Publié le 04/11/2009 à 15:57 par inoussa
« Nous nous attendons à ce que les pirates arrivent d’un jour à l’autre aux Comores » a déclaré hier à la presse kenyane le chef d’état-major, le général Salimou Mohamed Amiri, qui participe à une réunion de l’Esbricom à Mombassa. En effet, devant la multiplication des actes de piraterie dans la région, il craint que les Comores ne soient dans le viseur des pirates. C’est ainsi qu’il mise beaucoup sur l’aide des pays amis pour aider notre pays à renforcer l’unité locale de garde-côtes.
A priori, la flotte comorienne, composée de petits cargos effectuant des liaisons avec Zanzibar, Dar es Salam en Tanzanie ou Madagascar, est loin de constituer une cible de choix pour les pirates qui, généralement, s'attaquent à des bateaux plus importants ou plus luxueux.
En juillet dernier, la Commission de l'Océan Indien (COI) avait organisé un séminaire sur ce thème de la piraterie à La Réunion. Le secrétaire général de l’organisation, Calixte d'Offray, avait rappelé à cette occasion que « 13 navires et 200 marins des états membres étaient aux mains de divers groupes de pirates somaliens ». Les Etats membres de la COI se sont donc proposés de transmettre au commandement de l’opération Atalante les informations collectées dans le cadre du « Plan Régional de Surveillance des Pêches dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien » mis en œuvre selon la convention-cadre de partenariat signée le 24 janvier 2007 entre la Communauté européenne et le Secrétariat général de la COI.
Depuis décembre 2008, l'opération Atalante, initiée par l'Union Européenne, réunit plusieurs bâtiments des marines européennes qui accompagnent les navires qui parcourent l'Océan Indien. Elle a déjà permis l'arrestation de plusieurs dizaines de pirates, sans toutefois parvenir à juguler le phénomène.
Publié le 17/10/2009 à 14:33 par inoussa
Pathétique ! Lors de la cérémonie de prestation de serment d’Ali Bongo, hier, à Libreville, le commentateur de la télévision nationale n’a cessé de ponctuer son reportage de tonitruants : « pathétique ! », sans que l’on sache quel sens, précisément, il donne à cet adjectif, que les détracteurs du nouveau président auraient volontiers repris à leur compte.
La veille déjà, Faustin Boukoubi, le secrétaire général du parti au pouvoir, s’évertuait à démontrer que le processus avait été en tous points transparent : « Si Ali Bongo Ondimba avait voulu faire un coup de force, dit-il, on n’aurait pas attendu quatre mois ».
Mais oui ! Dès sa prise de fonctions comme chef de l’Etat par intérim, Rose Francine Rogombé a prévenu que le Gabon n’était pas le Togo, et que son pays n’entendait pas se couvrir de la honte dont les héritiers d’Eyadéma ont couvert le leur. Et depuis, tout semble avoir été fait pour sauver les apparences.
Hélas ! Un sort malicieux semble s’être acharné sur chaque étape du processus, sinon pour le discréditer, en tout cas pour semer le trouble. Tant et si bien qu’au bout du compte, il y a peu de chance que l’opinion retienne cette présidentielle gabonaise comme un grand moment de démocratie en Afrique.
La consultation interne au parti au pouvoir, pour désigner son candidat, avait l’apparence de la démocratie. Mais avant même que le processus n’ait abouti, des candidats aussi sérieux que Casimir Oyé Mba et le Premier ministre Eyeghe Ndong avaient porté sur la place publique ce qu’ils considéraient comme une mascarade, avec cette impression persistante que le scénario était écrit.
L’Histoire dira peut-être un jour ce qu’il y a de vrai dans cette affaire de procès-verbaux massivement « métamorphosés », après avoir transité par les gouvernorats. Mais l’idée que l’on ne prenne pas le temps de comparer les procès-verbaux en question avec les originaux détenus par les candidats de l’opposition laisse perplexe.
Ali Bongo se dit désormais président de tous les Gabonais. On a attendu, en vain, qu’il développe son idée. Cela n’aurait pourtant pas été de trop, au regard de certains épisodes violents de la campagne. Il ne pourra en tout cas pas ignorer la défiance que nourrit à l’égard de sa personne, une frange non négligeable de ses concitoyens.
Quant à la rupture que l’on nous prédit avec lui, on attend de voir. Car, à l’intérieur comme à l’extérieur du Gabon, certains de ceux qui se sont ostensiblement mobilisés pour le candidat Ali Bongo n’ont pas franchement une tête à vouloir la rupture. Au contraire, on les voit saliver à l’idée que les choses vont continuer, comme avant ! La proximité avec le pouvoir, au Gabon, est d’abord et avant tout une affaire juteuse.
Pathétique !
Source: RFI
Publié le 16/10/2009 à 09:09 par inoussa
Salut cher ami Inoussa,
Je n’avais aucune intention d’ouvrir une polémique en écrivant mon article, « Les mensonges d’Al-watwan », ni de manifester une haine contre quiconque. Seulement, comme tous les journalistes d’Albalad, j’étais choqué de voir un journal de renom comme Al-watwan tomber dans le travers, et publier une information si grave sans fondement, ni preuve.
Sans aucun avis de ma direction, je me suis rendu au siège d’Al-watwan pour signaler l’erreur. Quelques heures plus tard, mon rédacteur en chef vous a appelé et écrit, espérant que le journal de l'Etat était capable de rétablir la vérité ou plutôt « notre vérité ».
