance technique
"Il se serait posé trop vite", a indiqué un avocat spécialiste des crashs aériens que l'association va engager pour obtenir réparation. Cette hypothèse d'une erreur de pilotage ne satisfait pas totalement l'association. "Y a-t-il eu aussi un problème mécanique, électronique? On espère avoir suffisamment de réponses dans les semaines qui viennent", a ajouté son président. Selon une source proche du dossier, l'hypothèse d'une défaillance d'un signal de réception dans l'avion, servant à le positionner par rapport à la piste lors de l'atterrissage, est également envisagée.
Le soutien de la France
Les boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées fin août. Les autorités comoriennes sont officiellement en charge de l'enquête sur l'accident, mais ont demandé l'assistance du Bureau d'enquêtes et d'analyses en France. Le président de l'association a souhaité que le rapport d'enquête définitif soit remis "dans les meilleurs délais" par les autorités comoriennes. "On doit les faire bouger pour qu'ils nous parlent", a déclaré Ahmed Mohamed. Un second rapport doit être remis dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Bobigny.
Retard des indemnisations
L'association a précisé également que Yemenia Airways avait proposé aux familles de verser une avance sur indemnisation à hauteur de 20.000 euros par victime, mais que rien n'avait encore été versé, les assureurs de la compagnie laissant traîner l'affaire. Le conseil régional Provence-Alpes-Côte-D'azur a mis à disposition une aide globale de 67.000 euros. A Paris, huit familles de victimes ont assigné Yemenia pour obtenir une avance sur dommages et intérêts, l'audience étant prévue le 7 octobre devant le juge des référés. Sur les 152 personnes décédées dans le crash, 61 avaient embarqué à Marseille. Leurs familles sont représentées au sein de deux associations.
(Nouvelobs.com avec AFP)
Publié le 25/09/2009 à 11:12 par inoussa
Monsieur le Président,
Je voudrais, pour une fois, ne pas conclure mon discours par la question de l’île comorienne de Mayotte, comme j’ai coutume de le faire. Je me permets d’aborder en priorité ce sujet sensible qui touche à l’unité et à
l’intégrité des Comores, à son histoire, au droit international mais aussi à la paix dans la région de l’Océan Indien. L’Assemblée générale des Nations Unies a, à maintes reprises, reprouvé la présence française dans l’île comorienne de Mayotte, parce que les Comores ont été admises au sein de la Communauté internationale, dans ses frontières coloniales, comprenant les îles de Mayotte, d’Anjouan, de Mohéli et de la Grande Comore. Malgré les multiples résolutions pertinentes sans appel des Nations Unies, des consultations passées et ultérieures organisées dans l’île, la France continue de tenir des referendums à Mayotte pour ancrer définitivement cette île comorienne à la République française.
Ces consultations ont permis de changer plusieurs fois le statut de l’île comorienne de Mayotte, seulement dans le cadre du droit interne français jusqu’à transformer cette île, par la dernière consultation, en cent unième département français. Il faut noter, par ailleurs, que les relations entre la France et les Comores sont particulières. En effet, malgré ce différend né de la separation d’une île de ces trois autres soeurs, handicapant ainsi l’archipel des Comores en le transformant en une vache à trois pattes, comme disait feu le Président Ahmed Abdallah Abderemane, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les Comores entretiennent un partenariat privilégié avec la France.
La France est présente aux Comores en ce sens qu’elle est toujours associée à la communauté internationale dans les grandes décisions qui engagent l’avenir de mon pays. La France reste le premier partenaire économique des Comores. Elle fait partie des grands contributeurs de l’aide au développement dans mon pays. Plus de deux cent mille Comoriens vivent sur le sol français. Voilà quelques exemples pour vous montrer qu’aucune hostilité n’existe entre nos deux peuples ni nos deux pays.
Et nous avons la ferme volonté, non seulement, de poursuivre ce partenariat privilégié mais même de le raffermir davantage. Toutefois, cette volonté d’entente ne peut en aucun cas constituer une renonciation de notre ferme attachement à l’ intégrité territoriale de notre pays. C’est dans ce sens, Excellences Mesdames et Messieurs, que j’ai pris l’initiative de venir presenter à la France, de façon solennelle, en prenant à temoin l’ensemble de la
Communauté internationale, une proposition de règlement de ce différend.
En effet, je propose à la France de reconnaître la vocation des quatre îles de l’Archipel des Comores à rester une nation indivisible gérée sur la base du principe d’un pays, deux administrations. J’entends par ce principe, que la France reconnaisse la souveraineté entière de l’Union des Comores sur l’ensemble de son territoire tout en continuant à administrer l’île comorienne de Mayotte.
Bien evidemment, les deux parties devront parvenir a un compromis sur la durée de cette présence française sur l’île comorienne de Mayotte. En contrepartie, nous demandons à la France, d’accompagner activement le développement économique des trois autres îles pour qu’un certain équilibre soit trouvé dans l’ensemble de l’Archipel, un équilibre qui favorisera nécessairement un rapprochement harmonieux des uns vers les autres, et qui permettra à l’île comorienne de Mayotte de rejoindre, enfin, son giron naturel.