Mais hélas, vous avez apparemment la conviction qu’il y a eu ponction de salaire de 25% à Albalad. Tant pis, moi qui suis concerné je peux dire que ce n’est pas vrai. Et je ne connais pas un confrère dont le salaire est baissé. Comme on l’a écrit, on nous prélève l’impôt général sur le revenu (IGR d’environ 4%), un impôt obligatoire sur le salaire net de tout employé. A Al-watwan, on paie cet impôt, j’imagine.
Au sujet de l’enquête interne pour connaître le corbeau, enfin quel corbeau, soyons modeste dans nos sources. Je n’en sais rien. Ce que je sais: Albalad, ce n’est pas le commissariat de police.
Personnellement, je suis inquiet par cet article d’Inoussa qui affirme qu’Al-watwan a recoupé l’info. Je suis désolé, ne te laisse pas manipuler. Vous pouvez me croire ou pas, à Albalad, il n’y a jamais eu ponction de salaire. Dire qu’un journaliste de chez nous regrette « de ne pas rester là où il était », je me demande qui serait-il ? Honnêtement !
Si Al-watwan n’oublierait pas mon article, je l’assume. Mais je t’assure : pas de haine viscérale contre Al-Watwan, c'est notre journal national, il nous appartient tous. Et ça serait pour quelle raison ? Et quant Al-watwan écrit que « les journalistes d’Albalad ne doivent plus se taire sous prétexte de sauver leur emploi », je ne pense pas que c’est très élégant. On n’est pas de godillots quand même.
Sur mon sort personnel, Albalad, ce n’est pas ma maison, ni celle de mes parents, je le quitterai un jour, peu importe la cause. C’est pour cela que je ne me coucherai jamais. Pour le moment, je fais mon métier, le plus honnêtement possible. C’est tout. Si un jour je devrais l’exercer ailleurs dans un autre journal ou un autre pays, je ne verrais aucun inconvénient.
En tout cas continuer à faire ce métier noble, mais toujours dans l’esprit de dire la vérité, rien que la vérité. Ce qui n’enlève en rien le pouvoir d’investigation.
A bientôt !
Ton ami, Ali Mmadi(Albalad)
Note du blog:
Comme le reste de la rédaction d’Al-watwan, je prends acte de ta réaction. Que tu assumes tes insultes contre Al-watwan, je ne t’ai pas demandé de te renier. Je suis tout de même fier d’avoir appris que des journalistes d’Albalad n’ont pas partagé ta diatribe et le font savoir.
Publié le 15/10/2009 à 14:36 par inoussa
On a eu droit, cette semaine, à une passe d’armes à fleurets mouchetés entre Al-watwan et Albalad au sujet d’une information publiée par le premier quotidien cité sur une ponction de 25% des salaires du personnel d’Albalad. La rédaction d’Al-watwan croyait bien faire en dénonçant cette mesure inique à l’heure où tous les travailleurs, de par le monde, réclament une valorisation de leurs salaires.
Un premier coup de fil tombe au siège d’Al-watwan pour démentir l’information. L’appel n’émane pas de la direction commerciale d’Albalad, mais….d’un journaliste zélé de la maison. Al-watwan prend soin de recouper l’info auprès de sa source. ‘‘ Il y a bien eu une ponction de 25% de salaires’’ confirme-t-elle.
A Albalad, la fuite de l’information a irrité la direction, qui a aussitôt réuni l’ensemble du personnel pour dénicher celui qui a bien pu informer Al-watwan. Première question : pourquoi la direction commerciale d’Albalad n’a-t-elle pas adressé un droit de réponse ou une demande de rectificatif en bonne et due forme comme elle en a le droit ? Deuxième question : Pourquoi, si l’information est fausse, la direction a-telle diligenté une enquête interne pour retrouver le ‘‘corbeau’’ ? Que dire de cette déclaration dépitée d’un journaliste du quotidien : ‘‘ si je savais, j’aurais choisi de rester là où j’étais’’. Et tant d’autres questions.
Le quotidien Al-watwan regrette que, au lieu de recevoir, en retour, la gratitude de ses confrères pour avoir pris leur défense, il fait l’objet d’une attaque en règle, qui dénote une haine viscérale contre le journal qu’autre chose. ‘‘ Les mensonges d’Al-watwan’’, cet article au vitriol et délibérément méchant d’un confrère, on s’en souviendra toujours. Jamais, dans l’histoire récente de la presse comorienne, un titre n’y est allé aussi durement dans sa haine de l’autre.
On est plutôt frappé par ce sursaut d’orgueil. En même temps, on se demande où s’était-il caché ce journaliste-là lorsque deux de ses confrères ont été limogés au pied levé, sans aucune explication ? On aurait aimé entendre sa voix pour dénoncer cette incroyable injustice. Rien. Courbettes, courbettes…Avec cette attitude de soumission, on ne rend pas service à la profession. Parce que, demain, l’Etat pourrait se servir de ce précédent dangereux pour me licencier à Al-watwan, sans aucune forme de procès. Parce que, demain, le même employeur qui s’est hier débarrassé de Ahmed Abdallah et de Nafissa Abdou comme de malpropres, pourrait mettre le grappin sur ce journaliste, notre fameux journaliste. Et, ce jour-là, on se souviendra peut-être…. d’Al-watwan. Dieu fasse que ce jour n'arrive jamais.