Ce processus permettra à nos frères et soeurs mahorais de préserver leurs acquis sociaux et leur niveau de vie, et aux trois autres îles de relever les nombreux défis de développement auxquels elles sont confrontées.
Je suis persuadé que ces nouvelles propositions, qui devraient rentrer dans le cadre des négociations entre la France et les Comores, trouveraient un denouement heureux avec l’accompagnement actif de l’ensemble de la Communauté internationale. Entre la France et les Comores, il y a presque deux siècles de vie commune, deux
siècles d’Histoire, de Culture et de Langue en partage.
Nous n’avons pas le droit de gâcher ce patrimoine en laissant persister les malentendus, en laissant perdurer ces drames qui transforment le bras de mer entre Anjouan et Mayotte, en un des plus grands cimetières marins du monde. C’est pour toutes ces ces raisons que nous venons ainsi, à la face du monde, montrer notre bonne volonté qui, nous osons espérer, ne sera jamais annihilée par une attitude d’inflexibilité ou d’intransigeance.
Excellences;
Mesdames et Messieurs;
Nous nous réunissons chaque année dans cette préstigieuse enceinte pour débattre des questions liées à la paix, à la sécurité et au développement. Force est de constater que malheureusement, les efforts consentis ne s’avèrent
pas toujours concluants puisqu’à ce jour, les défis à relever restent nombreux et leurs conséquences sur nos pays et nos peuples deviennent de plus en plus néfastes. Certes des progres sont enregistrés ici et là, toutefois, nos peuples continuent a souffrir de la faim, de la malnutrition et des maladies. Nos enfants ne bénéficient toujours pas d’un enseignement de qualité nécesaire pour leur assurer un meilleur avenir. Les soins de santé restent encore un luxe pour la plupart de nos citoyens. Certains de nos villages et même de nos villes manquent uellement de services sociaux de base, voire même d’eau potable et d’électricité. Enfin, nos pays et plus particulièrement les Petits Etats Insulaires comme le mien sont menacés par des catastrophes naturelles multiples dont les conséquences ne font qu’aggraver une situation socio-économique déjà fragile. Certains mêmes de nos pays risquent de ne plus figurer sur la carte du monde dans quelques années. Cette situation catastrophique qui prevaut à une époque ou paradoxalement des avancées techniques et technologiques énormes sont enregistrées
quotidiennement dans le monde, doit nous interpeller et nous inciter à redoubler d’efforts
en vue de trouver des reponses appropriées.
Ainsi, une réelle mobilisation internationale et plus particulièrement des pays les plus nantis face à tous les défis auxquels nos pays sont confrontés, s’impose. Nous devons mener une action concrète, urgente et concertée et agir de façon determinée pour faire face aux conséquences des crises économiques, financières et alimentaires qui frappent nos pays, sans distinction aucune. J’estime qu’il est temps de faire preuve de solidarité agissante et de pragmatisme, si nous voulons que nos discours se traduisent en actions concrètes et si nous voulons redonner de l’espoir à nos peuples qui n’ont que trop souffert. Bien évidemment, nos pays en développement ne demandent pas à aller sur la lune, du moins pas pour le moment.
Nous demandons tout simplement à ce que nous unissions nos efforts pour satisfaire aux revendications légitimes de nos peuples qui n’aspirent qu’à vivre mieux et dignement, dans la paix et la sérénité. Notre Organisation a un grand rôle à jouer dans la réalisation de cet objectif et pour que sa voix puisse porter aussi loin que nécessaire, il faudrait que nous convenions tous sur la nécessité d’apporter à ses différentes instances les réformes nécéssaires.
En effet, seule une organisation plus représentative, plus démocratique et plus équitable, dans ses différentes structures, sera en mesure de mieux appréhender les problèmes auxquels tous les pays sont confrontés; les comprendre et concevoir les solutions les mieux adaptées pour plus de paix, de stabilité et de développement.
Par ailleurs et dans le cadre du respect des droits de l’Homme et de la bonne gouvernance internationale, il serait souhaitable de lutter contre l’utilisation abusive de « la compétence universelle » en oeuvrant en faveur d’un meilleur encadrement de la compétence mais aussi en faveur de la mise en place d’un organisme de réglementation de ce principe. Il conviendrait également de mieux définir le concept de « la responsabilité de protéger », en se donnant le temps nécessaire à la reflexion par rapport à sa mise en oeuvre.
Mesdames et Messieurs ;
Honorable Assistance ;
La paix et la sécurité restent des conditions éssentielles à la promotion du développement socio-économique.
Ainsi, les situations de conflit qui prévalent dans des nombreuses régions du monde devraient nous interpeller.
Notre solidarité doit se manifester davantage à l’égard des populations de ces régions qui, des années durant, n’ont connu que désolation, désespoir et humiliation.
Aussi, saluons-nous l’initiative entreprise par Son Excellence le Président Obama au Proche Orient et qui laisse présager l’espoir de voir le conflit israélo-palestinien, aboutir à un dénouement à travers une solution juste, équitable et acceptable par les parties et notamment la concrétisation du principe de coéxistence de deux Etats tel que stipulé par les différentes Résolutions des Nations Unies sur ce sujet.
Je saisis d’ailleurs cette opportunité pour saluer la présence parmi nous de Son Excellence le President Barack OBAMA, dont le charisme, le dynamisme et le sens de la justice nous reconforte dans notre espoir de voir les Etats Unis d’Amérique agir avec plus d’engagement et de pragmatisme en faveur de la paix, de la justice et du développement dans le monde.
Je n’oublierai pas l’Irak, l’Afghanistan, la Somalie, la Republique Démocratique du Congo, la Région des Grands Lacs et le Darfour ou des conflits fratricides ne font qu’accentuer davantage la misère et le sous développement.
Aussi, nous exhortons la communauté internationale à apporter son assistance à ces pays frères afin de mettre un terme à cette malheureuse situation.
Je ne peux clore ce chapitre des crises et des conflits sans souhaiter à mes frères et soeurs malgaches une pleine réussite dans les négociations en cours en vue d’une transition pacifique qui puisse conduire rapidement au retour de la paix et de la stabilité dans cette île soeur et à la reprise des efforts en vue de la prosperité économique de cette île.
Je me permets également de réiterer, ici, le soutien indéfectible de l’Union des Comores respectivement à la République Populaire de Chine et au Royaume du Maroc dans leurs efforts légitimes en vue de recouvrer leur intégrité territoriale.
Je voudrais, pour conclure, m’acquitter du noble devoir d’exprimer les vifs remerciements et la profonde gratitude de la délégation comorienne à toutes les autorités américaines et à celles de l’Etat de New York plus particulièrement, pour les bonnes dispositions prises en vue de nous garantir un séjour agréable dans ce grand et beau pays.
Je vous remercie.
Publié le 23/09/2009 à 15:05 par inoussa
Nous vous présentons, à l'occasion de la fête de l'Id el Fitr, nos meilleurs voeux de bonheur, de prospérité et de santé. Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, le président Sambi a annoncé, le 20 septembre, la découverte par des géologues iraniens d'immenses richesses minéralières dans notre sous-sol.
Publié le 17/09/2009 à 06:56 par inoussa
Vous rentrez d’une visite à Mwali, en compagnie de plusieurs barons de l’opposition nationale. Objectifs et résultats de cette visite ?
Je me réjouis du dynamisme, du goût du combat politique qui animent plus que jamais l’opposition nationale en ces temps choisis délibérément par le gouvernement de l’Union pour déstabiliser les institutions, remettre en cause unilatéralement les fondements de l’Accord de Fomboni et installer le pays dans une crise politique larvée aux conséquences désastreuses.
La rencontre de Mwali était la démonstration de l’unité de l’opposition de Ndzuwani, de Mwali et de Ngazidja pour dénoncer la marginalisation de la constitution et de la loi référendaire par le Président Sambi dans sa gouvernance, pour condamner le coup de force contre l’Exécutif de l’île de Ngazidja afin d’annexer son administration, pour exiger le respect des institutions, l’organisation des élections législatives et pour montrer qu’une alternative est possible afin d’encadrer le pays jusqu’au terme du mandat légal du Président Sambi le 26 mai 2010.
Les Exécutifs de Mwali et de Ngazidja ont participé à cette rencontre. Nous soutenons la démarche de l’opposition nationale. Nous nous reconnaissons dans le communiqué qui a sanctionné les travaux et nous sommes certain que la Convergence nationale pour mai 2010 est l’expression du rejet de l’autoritarisme et de la dictature qu’impose le Président Sambi. Elle est la réponse à l’arrogance, à la suffisance et à l’intolérance de ce pouvoir de l’Union qui est devenu tellement aveugle et sourd qu’il ne respecte plus rien même l’éthique de ce mois sacré de ramadan.
Vous avez dit récemment à l’Envoyé Spécial de l’UA, J.F. Madeira que vous étiez prêt à reprendre le dialogue avec les autorités de l’Union. Avez-vous formulé, oui ou non, des préalables à cette reprise des discussions ?