Publié le 14/10/2009 à 15:05 par inoussa
La bonne nouvelle vient de tomber pour les défenseurs du patrimoine culturel national. C’était le 6 octobre dernier à New York, lorsque John Jilius, le président d’honneur de World Monument Fund (le Fonds des Monuments du Monde, une organisation américaine) a annoncé devant la presse internationale que le palais d’Ujumbe (sis au centre de la Médina à Mutsamudu) est désormais inscrit dans la liste des World Watch Monuments 2010. C’est, d’après un membre du Collectif du Patrimoine des Comores (un groupe de volontaires de la diaspora comorienne au service de la valorisation des monuments comoriens), " la première fois de notre jeune histoire contemporaine qu’un monument historique de notre pays gagnait la reconnaissance du monde, en tant que composante du patrimoine culturel universel".
Ce n’est donc pas rien. L’intérêt de cela, d’après le Collectif, c’est qu’ "à l’instar des autres monuments du monde qui y sont inscrits, Ujumbe mérite l’intérêt de la communauté internationale et sa contribution pour le sauver de la disparition".
Notons que l’initiative World Monuments Watch est lancée en 1996 par le World Monument Fund, et une liste des pays sélectionnés est publiée tous les deux ans. Le but est d’attirer l'attention internationale sur le patrimoine culturel du monde entier qui est menacé par la négligence, le vandalisme, de conflit ou de catastrophe. En somme, "une certaine tradition d'identification des sites en danger, tout en englobant aussi des sites avec les enjeux incontournables et des approches progressives qui pourraient éclairer le domaine au sens large", expliquent les responsables de l’organisation dans leur site internet.
L’inscription d’Ujumbe dans cette liste est l’aboutissement d’une longue démarche entreprise par ledit Collectif, qui tient son siège à Paris, et est composé de franco-comoriens et de français. L’équipe se réjouit de son succès, mais il ne s’agit que d’"un début". En fait, un très bon début car "nous ne sommes plus voués à nous battre tout seuls dans l’ombre et dans l’isolement : le projet de la sauvegarde de l’Ujumbe est désormais disponible sur l’arène internationale et diffusé par les outils de vulgarisation de Wmf et sous la garantie et le sceau de cet organisme international attitré, conditions indispensables pour gagner la confiance de mécènes, d’Etats ou de privés. Cette inscription de l’Ujumbé sur la liste de la WMF va également contribuer à faire avancer le dossier de classement des sites des Comores au Patrimoine Mondial de l’Unesco". Et c’est surtout de cela que beaucoup d’entre nous veulent entendre parler, l’inscription au patrimoine de l’Unesco des nombreux vestiges que notre précieuse histoire a su en faire pulluler.
Il faut rappeler que ce fameux palais d’Ujumbe, la résidence du dernier sultan d’Anjouan, Abdallah, a subi un effondrement partiel l’année dernière. D’après un employé de la section anjouanaise du Centre National de Documentation et de la Recherche Scientifique, un expert de l’Unesco a pourtant été dépêché sur place par le Collectif quelques mois avant, et avait bel et bien prédit cet accident dans "au plus deux ans" si rien n’était fait. Et c’est effectivement ce qui se produisit. Depuis, pratiquement rien n’a été fait. D’après ce qu’aurait dit à cette époque-là l’archéologue de l’Unesco, la réhabilitation de ce monument vieux de plus de deux siècles (selon un notable de la Médina) serait chèrement estimée.
Sardou Moussa
Source : Al-watwan
Publié le 12/10/2009 à 16:34 par inoussa
Au moment où le « Comité Maoré » fait du lobbying auprès des autorités politiques du pays pour que la question maoraise soit inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale de l’ONU, je ressens la nécessité d’exprimer mon témoignage et mon point de vue sur cette question épineuse.
A la lecture des chroniques de « Madjuwani », des articles d’une des grandes plumes de la presse nationale, Ahmed Ali Amir et de la controverse opposant le service culturel de l’ambassade de France à Moroni à une partie des artistes et intellectuels du pays, je me dois de réagir et d’exprimer cette petite voix dissonante dans ce brouhaha médiatico – politique.
Je n’ai aucunement l’intention de donner des leçons à mes anciens compagnons de route avec lesquels nous avions mené et partagé des combats communs à Moroni et en région parisienne dans les années 80. J’admire, au contraire, leur honnêteté intellectuelle, leur combativité et leur attachement à cette noble cause : Mayotte est une île comorienne.
Immigré en France depuis 28 ans, j’ai la chance d’avoir la double nationalité, comorienne par le sang et la naissance et française pour l’avoir volontairement sollicitée et acquise .
Pour la génération de mes enfants ( mon aîné a 22 ans) qui n’a pas connu les années de lutte pour l’indépendance et l’intégrité territoriale du pays, j’ai envie d’apporter ce témoignage, dénué de tout esprit partisan ni idéologiquement marqué pour que les jeunes nés ici comprennent une chose : « le contentieux franco-comorien » sur la souveraineté nationale est une affaire juridique et constitutionnelle complexe qui mérite un règlement politique.
J’ai envie d’expliquer à ma fille que nous étions nombreux dans la seconde moitié des années 70 à militer et à nous battre pour Mayotte, la comorienne.
Au lycée Said Mohamed Cheikh comme dans les chambres des cités universitaires Jean Zay d’Antony et de Nanterre, jeunes maorais, anjouanais, mohéliens et grand comoriens, nous devisions sur le sujet et dénoncions avec force et conviction « l’occupation illégale de Mayotte par la France » et la balkanisation de l’archipel.
Cette lutte anti-coloniale et anti-impérialiste impulsée par le Molinaco et le parti socialiste des Comores (Pasoco) était menée et portée par l’ASEC et le jeune mouvement de la « culture nouvelle » Msomo wa nyuméni.