Je suis par conviction un homme de dialogue, un homme de tolérance. La fonction politique exclue la rigidité psychologique et impose l’ouverture d’esprit et l’humilité surtout dans un Etat fédéral comme le nôtre, composé d’entités insulaires qui ont expérimenté une crise séparatiste. Alors, reprendre le dialogue avec les autorités de l’Union oui ! Parce qu’il aurait dû être permanent. Il n’aurait jamais dû s’interrompre. J’ai d’ailleurs écrit au Président Sambi le 12 août 2009 au lendemain de son Coup d’Etat contre le pouvoir de l’île de Ngazidja pour attirer son attention sur les dangers de son acte, lui rappeler les devoirs de sa charge et lui expliquer qu’il n’y avait aucune issue à cette crise qu’il a provoquée que le dialogue entre les Exécutifs de l’Union et des îles, encadré par la Communauté internationale. Des préalables, bien sûr que oui ! D’abord, la libération des autorités de l’île emprisonnées illégalement. La restitution des biens meubles et immeubles, patrimoine de l’île, confisqués ; la restauration de l’autonomie administrative, politique et financière anéantie en violation de la constitution, la participation à ce dialogue de la communauté internationale pour éviter les palabres inutiles sans lendemain, comme nous en avons connu et qui ont toujours été une perte de temps et une tromperie pour l’opinion, parce que le Président Sambi les considérait seulement comme une formalité, une fin en soi.
Comment fonctionne aujourd’hui le gouvernement de Ngazidja avec quatre hauts responsables (dont trois ministres) en prison ?
Cet emprisonnement est une plaie pour notre système judiciaire qui a validé une bêtise politique. J’espère que ce dérapage ne fera pas jurisprudence et que le droit s’affirmera dans toute sa rigueur, dans toute son indépendance pour protéger contre la politique et ses excès. Le Président Sambi a décapité le pouvoir de l’île. Il l’asphyxie financièrement et bloque même les salaires. Il a confisqué les véhicules des autorités insulaires emprisonnées. Il laisse la police harceler, menacer, humilier les autorités de l’île, arrêter et torturer les policiers restés loyaux au pouvoir de l’île. Alors, comment on fonctionne ? Autant qu’on peut. Dans la certitude que cet étouffement est un feu de paille, que la raison s’imposera et que la normalité constitutionnelle s’affirmera parce que le Président Sambi ne peut pas imposer la force aussi longtemps. L’Etat ne fonctionne pas par la force, le mépris et l’arrogance. Il fonctionne selon des normes. On ne peut pas s’en écarter indéfiniment. Les temps sont durs mais nous sommes les femmes et les hommes de la situation. Face à l’arbitraire et au mépris, on ne fléchira pas, malgré les privations et les provocations.
De nombreuses administrations relevant de votre tutelle, notamment les superstructures, n’ont pas perçu leurs traitements du mois de juillet. L’Union estime que vous refusez de vous conformer à la nouvelle donne constitutionnelle du pays. Jusqu’où l’île de Ngazidja peut-elle aller dans cette bataille ?
Les fonctionnaires totalisent plus de sept mois d’arriérés de salaires. C’est un échec pour la gouvernance du Président Sambi. Un tel palmarès exige un peu plus de modestie surtout quand la gabegie et la corruption s’affichent au cœur du pouvoir de l’Union avec arrogance. L’Union a décidé de sanctionner l’administration de l’île et de lui priver de salaires. C’est une conception du pouvoir du « bangwé » et non de l’Etat. Cet exemple prouve bien que nous sommes dans un Etat patrimonial. Dans un Etat organisé, on ne se fait pas justice. S’il y avait un refus de se conformer à la nouvelle donne constitutionnelle, comme vous dites, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas, il existe des instances de régulation, des instances d’arbitrage. Le Président Sambi et son gouvernement ne sont pas à ce que je crois, le juge de la constitution. Qu’on arrête ce mélange de genres et cette idée selon laquelle le Président est au-dessus de la loi et que tout lui est permis et que tout doit lui être soumis.
Je précise d’ailleurs que la rétention du salaire ne concerne pas seulement le mois de juillet. Il s’agit également du mois d’octobre et de deux mois antérieurs à la réforme constitutionnelle du 17 mai 2009 pour tous les agents de l’île et décembre 2008 pour la superstructure et les personnels subalternes qui servent à la présidence et dans ses services rattachés.
Devons-nous accepter les injonctions du Président Sambi et sa conception de l’Etat qui se détachent de la constitution ? Non, bien sûr ! Le Président de Mwali Mohamed Ali Said et moi ne nous soumettrons pas aux caprices du Président Sambi qui prétend que l’application de la loi référendaire du 17 mai 2009 nous oblige à endosser l’appellation de gouverneur et nos ministres celle de commissaires. Je rappelle que la réforme constitutionnelle ne peut pas s’appliquer sur notre mandat en cours car « la loi ne dispose que pour l’avenir ». D’ailleurs, le Président Sambi serait dans l’impossibilité d’appliquer la nouvelle réforme à son propre mandat parce qu’il lui faudrait s’appuyer sur le Vice-président représentant l’île de Ndzuwani qui, lui, devra attendre les prochaines élections présidentielles pour exister. Alors, pourquoi la nouvelle réforme doit-elle impérativement s’appliquer aux Chefs des Exécutifs des îles alors même qu’elle ne peut pas l’être pour le Président de l’Union ? N’est-ce pas là un caprice d’un monarque intolérant ? Ainsi donc, nous résisterons jusqu’à ce que le Président Sambi entende raison et cesse de prendre les pauvres agents de l’administration de l’île en otage ou jusqu’au terme légal de son mandat parce qu’il n’est pas si loin.
Comment expliquez-vous le dépassement de 5 millions constaté en juillet dernier dans la masse salariale de l’île de Ngazidja ?
J’ai entendu dire cela. Mais c’est une plaisanterie de mauvais goût qui n’a aucun fondement. Si cela avait été la raison de ce courroux contre le pouvoir de l’île, on louerait la rigueur gestionnaire du pouvoir de l’Union. Mais, soyons francs ! Je sais que ce serait trop demander que d’exiger la vérité sur quel pouvoir dépense plus en matière salariale ? Qu’en est-il de la masse salariale de la Présidence de l’Union qui a connu une augmentation exorbitante, en peu de temps, presque du simple au double ? Pourquoi ne pas publier les chiffres ? Pourquoi ne pas dire que le pouvoir de l’île de Ndzuwani a recruté 500 personnes en un an et qu’il s’enorgueillit d’ailleurs et que sur les dépassements que l’on évoque, il en est responsable. Pourquoi ces questions ne sont pas débattues en commun, mais l’on cherche toujours à taper sur Ngazidja ? Pourquoi toujours Ngazidja ? Arrêtons enfin cette obsession ! La vérité est que ce dépassement n’est pas de mon fait même si je m’en réjouis. Il s’agit de l’application d’un décret du Président Sambi qui a revalorisé les salaires des secteurs de la Santé et de l’Education.
Mais, examinons les chiffres ensemble. Ces données sont fournies par le CREF, organe du Ministère des Finances de l’Union dans lequel siègent des représentants des îles et un représentant du Fonds monétaire international. De 2008 à 2009, le budget consolidé s’élève à 15 milliards 690 millions 190. En 2009, il est de 16 milliards 378 millions. Durant cette année, l’Union a augmenté ses dépenses de 773 millions, Ndzuwani a augmenté ses dépenses de 119 millions, Mwali a augmenté ses dépenses de 77 millions, Ngazidja a diminué ses dépenses de 279 millions. Prêtons encore attention aux données suivantes : de 2007 à 2009 l’Union a augmenté sa masse salariale de 1 milliard 194 millions, Ndzuwani a augmenté sa masse salariale de 467 millions, Mwali a augmenté sa masse salariale de 133 millions, Ngazidja a diminué sa masse salariale de 467 millions. De janvier 2009 à juillet 2009, la masse salariale de Ngazidja est en baisse. Permettez que j’ajoute que ceux qui accusent n’ont pas évoqué le dépassement global, mais ont préféré pointer Ngazidja du doigt. Je vais les aider. Le dépassement global est de 200 millions. Ngazidja 5 millions, il est vrai. Mais, Ndzuwani a fait un dépassement de 115 millions et on croit utile de ne pas le dire, Mwali a fait un dépassement de 2 millions. Voilà la vérité étayée par les chiffres. Le reste est de la propagande. A chacun d’en juger !
Vous avez fermement condamné le référendum constitutionnel de mai dernier. En même temps, vous avez déclaré à Beit-Salaam être prêt à collaborer avec le Chef de l’Etat dans l’application de la nouvelle constitution. N’y a-t-il pas là une contradiction ?
Absolument pas. J’ai été contre le projet de loi référendaire parce qu’il allait entre autres réviser des matières protégées de toute révision par la constitution et parce que j’avais compris qu’il allait bloquer les institutions. J’ai dit et je répète que la loi référendaire a été imposée et non votée. Il se trouve que la Cour constitutionnelle dont on connaît mon sentiment à l’égard de ses membres, l’a validée et le Président de la République l’a promulguée. Je suis le Chef d’une institution de l’Etat et non le Chef d’un parti de l’opposition. Je dois considérer malgré moi que cette loi est devenue une loi de la République. Alors, la question est de savoir comment l’appliquer pour éviter sa nocivité. C’est pourquoi j’ai dit que j’étais prêt à collaborer avec le Chef de l’Etat pour son application. N’oubliez jamais que je suis juriste et praticien au quotidien de la constitution. Malheureusement, le Président Sambi a agi en solitaire. Il a eu une lecture dictatoriale de la loi et il a créé le désordre dans les institutions.
Aujourd’hui, dans ce bras de fer entre l’Exécutif de Ngazidja et l’Union autour du conflit de compétences, l’opinion comorienne se rappelle qu’il y a un an, au foyer des femmes de Moroni, vous avez déclaré avoir reçu de l’Union « les compétences de Ngazidja ». Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui se souviennent encore de ce discours ?