Elle a fait la gloire et la joie d’une génération de lycéens et d’étudiants, cette frange de l’élite naissante qui se voulait la plus éclairée pour conduire les masses vers la révolution nationale démocratique et populaire , « Démocrasy Mpiya » , pour les connaisseurs.
C’est l’époque où l’on entonnait les chants patriotiques de l’ASEC, l’UFAC, l’ARC, UKINTSI et beaucoup d’autres, sous la menace de l’omniprésente police fédérale d’Abdou Mdoihoma, Malidé, Gilbert et Mzé Hamadi Mtsenga, bien encadrée par les affreux de Bob Denard.
Je veux qu’elle sache qu’il y a peu dans cet archipel qu’elle admire quand elle y séjourne pendant les vacances d’été, ces chansons engagées et militantes conduisaient beaucoup de jeunes dans les geôles de l’ancien bâtiment « DARIEUX », cette prison citerne inaugurée sous le règne de « l’Etat lycéen » d’Ali Soilihi, aujourd’hui transformé en haut lieu du patrimoine culturel et de la recherche scientifique du pays. Belle revanche de l’histoire.
En dehors des foyers des jeunes, des cités U, la revendication de l’intégrité territoriale recueillait peu d’écho et d’adhésion dans la classe politique sous le règne des féodaux et de l’opposition blanche et rose incarnée par Mouzaoir et les soilihistes.
Le président Ahmed Abdallah comme les partis de l’opposition s’accommodaient fort bien de la partition du territoire que la gauche française promettait de mettre fin dans les 110 propositions du candidat Mitterrand en 1981.
Aujourd’hui, le comité maoré mobilise autant qu’il peut et exerce une forte pression politique pour que cette revendication soit portée par l’ensemble de la nation comorienne. Noble cause que celle de clamer haut et fort l’appartenance de Mayotte à l’ensemble comorien.
J’entends expliquer à ma fille que la comorianité de cette île ne souffre d’aucun doute. Mayotte, de par sa composition géographique, son histoire, sa langue, sa religion, ses us et coutumes, ressemble comme une goutte d’eau à ses voisines d’Anjouan, de Mohéli et de Ngazidja. Certes, chacune possède sa singularité mais notre patrimoine ethnique, religieux, culturel et linguistique est commun.
Je veux qu’elle sache aussi, que l’histoire est faite de moments où les hommes qui dirigent les nations se querellent, se divisent, se combattent pour leurs intérêts personnels ou de leurs groupes sociaux.
Mayotte, ma fille, n’a pas échappé à cette règle. Elle a connu un triste sort, le jour où le malgache, Andrianatsoly s’installa et décida en avril 1841 de livrer l’île au capitaine Passot qui l’acheta au prix d’une bouchée de pain.
De ce jour, débuta le processus de la colonisation de notre archipel qui connût son sacre en 1912 , date de l’annexion des protectorats d’Anjouan, de Mohéli et de la Grande Comore, après que nos sultans aient abdiqué.
Cette histoire, ma fille, tes cousines nées de l’autre côté de la rive, à Mayotte, ne la connaissent pas. Comme toi, elles apprennent dans les manuels que cette île est une partie du territoire français, fraîchement départementalisée . Elles se revendiquent plus françaises que toi qui, pourtant, es née dans le 93 ou la Sarthe.
Toi, qui connais les quatre saisons, t’émerveilles quand tu vois la Seine, la Loire, les paysages du Vexin et les campagnes de Normandie…Toi, qui au bas de l’imposante Tour construite par Gustave Eiffel, te sens fière de ce monument qui reçoit les visiteurs du monde entier, ta cousine pense que tu usurpes l’identité française. Elle ne reconnaît pas ton certificat de nationalité et veux que tu sois et restes comorienne. Autrement dit, plus française qu’elle, tu meurs.
Surprenant, me dis tu . Mais est ce de leur faute ? Non, ma fille, les adultes sont passés par là et la politique s’y est mêlée d’un côté comme de l’autre.
De Mayotte à la Grande Comore où reposent tes ancêtres, les hommes publiques qui régentent les affaires du pays s’écharpent dans des batailles politiques et juridiques interminables et oublient l’essentiel : le fondement de notre patrimoine commun.
A mes amis des Comores , où que vous vous trouvez, ce témoignage que je livre à ma fille , est aussi un message qui vous est adressé.
Souvenons-nous de ces deux évènements politiques majeurs qui m’avaient réjoui il y a quelques années mais que nos mémoires ont occultés. L’élection de Said Omar Oili ( CHIBA) à l’exécutif départemental de la collectivité de Mayotte et celle de Soudjayi HAMADI à la présidence de l’assemblée de l’île de Ngazidja.
Ces deux personnalités politiques que j’ai connues et côtoyées pendant quatre ans dans les dortoirs du lycée SMC étaient des camarades de classe . Nous avons préparé ensemble le brevet, le bac et l’avons réussi brillamment en 1979.
Nous avions les mêmes rêves. On a dansé le Shigoma ensemble, joué au foot et nous nous restaurions à la même table au « Réfé ». On croyait tous en la revendication de l’intégrité territoriale des Comores et le Festival des jeunes des îles Comores, organisé en 1979 dans l’enceinte du lycée en témoignait.
Presque quinquagénaires, nous avons tous oublié ce qui nous unissait hier, ce qui nous faisait danser et chanter. Nous ne voulons aucunement nous reparler pour éviter de revisiter cette partie de notre histoire commune qui fâche.
A ces deux là, mais à travers eux notre génération, éparpillée dans les quatre coins de l’archipel et dans la diaspora, je les exhorte à oublier un instant les querelles politiques et à se retrouver pour se parler, à privilégier ce qui les unit et bannir les discours de la haine de l’autre, de la méfiance, du mépris et de l’arrogance.
A mes amis de Moroni, je leur dis que le discours anti-français, le mélange des genres et les amalgames historiques et politiques ne favorisent pas les conditions d’une réelle volonté de réconciliation et d’unification.
Le comorien que je suis et fier de l’être, est aussi un citoyen français, parent d’enfants français, fiers aussi de cette bi-nationalité. Je reconnais sans ambages l’appartenance de l’île de Mayotte à l’ensemble comorien. Mais je trouve injustes, peu crédibles et inefficaces pour ne pas dire dangereux les discours haineux qui frisent parfois la xénophobie qui prospèrent dans certains milieux éclairés. Ils nuisent à la noble cause que l’on défend tous et ne favorisent pas la réconciliation nationale, certes lointaine mais inéluctable .
Aux anciens camarades de dortoirs et de classe, aujourd’hui à Mayotte, je leur demande de cesser de travestir l’histoire, de la nier et d’admettre que des deux côtés de la rive, nous avons un passé commun malgré les chemins différents que nous avions empruntés.
Les violences verbales, les humiliations et les vexations qu’ils font subir à leurs « frères de sang » au nom de leur citoyenneté française n’honore pas la République et les valeurs auxquelles j’y crois aussi profondément.
Ne vous laissez pas enfermer dans cette logique « de la peur et de l’invasion » répandue hélas par la classe politique française.
Etre français ne signifie aucunement renoncer à son identité . Se reconnaître comorien, c’est d’abord et avant tout, accepter d’appartenir à cet espace géographique, forgé dans le temps par l’histoire, la culture, la religion, la langue et les us communs. La citoyenneté comorienne est tout autre chose. Mais c’est un débat d’une autre nature.
Aux outrances politiques et idéologiques prônées par les uns et les autres, il y a de la place pour celles et ceux qui à Dzaoudzi, Moroni et Paris veulent bien engager le dialogue, privilégier les échanges et renouer l’amitié .
C’est la première tentative de réponse que je puisse apporter modestement aux multiples questions que me pose ma fille. Mais j’attends que ces « tontons » de Mayotte et des autres îles veulent bien lui apporter d’autres. Elles seront les bienvenues.
Bakari MOHAMED
Publié le 11/10/2009 à 17:10 par inoussa
Depuis le 12 août, le blog comores4.skyrok.com a baissé le rideau. Ses milliers de fidèles visiteurs sont devenus orphelins de cet espace d’information et d’expression qui a tant participé au débat sur les institutions comoriennes. J’ose espérer que cette interruption n’est que temporaire et que mon ami Samir va bientôt se remettre au travail. Parce que je tiens un blog, je sais combien le travail est harassant, ingrat aussi.
Dans un pays où la rumeur est un sport national, il est difficile de faire la part des choses et d’informer de façon objective sans être taxé de rouler pour tel camp. On est tous devenus des Bushistes : soit on est pour, soit on est contre le régime en place. Le blog comores4 en sait quelque chose puisqu’il a été, un moment, accusé de jouer le jeu du pouvoir. La plupart des internautes comoriens appréhendent l’actualité nationale à travers le prisme de la politique. « M. Inoussa, êtes-vous pour ou contre le pouvoir ? ». Cette question, combien de fois on me l’a posée dans la rue. Comme si un journaliste est tenu de choisir un camp. Ma réponse est simple : « je ne suis qu’un simple journaliste qui cherche à faire son travail du mieux que je peux ». Mes opinions politiques n’intéressent personne.
S’il m’arrive de livrer ici quelques analyses de la situation politique aux Comores, c’est juste pour permettre aux uns et aux autres d’avoir une grille de lecture plus ou moins nuancée sur les événements. Alors, cessons cette bien mauvaise manie de trouver une coloration politique à nos blogs et autres espaces d’information qui ne cherchent qu’une chose : informer.
Publié le 08/10/2009 à 16:59 par inoussa
Identification et caractérisation des ressources minérales
- Olivine des sables
- Dépôts de pouzzolanes
- Gisement latéritique de bauxites
- Gisement latéritique de terre rouge
- Les minéraux lourds
Justification d’exploitation économique
-
Olivine des sables
o Utilisation
o Capacité de production
o Indices économiques
- Dépôts de pouzzolanes
o Utilisation
o Capacité de production
o Indices économiques
- Gisement latéritique de bauxites
o Utilisation
o Capacité de production
o Indices économiques
- Gisement latéritique de terre rouge
o Utilisation
o Capacité de production
o Indices économiques
A.Identification et caractérisation des ressources minérales
1.Olivine des sables
Le seul gisement présentant des avantages économiques est situé dans l'île de la Grande-Comores. Ce gisement est situé dans la partie orientale de l'île, à environ un kilomètre du village de Pidjani. Ce dépôt fait partie d'une unité alluviale qui est une suite de morceaux de larges pièces de conglomérat contenues dans des fins grains de sable. Les prélèvements ont montré que dans certains endroits, dans cette séquence la teneur en olivine est d'environ 10% et peut atteindre jusqu'à 40%, voire 50%. Physiquement, ces grains d'olivine sont de forme semi angulaire à rond, et leur taille varie de un à quelques millimètres. Plus de 90% de ces grains sont de cette taille. En général, la plupart de l'olivine de ce gisement est de type forstérite.
2.Dépôts de pouzzolanes
Pour la Grande comore
Zone I (Itsoundzu ): Dans ce domaine, un dépôt de pouzzolane est réparti sur au moins 50 mètres de diamètre et 20 mètres de hauteur. En ce qui concerne l'aspect physique de ce dépôt, il se présente sous forme de grains complètement libres avec le moins de sol fin possible (minéraux argileux).