D’abord, soyons honnêtes. Il ne s’agit plus d’un conflit de compétences. Le Président Sambi s’est appuyé sur la Police et la gendarmerie pour faire un Coup d’Etat contre l’Exécutif de l’île. C’est bien autre chose parce qu’il a violé l’autonomie de l’île. Il s’est accaparé de pouvoirs constitutionnellement dévolus à l’île. Il a rompu la légalité constitutionnelle. Ensuite, soyons sincères. Ne faisons pas mentir l’histoire par commodité et convenances politiciennes. J’ai dit à l’époque, à la publication du décret du Chef de l’Etat, que les compétences de Ngazidja, dans la gestion commune des sociétés d’Etat entre l’Union et les îles, allaient être enfin respectées. Je sais que d’aucuns, lorsque mes relations avec l’Union se durcissaient, ont interprété mon propos différemment. Je me suis abondamment expliqué sur cette question. J’ai, à maintes reprises, répondu aux interrogations des uns et des autres sur ce sujet. Je sais que ceux qui sont de mauvaise foi le resteront et n’ont pas besoin de la vérité. J’ai suffisamment travaillé sur ces questions de compétences partagées. J’ai contribué de beaucoup à l’éclaircissement de nombreux domaines et apaisé de nombreux conflits que l’on doit comprendre que je ne suis pas un profane dans ces matières.
La nomination des préfets ne relève pas de votre tutelle depuis un mois. Pour justifier sa décision, l’Union soutient que les préfets sont les représentants de l’Etat dans les régions et ils ne peuvent, à ce titre, dépendre d’une entité insulaire. Que répondez-vous à cela ?
L’Union se trompe et son explication manque de poids. Cette réponse est d’une incompétence pitoyable. Vous savez, le préfet est le représentant de l’Etat dans les régions lorsqu’on est dans un Etat unitaire décentralisé comme par exemple la France. En Union des Comores, nous sommes dans un Etat fédéral. Le préfet est alors une autorité déconcentrée qui relève d’une administration autonome d’une entité fédérée, dirigée par un Exécutif élu. L’Union n’a aucune compétence dans la gestion des régions. Puis-je ajouter que la loi référendaire du 17 mai 2009 attribue « l’administration des collectivités locales » aux îles. Il s’agit bien des préfectures puisque les mairies sont gérées par des personnalités élues donc sont autonomes et ne relèvent pas directement des Exécutifs des îles.
A Mwali, vous avez déclaré que le Président Sambi viole même la nouvelle constitution adoptée en mai dernier. Pourriez-vous être explicite ?
Je persiste à dire que le Président Sambi viole la constitution et même sa loi référendaire. La loi référendaire stipule que « Chaque île établit librement sa loi statutaire », le Président Sambi impose une loi statutaire à toutes les îles par ordonnance. La loi statutaire comme la constitution de 2001 reconnaît l’autonomie aux îles, le Président Sambi annexe à l’administration de l’Union, l’administration de l’île de Ngazidja. La loi référendaire attribue « la police urbaine et rurale » à l’île, le Président Sambi fait main basse sur la police de l’île et l’oblige à la rébellion contre son autorité naturelle. Il s’autorise illégalement, sans aucun fondement constitutionnel, la transformation d’un mandat élu de Président d’île, en un mandat nommé de Gouverneur. Pure provocation ou ultime humiliation ? En tout cas, cela semble être un petit jeu amusant qui n’a pas sa place au cœur de l’Etat. J’ai évoqué déjà le cas des préfectures de régions. Je peux poursuivre les exemples qui montrent que le Président Sambi et son gouvernement appliquent une autre constitution que celle adoptée par les comoriens.
Comment expliquez-vous aujourd’hui les rapports très tendus entre vous, Mohamed Abdouloihabi, et le Chef de l’Etat dont vous étiez le Directeur de Cabinet durant plus d’un an ?
Posez-lui la question. La réponse serait peut être intéressante. Moi, j’exige le respect de la constitution et des fondements de l’Accord de Fomboni. Le relationnel n’interfère pas dans ma conception de la chose publique. Il ne s’agit pas d’avoir entre les uns et les autres des bons ou de mauvais rapports, d’être ou pas des amis quand on a à gérer l’Etat ensemble. Il faut le faire suivant les normes convenues, s’investir loyalement et totalement pour le bien de la population. Ce n’est pas parce que le Président Sambi était mon ami que je dois valider et accepter les turpitudes, les dérapages, les excès et les abus de sa gouvernance.
Certains de vos proches ont déjà rejoint le camp d’en face avec armes et bagages. Avez-vous un commentaire sur ces brusques retournements de vestes ?
Vous m’apprenez des choses. Est-ce ce qu’on dit dans le camp d’en face ou est-ce un souhait ? En tout cas, je n’en connais pas qui soient partis. J’en connais pourtant d’autres qui souffrent le martyr en prison par la volonté du pouvoir Sambi, en ce mois béni, et qui luttent avec courage, détermination et espoir pour le respect et la dignité de l’île de Ngazidja. A eux, à la police de Ngazidja restée loyale au pouvoir de l’île, aux fonctionnaires et agents des différents ministères, aux personnels des services régionaux, au personnel de la présidence et services rattachés, aux bénévoles et autres personnalités qui souffrent des privations diverses imposées par le pouvoir de l’Union et qui se sont engagés malgré tout, cœur et âme, dans ce combat légitime pour le respect de l’île et de son autonomie, je réitère mon admiration et ma confiance en la victoire, parce que le combat est juste et engage l’avenir.