Zone II (Chezani ): Dans ce domaine, d'épaisses couches de pouzzolane reparties sur plus de 300 mètres sont observés, qui se répandent dans une zone à 200 mètres de diamètre.
Zone III (Ossoudjou): Un échantillon a été prélevé de cette zone pour déterminer le pourcentage d'éléments et aussi pour tester les ciments et les résultats probants.
Zone I (Sangani ): L'extension de cette Superficie est supérieure à 100 mètres et son épaisseur atteint jusqu'à 10 mètres.
Zone II (Mtango ): Dans ce domaine la pouzzolane est répartie autour de 400 mètres avec une épaisseur de 50 mètres.
3. Gisement latéritique de bauxites
Les domaines les plus prometteurs ont été étudiés et dans l'île d'Anjouan un important gisement latéritique de bauxite a été trouvé. Géographiquement, ce domaine est situé à 300 mètres à l'est du village de ONGONI. Basé sur des enquêtes de terrain menées dans ce domaine, la surface de ce gisement s'étend sur au moins 300 mètres dans des directions différentes et sa hauteur atteint jusqu'à 50 mètres.
4. Gisements latéritiques de Terre Rouge
Basé sur des études d'exploration, les sols rouges sont perçus sous la forme de lamelles et / ou petites et grands lentilles dans les différentes régions des trois îles. L'extension de cette unité est très importante dans l'île d'Anjouan (au nord-est de HAJOHO). Compte tenu de la zone d'extension du gisement et la valeur moindre du poids spécifique du sol de latérite rouge (2,5 g/cm3), le tonnage de ce gisement est estimé à environ 1 million de tonnes. En comparant ce dépôt à d'autres gisements du monde (avec la teneur de 30-35% d'oxyde de fer), ce dépôt avec sa teneur de 32% d'oxyde de fer est prometteur pour des études d'exploration supplémentaires et détaillées.
5. Les métaux lourds
La présence de minerai précieux (Spinelle et Corindon) est devenue certaine à Anjouan, à la Grande Comore mais surtout à Mohéli. Dans cette île, les particules de corindon sont beaucoup plus répandues et ont été repérées dans 11 endroits différents.
B. Plan de Justification Economico-Technique
1- Le plan pour la production de l'olivine.
Domaine d’utilisation du produit
- Matériaux Réfractaires de hauts fourneaux
- Fonderie de sable
- Réfractaire
- Bloc de stockage de chaleur
- Substances abrasives
- Autres applications
Les prix mondiaux de l'olivine varient selon les différentes applications:
- Travaux de Fonderie: 60-110 $ / t (en vrac), 77-125 $ / t (sacs)
- Agrégats: 50-78 $ / t (en vrac)
- Agrégats réfractaires: 72-80 $ / t (sacs)
- Fonderie et sable de dynamitage: 78-84 $ / t (sacs)
- Sable de répartiteur: 100-110 $ / t (sacs)
La capacité de production de l’olivine
Etant donné les réserves minérales minimales actuelles et le montant maximal de la production mondiale (entre 20 et 3500 mille tonnes), il est suggéré que le dispositif soit conçu pour fonctionner avec une capacité de 250 mille tonnes par an (830 tonnes par jour, 300 jours de travail chaque année). Compte tenu de la teneur moyenne d'au moins 25 pour cent d'olivine, sa production annuelle sera d'environ 62 mille tonnes par an, et dans le cas où le produit met pied dans le marché mondial, la capacité de production pourrait augmenter jusqu'à à 500 mille tonnes de matériaux brut par an.
Indices économiques
- Le montant du capital fixe est d'environ 5.5 millions de dollars
- Des études d'exploration supplémentaire; 0.25 millions de dollars
- Le montant du capital en circulation d'environ 0,3 millions de dollars
- Coûts de production d'environ 1.7 millions de dollars
- Le prix de vente par tonne, en moyenne de 60 dollars (pour couvrir les risques du projet, le prix a été fixé à 40 dollars, moins que le prix mondial).
- Ventes annuelles d'environ 3.72 millions de dollars
- Le bénéfice brut d'environ 2 millions de dollars
- Retour sur investissement (ROI) Le taux est d'environ 32 pour cent
- Période du retour du Capital vers 37 mois
2- Production des terres rouges latéritiques
Domaine d’utilisation du produit
- Les revêtements de couverture et les bandes magnétiques ...
- Les matériaux de construction comme le ciment, mortier, béton et ainsi de suite ...
- Pigments:
• Industrie céramique
• Industrie du verre
• Les bandes magnétiques
• Papiers Industriels
• produits cosmétiques
La capacité de production
La meilleure réserve de sol rouge se trouve dans l'île d'Anjouan, dont les réserves sont estimées à environ 1 million de tonnes. Sur cette base, le montant de la production annuelle est estimé à environ 4000 tonnes de sols traités avec un teneur supérieur à 75%. Et compte tenu de la teneur moyenne de ce dépôt de 32%, le taux annuel d'exploitation est d’environ 15000 tonnes de matière brute.
Considérations techniques
Comme cela a été mentionné dans les parties précédentes, les sols rouges et jaunes (pigments minéraux) ont des applications multiples, et dans chaque application, les caractéristiques physiques et chimiques du produit sont différentes. Par conséquent, la production d'un produit avec certaines caractéristiques, n'est possible que par certains processus particuliers qui doivent être appliquées sur les matières premières.
3- plan de production de la pouzzolane
Les applications du produit
- Construction
- Polissage
- Agriculture
- D'autres applications de ces substances, on peut citer la production de dentifrice, les différents produits de nettoyage, additifs pour peinture à l'huile, le polissage des substances, cirage, plastique, résine synthétique, les couvertures souples, filtres à eau, des allumettes, des électrodes de soudage, les transmetteurs chimiques, les routes pour renforcer le sol, les abrasifs dans les savons et autres produits nettoyants, pour les toits en pente et les planchers du bâtiment (particules inférieures à 40 millimètres)
Capacité de production
Considérant la nature volcanique des Comores et l'extension extrême de cette matière minérale, on peut certainement dire que ces réserves sont infinies. Production et transformation de cette matière peut être considérée comme l'une des priorités dans les investissements de ce pays. Selon ce qui a été décrit jusqu'à présent, la capacité de ce plan est considérée comme étant d'environ 100 mille tonnes par an.
Indices économiques
- Le montant du capital fixe d'environ 8 millions de dollars
- Des études d'exploration supplémentaire; 0,25 millions de dollars
- Le montant du capital en circulation d'environ 0,2 millions de dollars
- Coûts de production d'environ 2 millions de dollars
- Les prix de vente par tonne, moyennement de 60 dollars (pour couvrir le risque du projet, ce prix a été revu à 30 dollars, moins que les prix mondiaux)
- Ventes annuelles d'environ 6 millions de dollars
- Le bénéfice brut d'environ 4 millions de dollars
- Retour sur investissement (ROI) Taux d'environ 46 pour cent
- Période du retour du Capital environ 25 mois
4- Plan de la production provenant des gisements latéritiques de bauxites de ONGONI
Les applications du produit:
- Industrie du Ciment
- Métallurgie
- Industries chimiques
- Acier Industriel
- Réfractaires
- Abrasifs
- Construction de routes
- Soudage
- La production pétrolière
Les prix mondiaux
Selon des études réalisées dans le commerce mondial, le prix de chaque tonne de bauxite varie en fonction de la taille des grains, la teneur en alumine, et le volume, la quantité et le type d'impuretés. Néanmoins, le prix mondial moyen par tonne est de 27 dollars.
Capacité de production
En ce qui concerne les gisements probables de la bauxite latéritique dans l'île d'Anjouan (chapitre trois, qui fait partie de 3-3-1), qui est estimée à environ 11 millions de tonnes, la stratégie la plus appropriée au développement économique et politique de développement peut être fondé sur ces réserves comme avantage relatif et point principal. En plus de l'institutionnalisation de l'exploitation minière et de l'emploi, cette politique peut aider au développement des exportations nationales envisagent points positifs et d'avantages. À cette fin et dans la première étape, il semble que les objectifs de la branche minière d'atteindre les plans de production de 500 mille tonnes de bauxite, et aussi d'intensifier le pied dans le marché mondial sont raisonnables.
Indice économique
- - Le montant de fixe à environ 15 millions de dollars
- Des études d'exploration supplémentaire; 0,25 millions de dollars
- Le montant du capital en circulation d'environ 1 million de dollars
- Coûts de production d'environ 4,2 millions de dollars
- Ventes de prix pour la tonne, moyennement 20 dollars (pour couvrir les risques existants, le prix est offert 7 dollars de moins que le prix mondial)
- Unité de capacité de production d'environ 500 mille tonnes par an
- Montant des ventes annuelles d'environ 10 millions de dollars
- Le bénéfice brut d'environ 5,8 millions de dollars
- Retour sur investissement (ROI) Taux d'environ 37 pour cent
- Période de retour de capital environ 33 mois
Publié le 07/10/2009 à 17:14 par inoussa
Mohamed Ali Said vient de céder aux sirènes de Beit-salam. Ce qui n’était jusqu’ici qu’une rumeur a été confirmé hier par le premier concerné. Il a décidé de fausser compagnie à Mohamed Abdouloihabi, chef de l’exécutif de Ngazidja, pour rejoindre, avec armes et bagages, le camp d’en face. Celui qui était prêt de remettre en jeu son mandat en 2010 pour permettre à la tournante de tourner, s’est finalement rétracté : il veut aller jusqu’au bout de son mandat. Comprenez : il ne s’opposera pas à une prolongation du mandat de Sambi, pour vu qu’il soit toujours là, à Bonovo.
Il convient de revenir sur deux des principales raisons invoquées par Mohamed Ali Said. D’une part, l’argument financier. Soumis à la disette par un pouvoir de l’Union prêt à le faire plier, le commerçant de Nioumachoua a fini par céder. Le procédé tient du machiavélisme. La rétention des salaires des fonctionnaires de l’île comme mode de chantage est une méthode grotesque. Comment peut-on prendre en otage des centaines de fonctionnaires, en cette période de crise financière, les priver de la possibilité de nourrir leurs familles et de s’acquitter de leurs devoirs primaires, parce que, tout simplement, l’on cherche à acculer un pouvoir ‘‘intraitable’’. Voilà que l’argent public, c’est-à-dire nos impôts, sont détournés de leurs objectifs initiaux et sont devenus un moyen de pression politique. Si l’on ne sait pas encore les termes exacts du deal entre l’Union et l’exécutif de Mohéli, l’on sait, par contre, que l’accord a été obtenu contre espèces sonnantes et trébuchantes (Ali Said s’est plaint, ces derniers semaines, d’avoir été soumis à un régime parcimonieux).