Le pouvoir de l’Union a réduit à la portion congrue les prérogatives de l’Exécutif de Ngazidja. L’autonomie de l’île est aujourd’hui malmenée. Avez-vous, un instant, songé à présenter votre démission comme il se murmurait à Moroni ?
Votre constat est malheureusement la vérité. L’île de Ngazidja est piétinée par le Président Sambi et son gouvernement. Le Président Sambi et les siens utilisent et manipulent des fils de Ngazidja pour cette basse besogne. Ils montent les wangazidja, les uns contre les autres. Ils divisent la police de l’île et encouragent les rebelles soutenus par l’Union à pourchasser, harceler, arrêter et torturer les policiers restés loyaux au pouvoir de l’île. Il en est de même pour le remplacement des préfets qui peut conditionner une confrontation violente entre villages de la même région. A croire que l’on veut absolument l’affrontement dans cette île. Est-ce que j’ai songé à démissionner ? Non ! Pourquoi le ferai-je ? J’ai un mandat qui court jusqu’en 2012. Ceux qui s’affolent aujourd’hui et qui dérèglent l’ordonnancement institutionnel convenu en 2001 s’approchent du crépuscule de leur pouvoir. Ils quitteront le pouvoir qu’ils le veuillent ou non. La constitution reprendra son droit et sa marche pour être la norme suprême de l’Etat. L’étau se desserrera, l’arbitraire disparaîtra et l’on pourra continuer à servir les wangazidja et les comoriens, fidèle au mandat que nous avons reçu d’eux.
Croyez-vous à une alternance politique en 2010 ?
Elle est obligatoire pour qui aime ce pays et le vivre ensemble comorien. A elle seule, elle mérite tous les sacrifices. L’alternance au sommet de l’Etat tous les 4 ans et d’une façon tournante à travers les îles, a été une des conditions imposée par les anjouanais pour retourner vivre au sein du même Etat que les deux autres îles. Ce n’est pas un Président originaire de Ndzuwani qui va compromettre le processus. L’île de Mwali peut se sentir humiliée et insultée. Il faut tout faire pour qu’elle n’entre pas en sécession. Il faut absolument l’éviter. D’ailleurs, je ne vois pas au nom de quoi le Président Sambi souhaiterait le pire à son pays.
Comment cette union sacrée entre les Exécutifs de Mwali et de Ngazidja d’une part, et l’opposition nationale, compte-t-elle aborder les prochaines législatives ?
Dans la confiance que chaque jour qui passe nous rapproche de la sérénité et de la stabilité. Unis pour présenter une alternative crédible. Unis pour gagner parce que l’Etat a besoin d’un grand bain salvateur. Unis pour faire renaître la confiance dans le cœur de chaque comorien. Unis parce qu’une autre politique est possible et nous l’incarnons ensemble.
Publié le 16/09/2009 à 15:34 par inoussa
Le président (ou gouverneur, c'est selon) de l'île de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi nous a accordé une longue interview dont nous publierons ici, demain, de larges extraits. Il aborde, sans faux-fuyants, les sujets qui fâchent (le contrôle de la police et des préfectures par l'Union), l'emprisonnement de ses ministres (l'interview est réalisée avant leur libération), son alliance avec l'opposition nationale, les prochaines législatives,.....Rendez-vous vous sur votre blog. A demain.
Publié le 15/09/2009 à 15:47 par inoussa
Les cadres de Comores Télécom ne sont pas contents, mais vraiment pas du tout. Dans un rapport au vitriol sur la gestion de la société, ils dénoncent des « investissements hasardeux », « une gestion à vue »,….En effet, Comores Télécom fonctionne sans conseil d’administration depuis plusieurs mois ; c’est le patron des lieux qui engage les dépenses et trace, seul, les orientations stratégiques de l’entreprise. Le rapport SFI est très alarmant : si rien n’est fait pour inverser la tendance, « Comores Télécom pourrait se trouver en cessation de paiement d’ici à la fin de l’année » nous a déclaré un haut cadre de la société. Un autre cadre de la société nous a confié que Comores Télécom peine aujourd’hui à payer son personnel. Très virulent contre la gestion actuelle de la maison, un journaliste lui a demandé s’il n’avait pas peur d’être limogé de ses fonctions. « Je n’ai rien à perdre. La société va mourir bientôt. Là, elle agonise » a-t-il répondu.