Deuxième raison invoquée par le locataire de Bonovo : l’attitude de la communauté internationale, qui aurait déjà choisi con camp, celui de Sambi. Il est vrai qu’on est en droit de se poser une série de questions sur la position de cette communauté. Alors qu’en Guinée, elle s’élève contre l’éventualité d’une candidature de Dadis Camara à la présidentielle, elle reste de marbre devant la volonté à peine voilée du chef de l’Etat comorien de jouer les prolongations. Ni le caractère ubuesque du référendum constitutionnel de mai dernier, ni l’immixtion inacceptable du pouvoir dans les décisions de la cour constitutionnelle (on se souvient de la révocation de Mouzaoir Abdallah), ni les violations flagrantes et répétées de l’autonomie des îles n’ont eu le don de heurter cette communauté internationale, devenue aujourd’hui un appendice du pouvoir. Il est vrai que si l’opposition comorienne compte sur cette communauté-là pour contraindre le président Sambi à respecter scrupuleusement son mandat de quatre ans, elle se trompe très lourdement.
L’autre actualité à Moroni, c’est le forum national sur l’emploi. Plus d’une quarantaine d’agents de recrutements sont arrivés à Moroni à la recherche de femmes de ménage, parce que, disent-ils, dans les pays arabes, les familles travaillent dur et n’ont pas le temps de s’occuper de leurs rejetons. Voilà résumé l’objectif du forum, sans aucune exagération. D’ailleurs, les délégués de ces sociétés du Golf n’en font pas mystère. On a beau distribuer des formulaires de demande d’emploi qui proposent une foultitude d’opportunités d’emplois dans plusieurs secteurs d’activité, le but de l’opération est de recruter esclaves modernes pour, pire encore, 150 euros, soit 75.000 Fc de salaires. Mais, l’on se demande, vu l’affluence record enregistrée par ce forum et les bousculades dans le hall du Palais du peuple, comment notre mémoire collective pouvait être si courte. Il y a quelques années de cela, des Comoriens auxquels on a fait miroiter des possibilités d’embauche dans les pays arabes, nous sont revenus avec des témoignages poignants et bouleversants.
Enfin, la polémique de la semaine. Elle tient d’une phrase, celle prétendument prononcée par le vice-président Idi Nadhoim qui aurait dit que le régime allait se maintenir au pouvoir jusqu’en 2013. Une déclaration qui a suscité un tollé, comme on pouvait s’y attendre, chez l’opposition nationale, qui attend son tour « pour plonger dans le bol de miel » comme ont dit en comorien. Et tant pis pour les citoyens. Mais, revenus sur cette phrase. Selon plusieurs sources, le vice-président a opposé un démenti à cette information et aurait défié quiconque de lui apporter la moindre preuve d’une telle déclaration. Pour ma part, je m’incline à penser que le président Sambi n’entend pas jouer les prolongations. Comment un chef d’Etat qui, pour toute une année, n’a payé, en tout et pour tout, que trois mois de salaires, pourrait-il avoir le courage de continuer ? Comment un président qui a passé par pertes et profits ses promesses électorales (logements décents, justice impartiale,…) pourrait-il avoir le culot de promettre encore ? Non, je n’y crois pas.
Publié le 30/09/2009 à 10:34 par inoussa
« Notre capacité de production a été multiplié par quatre en six mois », se flatte Alphonse Henri Mlanao, le directeur général de la Mamwe. « D’une capacité de 3 Mw au début notre production a subitement chuté à 2Mw après un mois. Alors que déjà avec ces 3 Mw on avait des problèmes d’alimentation ne serait-ce qu’à la ville de Moroni. C’est ainsi que nous avons décidé de rehausser notre niveau de production pour répondre à la demande de notre clientèle. Notre capacité actuelle est de 13Mw », a détaillé celui qui est à la tête de cette société d’Etat depuis six mois.
Pour arriver à ce niveau de production la société a dû batailler ferme. La première démarche consistait à réviser la centrale de Voidjou, une opération qui a obtenu le soutien du gouvernement qui a déboursé 200 millions Fc (400.000 €). Parallèlement, les autorités comoriennes ont entamé des négociations pour l’acquisition d’une nouvelle centrale. Ces tractations ont permis l’arrivée d’une nouvelle centrale électrique de 6 Mw à travers un contrat de location-vente passé avec Semlex, une société belge, qui a acquis ces groupes électrogènes auprès de la société Henri Fraise & Fils de Mayotte.
D’ici le mois de décembre la société devrait obtenir un don de nouveaux groupes électrogènes d’une capacité de 6 Mw en Grande-Comore, 3 Mw à Anjouan et 1,5 Mw à Mohéli. La demande journalière en électricité de l’île de Ngazidja est de 9,5 Mw durant les heures de pointe.
Alors que la production d’électricité tend à se stabiliser, le directeur général de la Mamwe promet de se concentrer sur la distribution de l’eau. A en croire Alphonse Henri Mlanao, ce deuxième secteur d’activité de la société a aussi enregistré des améliorations depuis ces six derniers mois. La société aurait procédé à l’installation de nouvelles pompes.
Alors qu’il y a quelques mois, le gouvernement a reçu une aide de tuyauterie de la part de la Chine, ce matériel n’est toujours pas utilisé. « Nous attendons l’arrivée des matériaux de complément pour nous attaquer au problème de l’eau », a indiqué le directeur de la Mamwe. « Le problème crucial reste le stockage », a-t-il précisé, ajoutant qu'«à cause de fuites, la quantité d’eau pompée à la station de Vouvouni n’arrive pas entièrement au château d’eau ». Le directeur général de la Mamwe a soutenu que vers la fin de l’année prochaine, la Mamwe compt
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