Le syndicat de Comores Télécom a rencontré aussi bien le directeur de cabinet du président, le ministre des postes télécommunications que le vice-président chargé des finances. Ils ont clairement fait état de la situation actuelle de la maison. Ils demandent purement et simplement la mise en place d’une commission de redressement. Les cadres de l’entreprise s’étonnement que Comores Télécom échappe totalement au contrôle du ministère de tutelle. « Il n’y a pas de tutelle, il y a une sorte de fil rouge entre le directeur et le président, c’est tout » nous a déclaré le même cadre cité en haut.
Le principal point de litige entre les cadres de CT et le puissant patron Charikane Bouchrane concerne l’octroi d’une licence d’exploitation du mobile à la société Comoro-Gulf Holding de l’autre puissant homme d’affaires Bachar Kiwan. Il faut dire que la CGH s’est engagée à construire quatre ports sur les îles, en contrepartie de l’attribution de la licence.
« En réalité, notre licence coûte combien ? On entend parler de quatre ports mais un port n’a jamais été une unité monétaire. Et en plus, une telle transaction n’a jamais été à crédit et donc la pose de pierre n’est pas un mode de règlement » dénonce Msa Mladjao, secrétaire général du syndicat de Comores Télécoms. Et de citer l’exemple du Togo : « Au Togo, un pays similaire, le troisième opérateur au nom de Moove devrait renouveler la licence sur le mobile pour 2O milliards de francs CFA. Alors que la licence globale (fixe, mobile et Internet) octroyée à la CGH pour un duopole de cinq ans n’a pas de prix bien connu ».
MSa Mladjao est d’autant plus irrité que CGH bénéficie de meilleures conditions que Comores Télécoms. « Comment peut-on parler d’équité au moment où Comores Télécom paie 50% des frais de douanes sur toute importation alors que son concurrent ext exonéré de tout pendant cinq ans » s’interroge-t-il. Il en est de même pour l’IBD, selon Mladjao.
Les cadres de CT critiquent l’opacité qui entoure certains investissements. Le directeur de la société a décidé de changer d’équipementier au profit des Chinois pour montant estimé à 7 milliards. « Pour engager la bagatelle somme de 7 milliards, qui représente près de 30% du budget de l’Etat, le directeur n’a consulté personne. Et ce sont Chinois qui ont été les premiers à êtres étonnés de cette audace et ils s’en moquent sous cape » dit un proche du dossier.
Publié le 14/09/2009 à 08:16 par inoussa
Les corps des victimes du crash de Yemenia, conservés jusque-là dans des conteneurs frigorifiques à bord du bateau PPheonix, seront débarqués au port de Moroni ce lundi 14 septembre pour être enterrés. L'Etat a décidé d'ensevelir les corps dans un cimetière commun (non dans un charnier comme il a été rapporté jusqu'ici) pour en faire un lieu national de prières. Le prédicateur Djibril a appelé les familles des victimes à réclamer les corps de leurs proches. Il aurait été arrêté hier soir par la gendarmerie.
Publié le 14/09/2009 à 07:38 par inoussa
La certification des bulletins de note, diplômes et tout autre document scolaire doit désormais se faire au ministère de l’Education nationale, au lieu du ministère de l’Education de Ngazidja. Ainsi en ont décidé les autorités de l’Union. Une note a été, à cet effet, envoyée à tous les établissements publics et privés de l’île de Ngazidja. Cette décision a eu le don d’irriter les responsables du département de l’Education de Ngazidja qui parlent d’un « étouffement de l’île » par le pouvoir central.
Selon eux, cette mesure ne concerne que Ngazidja ; à Anjouan et Mohéli, les élèves continuent de certifier leurs documents auprès des services chargés de l’éducation locale. Ngazidja accuse l’Union de vouloir, à travers cette décision, « récupérer les 150 fc exigés à chaque document certifié ». Il est vrai qu’en cette veille de rentrée scolaire, les services de l’éducation sont submergés par les demandeurs de transferts et autres étudiants souhaitant se faire inscrire à l’université.
Quelques jours plus tôt, au cours d’une conférence de presse à Mohéli, le président Abdouloihabi a regretté le traitement impartial des autorités centrales au sujet du paiement des salaires de juillet. Selon lui, les agents de l'administration de Ngazidja n’auraient pas été payés parce que la masse salariale de Ngazidja a dépassé 5 millions de Fc. « Or, à Anjouan, cette masse salariale a dépassé plus de 100 millions » a indiqué le chef de l’exécutif de l’île.
Certaines responsables politiques ont commencé à mettre en garde le gouvernement de l’Union contre « ce deux poids, deux mesures » que l’on observe ces derniers temps ; ils craignent un certain reveil des réflexes insulaires. Il faut dire que le vendredi 1 septembre dernier, lors d’une bataille rangée entre « police nationale » (sous les ordres du ministre de l’Intérieur de l’Union) et les agents de police restés fidèles au chef de l’exécutif de Ngazidja, des citoyens ordinaires, visiblement choqués par l’attitude des Unionistes, sont intervenus pour appuyer les hommes d’Abouloihabi.
Publié le 11/09/2009 à 08:29 par inoussa
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